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Retraites, lutte des classes, mondialisation : état des lieux et perspectives nécessaires

jeudi 20 mai 2010

de La Louve

- Il faudrait être aveugle
pour ne pas voir, ou ne pas reconnaître, que, telle qu’organisée pour le moment, la lutte pour la « défense
de
notre système de retraite » ne prend pas comme elle le devrait.

Bien sûr, les militants, notamment à la CGT, mettent tout en œuvre pour que la journée de grèves et de manifestations prévue le 27 mai rencontre un meilleur succès que celle du 1er mai, et donne le départ de la mobilisation forte, massive, déterminée, dont nos combats ont besoin pour être victorieux. Et elle sera probablement, en effet, réussie. Il le faut. C’est la "suite" qui fera question, car nous savons bien que cette journée ne suffira pas !

Cependant, il faudrait être aveugle (ou inconscient ?) , parce que n’importe quel
responsable politique ou
syndical de terrain ne peut pas ne pas constater,
à de rares exceptions géographiques près (explicables, au demeurant), que la
mobilisation sur les retraites, globalement, et pour l’instant ne "monte pas", en nombre, et surtout, en intensité (grèves, durée etc) -ce,
contrairement aux fables que colportent certains, pressés (mais pourquoi
donc ?...) de nous faire passer les vessies pour des lanternes.

Il faudrait être irresponsable pour ne pas le reconnaître, y compris
publiquement
(sans dramatiser et en continuant d’aller de l’avant cependant). Le
reconnaître implique une prise de
conscience de la gravité du problème, et donc, ouvre la possibilité de
« changer rapidement son fusil d’épaule », ce qui doit se faire si on ne
veut pas finir
"ratatinés" pour un moment qui risque d’être fort long.


- Il n’est pas raisonnable (ni juste) de situer le problème que nous
rencontrons
actuellement dans les luttes en termes de "traîtres",
"vendus", "pourris", ou encore de récriminations
pseudo-anarchisantes sur le thème « les syndicats, ramassis de permanents empêcheurs de révolution » . 

L’utilité du
syndicalisme de classe et
de masse dans l’organisation des travailleurs en lutte, y compris dans
une
perspective révolutionnaire, me semble démontrée depuis un moment.

Avancer ainsi donc, en maniant l’anathème, ce
serait une
erreur .

Cela peut défouler, cela donne une
apparence de « dureté », et puis, on est parfois tellement à bout quand
on est "conscient" de ce qui nous arrive, que l’on peut légitimement "craquer", mais cela enferme
encore davantage si on s’en tient là.

Cependant, comme toute parole excessive, ce cri de
« collabo ! » dit quelque chose d’une réalité – reste à savoir
laquelle ; par ailleurs, pour savoir où
nous pourrions aller, il semble
important de savoir déjà à peu près d’où
l’on vient.

1. La période de la lutte des classes
dont nous sortons : la collaboration de classe

Évidemment, la phase de "collaboration de classe"
(appelée encore "dialogue social") ouverte il y a, disons, 30 ans,
est une réalité sociale, mesurable objectivement ; cela a bel et bien
existé.

Fruit d’un moment particulier d’équilibre (relatif,
et
nécessairement précaire) des différentes forces en présence, elle était
le
signe d’une certaine puissance de nos organisations, syndicales et
politiques,
et corrélativement, le signe d’une certaine faiblesse du patronat -
puisque, rappelons-le, pour
"collaborer", il faut être deux à y trouver intérêt.


La "collaboration de classe", pudiquement appelée" dialogue
social" ces dernières décennies, n’est pas critiquable " en soi"
pour des raisons qui tiendraient à une forme de morale, mais principalement pour des
raisons stratégiques et des raisons idéologiques.

