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Prolongation de l’état d’urgence, interdictions de manifester, arrestations : Non à l’État policier, résistons !
par Coordination des Groupes Anarchistes
Publie le vendredi 27 mai 2016 par Coordination des Groupes Anarchistes - Open-Publishing2 commentaires
La Coordination des Groupes Anarchistes dénonce la prolongation de l’état d’urgence jusqu’au 26 juillet prochain. Malgré quelques allègements (les perquisitions administratives passent sous le contrôle d’un juge), l’état d’urgence reste un dispositif hautement liberticide.
Il vient de donner le cadre légal à l’interdiction de manifester à 53 personnes engagées contre la loi Travail sur les villes de Paris, Nantes et Rennes. Alors qu’elles n’avaient pas subi d’arrestations et n’étaient pas poursuivies par la justice, ces personnes se sont retrouvées interdites de manif sur le simple soupçon d’avoir des comportements violents en manifestation. On bascule dans une justice qui sanctionne de supposées intentions : ces pratiques sont celles des régimes les plus autoritaires. Cela confirme ce que nous avions déjà exprimé sur le sujet : avant d’être un dispositif censé protéger la population d’une menace terroriste, l’état d’urgence est avant tout une aubaine pour le gouvernement pour renforcer sa politique anti-sociale et sécuritaire. Il monte ainsi d’un cran la répression déjà considérable contre ceux et celles qui luttent contre la loi travail et son monde. Ainsi, même si la justice administrative avait finalement suspendu mardi neuf arrêtés sur dix émis par le préfet de police de Paris, ce dernier en a prononcé 19 autres dès le lendemain.
Nous témoignons notre solidarité envers l’ensemble des personnes victimes de ces interdictions de manifester et exigeons leur levée immédiate et celle de l’état d’urgence. Nous soutenons également tou-te-s les interpellé-e-s et victimes de la répression du mouvement social.
Nous appelons les structures du mouvement social à se positionner sans ambiguïté contre ces interdictions qui frappent des personnes désignées par le gouvernement comme « radicales », ainsi que contre toutes les arrestations et poursuites judiciaires. Ne nous laissons pas piéger par le jeu du pouvoir qui cherche à diviser le mouvement entre bon-ne-s et mauvais-e-s manifestant-e-s. Il n’y a que deux camps, celui de l’État et du patronat et le nôtre, celui de celles et ceux qui résistent contre la régression sociale. Car ne nous y trompons pas : hier, l’État s’ est servi des mêmes procédés pour museler la contestation contre la farce de la COP 21 et diverses manifestations notamment en soutien aux migrant-e-s. C’est parce que les réactions ont été unanimes qu’il a reculé un temps sur ces pratiques. Si nous restons silencieu(x)-ses, il emploiera ces mêmes procédés d’abord contre tout ce qui sort de la contestation autorisée, tels que les actions de blocages économiques, les piquets de grève, les occupations, puis contre toutes les personnes les plus engagé-e-s dans le mouvement et enfin potentiellement contre tout le monde !
Ce prolongement de l’état d’urgence, conjugué à l’adoption de la loi Urvoas qui introduit dans le droit ordinaire de nombreuses mesures d’exception contenues dans l’état d’urgence, nous fait basculer de plus en plus franchement dans un État policier.
Résistons à ces dispositifs et mesures liberticides et redoublons d’énergie pour amplifier la contestation sociale contre la loi Travail et son monde.
Le 22 mai 2016,
les Relations Extérieures de la CGA
Messages
1. Prolongation de l’état d’urgence, interdictions de manifester, arrestations : Non à l’État policier, résistons !, 27 mai 2016, 11:53
La manifestation d’hier jeudi 26 Mai 2016, à Paris a vu de nombreuses actions des forces de l’ordre particulièrement dangereuses : La manif sauvage qui démarre dans une rue à gauche un peu avant la Place de la nation ; Quasiment tous les manifestants de la tête de la manif entrent dans la rue dans une ambiance joyeuse, les premiers au bout de la rue sont accueillis par des gaz lacrymogènes, puis les manifestants sont enfermés par au moins 200 robots-cops à l’arrière ; ce sont donc 3000 personnes qui se retrouvent enfermées dans un petit espace de 300 mètres maximum avec la pression policière à chaque bout et les gaz qui tombent avec les plus grands risques d’accidents dans cette foule compressée. Un peu plus tard des jeunes manifestants tentent de démanteler une palissade métallique de chantier ; après seulement quelques minutes une explosion très violente retentit ; c’est au moins une grenade lacrymogène qui a été tirée " à l’aveugle "de l’intérieur du chantier par les policiers directement dans la palissade métallique, à distance très proche de la palissade compte tenu du bruit et du choc violent du projectile, avec plusieurs centaines de manifestants massés juste derrière cette palissade ; des éclats volent un peu partout au milieu des manifestants, éclats de projectiles et éclats du chantier mélangés et les gaz lacrymogènes s’échappent de dessous la palissade vers la rue. Plus tard en arrivant Place de la Nation ( lieu d’arrivée de la manifestation ) les touts premiers manifestants auront la surprise de trouver une sorte de haie faite par les forces de l’ordre , leurs camions et même un énorme grillage métallique qui restreint l’arrivée des manifestants à quelques mètres, donnant l’impression que la manifestation n’est pas la bienvenue sur la Place ; les combats commenceront aussitôt et les manifestants feront tout pour ne pas céder cette Place qui leur était réservée et qui leur a été confisquée mais en vain. Ces manoeuvres des forces de l’ordre ont fait courir d’énormes risques au manifestants : une foule de 3000 personnes compressées dans un petit espace entre des rangées de robot-cops qui gazent avec tout les risques d’accidents ; une foule de manifestants visée " à l’aveugle" à travers une palissade avec projections d’éclats ; et arrivée de manif confisquée au manifestants et provocants des bagarres immédiates dans un espace réduit bondé de monde. Les manifestants ont montré sans cesse leur courage et leur détermination, détruisant au passage de nombreux symboles du capitalisme. On a pu sentir pendant toute la manif un élan d’énergie et de solidarité qui semble s’affirmer de plus en plus fortement au fil des jours et quelles que soient les difficultés. Le pouvoir en place avec son attitude ultra-répressive et autoritaire ne fait que renforcer la détermination de tous au fil du temps.
2. Prolongation de l’état d’urgence, interdictions de manifester, arrestations : Non à l’État policier, résistons !, 27 mai 2016, 22:04
Des lecteurs de Bella Ciao ont-ils des nouvelles du jeune homme blessé à la tête, hier porte de Vincennes ? Merci d’avance.