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Retraites : "Le coeur du projet ne bougera plus"

Publie le vendredi 8 octobre 2010 par Open-Publishing
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Le conseiller social de l’Elysée Raymond Soubie a assuré vendredi sur RTL que le gouvernement ne bougera plus sur la mesure phare de la réforme des retraites, à savoir l’âge de départ des salariés. Le Sénat poursuit l’examen du texte.

Droit dans ses bottes, le gouvernement. Le conseiller social de l’Elysée Raymond Soubie a assuré vendredi sur RTL que le "gouvernement ne bougera plus sur le cœur du projet, à savoir les mesures d’âge, la retraite à 62 ans pour l’essentiel". "Il ne bougera plus non pas parce qu’il est obstiné, entêté, mais tout simplement parce qu’il ne peut pas faire autrement".

"Il peut y avoir au Sénat des amendements sur des problèmes beaucoup moins importants qui seront votés au cours des prochains jours, mais rien qui changera aujourd’hui l’architecture du projet sur les mesures d’âge et sur l’équilibre financier", a-t-il ajouté. Selon lui, la réforme devrait être adoptée à la fin du mois. "Je pense que la réforme sera adoptée quelque part vers le 20-23 octobre", a-t-il dit. "Il y aura après la commission mixte paritaire" (CMP), instance composée de 7 députés et 7 sénateurs chargée de trouver un texte de compromis entre l’Assemblée et le Sénat, "et le Conseil constitutionnel", qui doit examiner la conformité du la loi à la Constitution, a-t-il précisé.

"Votre réforme est injuste et inefficace"

Le Sénat continue justement vendredi l’examen, de ce cœur de la réforme des retraites, le report de l’âge légal de départ de 60 à 62 ans. Le début de l’examen de ces mesures d’âge (avec aussi le report de 65 à 67 ans l’âge de la retraite sans décote) a en effet été avancé à jeudi, alors qu’il devait avoir lieu plus tard. "Autant se donner du temps sur les articles les plus importants pour les Français", s’est justifié le ministre du Travail Eric Woerth, sans se prononcer sur le moment du vote. Une source du groupe PS indiquait que les sénateurs de gauche auraient du mal à retarder le vote jusqu’à mardi, jour de mobilisation contre cette réforme. Le Sénat doit en effet siéger toute la journée de vendredi, puis dans la nuit de vendredi à samedi, ainsi que lundi.

Jeudi soir, une vingtaine de sénateurs de gauche ont répété tout le mal qu’il pensait du relèvement de l’âge légal de départ à la retraite. "S’attaquer à l’âge légal de la retraite est une posture idéologique. Votre réforme est injuste et inefficace", a lancé le sénateur Guy Fischer (PCF). "La mobilisation sera d’autant plus forte si vous nous forcez à voter ces deux articles", a prévenu un autre intervenant. Se souvenant du vote de la retraite à 60 ans en 1982 à l’Assemblée, Jean-Pierre Sueur (PS) a jugé "humiliant" qu’un salarié doive faire reconnaître son taux d’incapacité par un médecin. "Nous estimons qu’il y a un certain nombre de métiers qui sont pénibles", a-t-il lancé. "Il faut vous poser la question de l’espérance de vie", a dit le ministre Eric Woerth, déroulant de nouveau des arguments démographiques ("lorsque l’espérance de vie progresse, l’âge de départ à la retraite doit bouger"). Eric Woerth avait annoncé jeudi matin des concessions permettant à certaines mères (nées entre 1951 et 1955) de 3 enfants et à certains parents d’enfants handicapés de bénéficier d’une retraite sans décote maintenue à 65 ans. Des modifications jugées insuffisantes par les syndicats.

http://lci.tf1.fr/politique/retraites-le-coeur-du-projet-ne-bougera-plus-6093411.html

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