Certes, on sait avec quel entrain et quel brio
certain-e-s,
aujourd’hui aux responsabilités les plus élevées dans nos organisations,
qu’elles soient syndicales ou politiques, ont milité pour que cet
oxymore
devienne un principe intangible, puis une réalité incontestable (
misérables
chefaillons se coiffant ainsi de lauriers obtenus sans combats et sans
gloire,
lauriers qu’en d’autres temps, ils n’auraient même pas pu imaginer
apercevoir
de loin...),

Comme l’a très magistralement dit ce grand
dirigeant, ce
grand camarade, qu’était Henri Krasucki (« Syndicats et lutte des
classes ») : « Rien ne fait

plus de mal aux
travailleurs que la collaboration
de classe. Elle les désarme dans la défense de
leurs intérêts et provoque la division. La
lutte de classe, au contraire, est la base de
l’unité, son motif le plus puissant. C’est pour
la mener avec succès en rassemblant l’ensemble des travailleurs que

fut fondée la CGT. Or la lutte de classes n’est pas une
invention, c’est un fait. Il ne suffit pas de la nier pour
qu’elle
cesse : renoncer à la mener équivaut pour la classe
ouvrière à se livrer pieds et poings liés à l’exploitation et à
l’écrasement. »

En quoi ce que
disait alors « Krasu » était-il si juste ? Que peut-on tirer de
cette sentence ?

D’abord, précisons que la « collaboration de
classe » peut prendre différents visages en fonction des époques, et
qu’elle n’est pas « jaillie de nulle part », mais a toujours été
présente comme tendance au sein de toutes les organisations de la classe
ouvrière.

La collaboration de classe, lorsqu’elle prend le
dessus en
termes politiques dans nos organisations, a comme principal tort,
défaut, effet, de masquer à
la majorité du prolétariat la réalité de la lutte des classes.

Dans la fin de la seconde moitié du vingtième
siècle en France, permettant
des gains et des apports indéniables et immédiats à la situation des
travailleurs au terme de luttes amoindries, et à court terme, la
"collaboration de
classe" a permis d’obtenir certaines "avancées sociales" ça et là, tangibles, indiscutables.
C’est bien ce qui l’a rendue si dangereuse.

Ce faisant, elle a également
renforcé, économiquement et idéologiquement, les positions de la
fraction
conservatrice de la petite bourgeoisie dans les organisations de masse
du
prolétariat, isolant, en plus, la classe ouvrière (qui elle, ne peut pas
se
retrouver majoritairement sur ces positions, du fait de son rôle et de
sa place
dans la production).

Ce faisant également, la collaboration de classe a "éduqué" toute une génération de travailleurs à la délégation de
pouvoir (le
rapport de force physique sur le terrain passant au second plan), à
l’action à  très court terme, sans perspective, à la négation de
la réalité de l’exploitation capitaliste, en accréditant l’idée de la
« mort » de la classe ouvrière (« mort » supposée qui, de
constatée, devint presque un objectif intégré par une partie du prolétariat) , en
lui
conférant un caractère "an-historique", (c’est à dire, qui ne tient
pas compte du développement antérieur ou ultérieur de l’histoire de la
lutte des classes ), permettant à bon nombre d’entre nous,
travailleurs de
certaines couches sociales, de s’en tenir quittes à moindres frais.

Elle "désarma" donc en effet la défense des travailleurs en tant que
classe prise dans l’Histoire (et faisant l’histoire) au sein d’un monde
capitaliste en mutation constante et accélérée.

La « collaboration de classe » est un mal qui
nous guette toujours, nous ne sommes jamais à l’abri, tant la frontière
entre
conquêtes sociales et compromis sociaux est mince, tant on peut
travestir
des « renoncements de fond »
en « progrès immédiats » au nom du « bien des
travailleurs » et du "bilan globalement positif"….

Ce  à quoi nous nous trouvons
actuellement confrontés, c’est donc la "queue de comète" de cette
période de "collaboration de
classe".

La  structuration sociologique
et idéologique de nos organisations a été nécessairement modifiée en
retour par
cet état "d’équilibre" relatif de la lutte de classes et par la
pratique ainsi induite (« la fonction crée l’organe »disait Lamarck,
ce qui est en partie juste, mais
l’organe est également modifié par la fonction, et indéfiniment, en
interaction).

Nos organisations se retrouvent donc globalement
inadaptées à la
nouvelle phase de la lutte des classes qui s’est ouverte il y a quelques
années, une phase d’agression caractérisée des puissances de l’argent contre le peuple du travail, à la faveur d’un sursaut des forces capitalistes en termes
économiques,
sociaux et politiques. En soi, ce contretemps ne serait pas grave, si
nous avions les moyens d’y remédier rapidement. J’y reviendrai.

