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Prohibition : tout interdit sauf les profits

Publie le jeudi 27 avril 2006 par Open-Publishing
1 commentaire

[Prohibition : tout interdit sauf les profits]

Il y a des sujets qui provoquent des débats passionnés, qui exacerbent l’opposition gauche-droite.
Le nucléaire, le chomage, l’immigration provoquent des réactions tranchées.

Mais d’autres sujets impliquent un consensus total.
Quand Chirac dit qu’il va faire en sorte de lutter contre les addictions, qui est contre ?

En parlant d’addiction, on peut prendre le cas de l’alcool.

C’est un sujet intéressant, car il n’y a pas d’autres exemples de substances considérées scientifiquement comme hautement dangereuse, qui ne soient si peu soumises à une législation stricte.

Le cas du tabac est quasiment réglé.
Même si c’est gelé provisoirement, peu de doute sur le fait qu’à terme, allumer un clope dans un bar sera aussi grave que de dégainer une arme dans une agence bancaire. c’est une question de temps.

Pour la picole, il y a une différence nette, et cela mérite qu’on s’interroge.

Par exemple, le lobby viticole est très faiblement critiqué en france.

Déjà, contrairement à toute autre substance jugée illicite (tabac, cannabis, cocaine, amphés, etc.), la production de boissons alcoolisées est encore une économie locale, considérée comme traditionnelle, même si elle est désormais soumise à des règlements drastiques.

Bien sûr, cela concerne de nombreuses familles riches d’exploitants, influants localement, et aussi une source non négligeable de profit pour l’état en ce qui concerne les taxes prélevées sur chaque bouteilles.

Et bien sûr aussi, les syndicats de producteurs constituent un réservoir - sans jeu de mot - important en matière électoral, traditionnellement plutôt à droite.

Mais au dela, il faut bien voir que si consommation excessive - provoquant des dégats sociaux - et production ne sont pas liées, ou plus exactement plus liées directement, il necessaire de prendre en considération le fait que dès qu’un secteur est économiquement indispensable, le cynisme l’emporte toujours sur la morale.

Par exemple, dans le Gard (30) , des subventions sont actuellement fournies aux agriculteurs pour ARRACHER des cépages considérés comme sans intérêt (Grenache), pour être remplacés par des cépages plus nobles et par conséquent permettant de plus forts profits.

Bref, sauf votre respect, Chirac, et l’Europe, ils financent la picole rentable.

Mauvais genre.

Ils vont ensuite critiquer un brave étudiant qui cultive innocemment des plantes vertes sur son balcon...

L’Europe, pourtant si honnis par la FNSEA, permet ainsi de financer une production de vin "bourgeois", plus cher, moins accessible, plus adapté au marché mondial.

J’ai vu - de mes yeux vu - des paysans équipés de sortes de bulldozers arrachants des plants de vignes .
On finance la destruction de vignes productive, et cela au nom de la loi du marché, pour du vin "Chic" exportable.

Cela n’a rien donc à voir avec une politique générale contre l’addiction aux substances illicites.
Simplement, certains secteurs sont financés, d’autres non, indépendemment des dégats réels occasionnés par une absorption trop massive de telle ou telle substance.

Le monopole imposé pour la distribution et la production de l’alcool n’a jamais permis de juguler sa consommation.
Au contraire, on peut constater qu’en france, les monopoles sur la distribution du tabac et d’alcool font de notre pays l’un des principaux consommateur et producteur de ces produits.

Ce n’est pas abusif d’affirmer qu’en terme de tabac et d’alcool, l’état se comporte comme un dealer.
Il fournit, maitrise la distribution, contrôle les prix.
Et en plus il fait la morale aux junkies.

Mais dans le même temps, les députés qui nous demandent de ne plus cloper, plus picoler, seraient un peu dépourvus si le volume des taxes prélevées sur les cigarettes et les bouteilles venaient à manquer.

Quand vous verrez - sous peu - les campagnes de pub contre les abus divers, pensez immédiatement à l’abus permanent de l’état concernant sa manie d’exploiter notre soif de plaisir tout en la réprimant en même temps.

Bon allez Ciao, une bière, une clope et au lit.

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Messages

  • Bon allez Ciao, une bière, une clope et au lit

    Eh, oh, JYD tu oublies la plante verte et surtout les deux petites heures de télé licites qui mangent autant le cerveau que les autres substances illicites.

    Mais c’est vrai que la télé est une drogue douce et cela ne fait pas de mal...paraît-il !

    Crois-tu que jacquo va faire quelque chose pour la rendre moins dépendante ? Ah pardon le CSA veille.

    Esteban