Pour dire les choses autrement, à ce stade actuel de l’histoire du
capitalisme et du développement des forces productives, dans sa lutte
incessante contre la baisse tendancielle du taux de profit, une grande
partie du bloc
capitaliste n’a plus intérêt à cette collaboration ; il peut faire
"sans", et même "contre", et à maints égards, c’est
d’ailleurs dans son intérêt absolu de ne plus y participer (et l’Union Européenne n’est pas un petit accélérateur de ce processus).

La majorité du bloc capitaliste y a donc clairement mis un terme (tout le signe,
à commencer par la "crise de la zone euro"), alors que nos
organisations n’arrivent pas à réagir avec la même force, ni surtout
avec la même rapidité, face à cette nouvelle période.

Nous avons donc clairement un problème
d’adaptation et de réactivité
dans nos
organisations syndicales et politiques de classe et de masse.

Et pour cause.

Evidemment, certains ne
souhaitent pas du tout se retrouver dans une situation « de terrain »
où leur absence de qualités se révèlerait rapidement, et peuvent
constituer des
freins à l’adaptation – c’est le principe même de la bureaucratie, de la
nomenclatura, et de l’effet de « caste » aux intérêts spécifiques et
divergents de ceux de la masse, ainsi créée.

Cependant, je pense que la plupart de ces bureaucrates ont justement assez l’intelligence de leur ventre pour tourner casaque, et sentent bien que, pour leur propre survie d’abord, ils doivent s’adapter rapidement aux nouveaux besoins de lutte de la classe ouvrière, (qui commence toujours par "faire le ménage dans ses rangs" dans ce genre de situation). Aussi, je ne suis pas convaincue que dans l’immédiat, leur position soit l’explication pertinente , même s’il y a des imbéciles partout...

Mais plus justement aussi, pour des tas de raisons,
déjà
expliquées mille fois par d’autres, on ne donne pas d’impulsion à une
organisation prolétarienne de plusieurs centaines de milliers de
personnes, encore moins à un "mouvement social" de plusieurs millions de
personnes, aux
opinions souvent très différentes, dans des situations parfois
divergentes, avec
la même facilité et la même réactivité qu’on la donne à une organisation
patronale de deux cents personnes, unies et soudées par des intérêts
communs et
immémoriaux, surtout quand les organisations de la classe ouvrière
doivent
évoluer dans un contexte qui ne leur est plus favorable et qu’elles ont
perdu
certains appuis de poids (quand bien même certains de ces appuis furent
également des poisons) !

Il est presque impossible de faire "virer" de
bord
la grande masse du prolétariat aussi "rapidement" que certaines
fractions très spécifiques, unies, et cohérentes de celui-ci (ouvriers
de
certaines usines ou de certaines branches par exemple). D’où notre actuel sentiment de "décalage".

Ce n’est pas un hasard si les réactions de
classe appropriées ces dernières années se
trouvent principalement dans les fractions de la classe ouvrière et du
prolétariat où l’esprit de corps (pour ne pas dire un certain
corporatisme,
qu’il soit de métier et/ou géographique), l’esprit de classe, sont
encore rendus
possible par le nombre restreint et la cohésion des travailleurs
concernés.

Plus la
classe ou la couche sociale est en situation de "faiblesse" 
dans le rapport de force, plus sa réaction défensive est dure, violente, incisive.

La lutte que mènent certains secteurs de
l’industrie (automobile notamment), ou la lutte actuelle des
travailleurs sans-papiers est typique de cela - elle ne
saurait en aucun
cas être présentée comme l’exemple absolu et parfait que « quand on
veut,
on peut » ni, encore moins, être présentée comme témoignant d’une
"position de force du prolétariat".

Les chiffres de ces trois dernières années parlent
presque
d’eux-mêmes : une partie du prolétariat, plus spécifiquement, de la
classe
ouvrière, s’est trouvée, de par des attaques concentrées de la
bourgeoisie à son encontre seule, (trop) rapidement en situation
« d’avant-garde », et ainsi, très éloignée de la possibilité objective
d’action
du « gros » du prolétariat (et évidemment, elle a été contrainte de
le faire pour « sauver sa peau »).

Cela a jeté
les ferments d’une
situation potentiellement scissionnaire, (en tout cas, scissionnaire
dans les
faits, si ce n’est encore dans les structures, ce qui, déjà en soi, est
un
grand problème, principalement pour cette fraction en lutte qui ne
pourra pas
résister « seule » bien longtemps). Situation de décalages
des luttes dans la classe, qui éclaire aussi le moment actuel.


- Cette introduction sur ce sujet,( espérons que cela est clair à ce
stade),
ne signifie nullement que nous n’ayons aucun reproche à formuler à nos
organisations (et à nous-mêmes d’abord, sans doute), ni que nous puissions accorder un
quelconque blanc-seing à ces
erreurs accumulées, ni même qu’une « valorisation » de la
collaboration de classe serait envisageable, tout au contraire.

Partout où nous sommes confrontés, à
tous niveaux, dans nos organisations, quelles qu’elles
soient, à des responsables (à commencer par des responsables dits
« locaux ») qui ne veulent/ne peuvent pas prendre la mesure de ce qui
se passe, et persistent dans la tactique éculée de la collaboration de
classe,
(quelles qu’en soient les raisons), il faut que le combat idéologique
soit
mené, dans nos instances, démocratiquement, sans haine ni animosité
personnelles, pour que le point de vue de ces responsables ne puisse
plus
nuire au travail de réappropriation de la lutte de classe par le plus
grand
nombre possible de travailleurs.

Mais ce constat préalable porte 

aussi un souhait, un espoir : que dans ces reproches, justes, fondés,
 nous en restions à l’essentiel, et  que nous
essayions, toutes et tous, pour
avancer sans diviser de façon irrémédiable le gros de nos "troupes"
(à l’heure actuelle toute scission 
serait, je pense, une erreur et il vaut mieux se dire « mal
accompagné » que « seul »), d’introduire une dimension critique
et analytique « objective » et dépassionnée,  qui permette
de tirer profit de nos erreurs et
d’en faire du positif pour les luttes en cours, notamment pour
reconstruire
« l’en-commun ».

Car nous, communistes, où que nous soyons, ne saurions avoir
d’autre but : l’en-commun, le collectif, le travail de classe, mais dans
la masse.

Nous ne pouvons nous permettre le luxe de ne pas
tout tenter
pour unir la plus grande partie du prolétariat dans les luttes à la
base.

Encore faut-il que nous ne cédions
pas aux illusions
« rassemblistes » sociales-démocrates, ni « mouvementistes »
pseudo-libertaires, tout en sachant nous y appuyer...

2. Le constat de la situation
actuelle et les questions que l’on peut se poser

Aujourd’hui, donc, nous constatons que les mobilisations ne « montent »
pas comme elles le devraient sur des sujets aussi propices pourtant que
la
défense de notre système de retraite, ou encore, contre le hold-up
européen organisé sur l’avenir
des peuples par l’UE et le capitalisme financier.

Non seulement – et c’est corrélatif - les luttes ne
« montent pas », mais encore, nous ne parvenons pas, ou à
peine, à faire éclater les
contradictions, pourtant nombreuses, en germe, au sein du bloc
capitaliste.

Un tel constat (dont certains me reprocheront
évidemment d’avoir « noirci le trait ») amène
nécessairement d’abord une seule question : « pourquoi ? ».

Sans avoir la prétention d’apporter « la »
réponse, je fais part pour commencer, de ces quelques hypothèses :

- D’abord et évidemment, nous avons, à ce stade,
perdu, non pas "LA"
« bataille des idées », mais une bataille (et nous n’avons
donc pas perdu la guerre), sinon,
nous n’en serions pas là.

Mais si les idées, et les mots, comptent beaucoup
(et comment), ils ne peuvent à
eux seuls tout expliquer.

Un prolétaire ne lutte pas seulement avec des
mots, ni « pour des idées », mais
pour défendre, préserver ou gagner des avantages concrets et tangibles,
qu’il
peut appréhender immédiatement.

Ainsi, « la
liberté » n’est
évidemment pas une « idée », mais bien un champ de possibles très
évaluables (liberté d’expression, liberté syndicale, liberté d’opinion,
liberté
d’aller et venir… dont l’absence ou le déclin se manifeste sous forme
d’amende,
de répression, d’emprisonnement, d’expulsion…)

- Ensuite, notre lutte, pour être victorieuse, a
toujours du s’inscrire
à la fois dans le court terme et dans le long terme.

Elle doit avoir une
perspective quotidienne, immédiate, et une perspective historique qui
permette
d’apprécier le déroulement de nos conquêtes (et de nos défaites) sur un
temps plus long, qui nous dépasse individuellement, et qui est celui de « la
classe ». Seule la perspective strictement historique nous permet de
relativiser certains évènements en les
replaçant dans leur juste contexte (et donc, de garder, aussi, l’espoir
au
cœur).

Evidemment, les capitalistes n’ont
pas tout à fait ce même problème de
temps, de perspective, en ce qui concerne le gros capital.

Cela étant dit, on touche ici du doigt l’enjeu de
classe fondamental que constitue l’enseignement et la formation
militante.

- Sans doute, donc, souffrons-nous cruellement d’un
manque de
perspectives dans la lutte des classes.

Nous n’avons pas de perspectives parce que nous
n’avons plus
de stratégie de lutte pour notre classe, et nous ne pouvons pas avoir
cette
stratégie parce que nous manquons d’analyses de classe justes, (quand
nous ne
manquons pas d’analyses de classe tout court).

Cette stratégie pour nous  devrait
pouvoir être résumée en deux
mots : révolution et communisme.

Il est bien évident que "anticapitalisme" et "gauche" ne suffisent pas/plus, et peuvent même se révéler à terme, des pièges idéologiques.

-D’autre part,  intellectuellement,
nous souffrons encore d’un
« mal » qui vient de loin et que j’appellerais « le
révisionnisme de l’œuvre de Marx ».

Révisionnisme sur la dialectique elle-même,
révisionnisme
sur l’analyse des classes également, révisionnisme enfin sur certains
concepts
politiques, hélas insuffisamment développés par Marx .

Ce qui nous pénalise et dénote NOTRE problème
d’analyse
"à nous", c’est une erreur de conception même de ce que
doit être l’analyse pour nous, tant en termes qualitatifs
(principalement
dialectique et de classe) et en termes d’objectifs (l’analyse juste pour
servir
la décision juste pour mener la lutte des classes et en vue de préparer
la révolution).

Nous avons constaté, (réalisme oblige, et à juste titre), qu’à période
équivalente en termes de portée historique, dans la fin des années 20 -
le
début des années 30, le mot d’ordre alors lancé du Komintern, à savoir "classe
contre
classe"
allié au " front unique à la base contre les
chefs sociaux-traîtres des partis et syndicats réformistes"
n’avait
pas eu les résultats escomptés, si on me pardonne l’euphémisme 
(notamment
en termes de développement des partis communistes et en termes
d’endiguement du
fascisme en Europe, les résultats furent, non pas nuls, mais
dramatiques, ce
qui rendit les luttes de nos camarades contre le fascisme encore plus
héroïques). 

Ce désastre tenait non pas en soi au « mot d’ordre », mais à une
analyse, on le sait aujourd’hui, erronée, de la période de montée des
fascismes
en Europe, et qui fit croire que ces mots d’ordre là étaient ceux qu’il
convenait d’appliquer alors à cette situation donnée (c’était le cas
pour la
majorité, sauf Trotsky et quelques autres, rendons à César…) ; au sein
du
Komintern, le fascisme arrivant était une période "nécessairement
pré-révolutionnaire", on vit fleurir la théorie du "social-fascisme",la 
théorisation du fascisme comme bourgeoisie armée etc. Or, c’est un fait
connu que
dans une organisation très hiérarchisée, quand la direction commence à
déraisonner, elle influe sur la capacité de réaction et contestation
critique
de tout le corps de l’organisation.

Ayant constaté cela, ce désastre, sans que toutefois l’état de
démocratie des
partis communistes et des syndicats proches de ces partis permettent
d’en faire
sérieusement l’analyse, et donc, de comprendre notre erreur , c’est
assez
logiquement que, de façon un peu manichéenne, l’idée du "front uni à la
base contre les chefs sociaux traitres" est finalement apparue comme une
très mauvaise idée en soi, responsable de tous nos maux
(et que l’on tentera de
soigner en France plus tard par "l’Union de la gauche", avec les
résultats que l’on sait...).

Ajoutons que
l’heure n’ayant plus été, courant des
années 80 (pour les raisons que l’on imagine), au "classe contre
classe", on voit bien pourquoi nous en sommes là dans nos erreurs
d’appréciation actuelles : c’est encore un passé mal digéré,
un passé "qui ne
passe pas".

- Avons-nous un « problème d’informations » ?
Non, pas vraiment. Certes, nous avons des tas de "rapports économiques
et
financiers". Nous en avons presque trop, nous sommes dans une bataille
de
chiffres, évidemment impropre à mobiliser ce qui doit être mobilisé en
premier
lieu.

Nous avons des "opinions" d’experts, de savants
sur des points précis et somme toute, partiels de telle ou telle
situation.
Nous avons des déclarations d’intention remplies, le plus souvent,  de
ce que l’on peut appeler des "bons
sentiments". Mais l’enfer lui-même est, parait-il, pavé de
bons sentiments...


- Les principes avancés au soutien des luttes sont-ils faux, erronés ?
Un
principe, une théorie digne de ce nom, peut difficilement, en soi, être
fausse ;
c’est son application à la réalité, sa confrontation au réel dans une
certaine
perspective, avec des objectifs, qui la rend inutile ou inapproprié, ou
au
contraire, la valide.

Cependant, toute théorie porte la marque de classe de celui qui la produit.

Si nous en sommes là, c’est peut être parce que
les
analyses préalables que nous devrions absolument prendre le temps de
faire ne sont pas
faites, ou que, pire, lorsqu’elles sont faites, elles sont faites par
des
intellectuels (ou en tentant lieu) qui ne peuvent absolument pas avoir
d’analyses justes pour "nous", compte tenu
de leurs positions de classe.

Bien sûr, Bourdieu a dit et démontré cela autrement
mieux que moi, et
Marx avant lui ; ceci n’est donc pas un « point de vue », une
« opinion », mais une conclusion que la reconnaissance de l’existence
des classes et des sous-couches sociales commande logiquement.

« On ne
sort pas de farine d’un sac de charbon » dit fort sagement ma
grand-mère.

 Evidemment, nous
avons trop laissé le champ libre aux héritiers de la social-démocratie dans le domaine
de la
production des théories et de la promotion des idées, pour des tas de
raisons (raisons que nous ne pouvions pas toutes éviter ni même
prévenir, mais que nous aurions peut être pu anticiper), alors même
cependant que les
forces militantes les plus actives en état d’appliquer ces théories et
de les
confronter au réel étaient principalement communistes...

Pire, nous avons essayé de nous « accaparer » ces
analyses, et nombre d’entre nous ont fini par les intégrer
complètement,
alliant souvent à cette intégration une autocensure dévastatrice et un
dogmatisme plus ou moins solide. 

-Est-ce encore la présence de la CFDT (dont on
connait les
positions hallucinantes sur l’avenir des retraites) dans
l’intersyndicale (voire, selon certains, l’intersyndicale
en
soi) qui "bloquerait" le processus de mobilisation ? Beaucoup le disent.

Cela peut en effet être un frein, ou un facteur de
découragement
parce que la présence de cette organisation influence nécessairement les
positions de l’intersyndicale… Mais, si cette proximité ne me remplit pas d’aise, loin de là, j’ai du mal à croire que ce
soit
là l’explication principale.Je pense que quand on a une position
dominante, hégémonique, on peut même s’allier, s’il en va de notre
intérêt, aux plus "mous". Encore faut-il pour cela vouloir
dominer, autre sujet....

- Est-ce la proximité que l’on prête (parfois très
complaisamment dans la presse dite "bourgeoise") à certains
dirigeants d’organisations syndicales - ou politiques- avec le pouvoir
en
place, qui démotive, alors, nos « troupes » ?

Cela peut jouer, mais je
ne crois pas que "LA" cause, réside principalement en ces supposées
relations. Dans ma
pratique syndicale dans une PME « de base », vierge de politique et
de syndicalisme, où les salariés en étaient en général à leur première
adhésion à un syndicat après 15 ou 20 ans de carrière, j’ai constaté que
ce genre de fait ne préoccupait pas les adhérent-e-s
(qui, en revanche, déplorent quasi-unanimement l’absence de posture plus
« guerrière »).

-Est-ce alors l’absence de coordination et de mise
en valeur des
luttes "dures" et que j’appelais plus haut
« d’avant-garde » au sein du prolétariat et notamment, de la classe
ouvrière, qui peut l’expliquer ?

Cela oui, c’est un réel problème, car ces luttes existent, et sont ignorées des directions nationales, pour la plupart, et c’est même en
effet une erreur
grave, sinon une faute, disons-le, mais que nous pourrions encore
corriger.

Si tout ceci constitue un début
d’explication, il me semble plutôt que cela constitue des symptômes que
des causes de
la « maladie ».

Alors ?

3. Des hypothèses
pour répondre aux questions posées dans la situation actuelle

Et si la "cause" résidait  dans
le choix de l’axe central des luttes, non pas 
« en général », mais dans le moment actuel ?

Pour défendre les retraites valablement, peut-être
nos
organisations devraient-elles faire le choix d’appuyer, avant toutes
choses, et évidemment, en continuant de chercher ce "front uni à la
base", les luttes
concernant le maintien de l’emploi, (et notamment, dans 
l’industrie
), les
salaires
(et non pas seulement le "pouvoir d’achat", dont on sait
que
présenté en termes consuméristes, il ne peut faire qu’amplifier une
partie de
nos problèmes
), et les conditions de travail (conditions
de travail qui seules,
permettent aux travailleurs, lorsqu’elles sont correctes, de préférer
lutter
pour leurs emplois plutôt que le perdre en étant "indemnisé »
).

Peut être, le choix de faire des retraites l’axe
central
d’un nouveau volet de mobilisation, conditionnant tout le reste, est-il
un choix inopportun dans une période comme celle
que nous vivons, d’un point de vue économique ?

Non pas qu’il ne faille pas se battre pour garder
notre
système de retraite et même, pour l’améliorer ! Au contraire !  

Mais c’est plutôt sur la place
réservée à ce thème dans nos luttes
que je porterai mon questionnement.

D’abord ce constat qui complète le premier, que
la mobilisation sur les retraites se fait très correctement et même,
avec une
certaine puissance, dans les zones ( territoriales ou professionnelles)
où le
combat pour l’emploi, le salaire et les conditions de travail est
constant,
exigeant, et mené avec l’aide de syndicats , d’unions locales ou
départementales qui jouent leur rôle de « moteur » des luttes. Mais ce
sont à ce moment où j’écris, il faut le reconnaître, des cas isolés.

Dès le début, depuis toujours, l’option
majoritairement choisie dans la CGT, était bien de joindre "retraites"
et "
emplois –salaires –conditions de travail".

C’est évidemment une voie juste. Et peut être même
la seule
option juste, (à condition cependant que les propositions faites pour
étayer ce
combat "collent" avec les analyses intuitives sous-jacentes que
réalise une partie du prolétariat lui-même, sur la question de la place de la
France et de
l’Union Européenne dans la mondialisation capitaliste…)

Cependant, poussés que nous sommes par un principe juste  de
« front uni à la base », mais appliqué
faussement (« collaboration au sommet avec les appareils idéologiques de
la social-démocratie ») , et compte tenu du contexte actuel (contexte
économique, contexte sociologique aussi), l’avatar de la social-démocratie,
collaboratrice
« par essence »,  a rapidement
« contaminé » le point de vue porté quasi-uniquement par la CGT (CGT que
pour ma part, je continue de considérer comme un des derniers endroits,
aussi imparfait soit-il, où ce genre de position de classe peut
exister, et où donc, tous les travailleurs conscients devraient militer
activement).

Le PS, pour des raisons
sociologiques et
d’intérêts de « classe », a encore frappé un grand coup en défaveur
de la majorité des prolétaires en France en faisant tout pour traiter
le 
volet "retraites" comme elle a traité le volet "Poste- service
public" (et on a vu avec quel insuccès en termes de résultats).

C’est-à
–dire, en isolant ce sujet de
revendication très important d’une analyse (et d’une remise en question)
d’ensemble de la société, tant française qu’européenne, du capitalisme
actuel,
de la mondialisation, et des aspirations profondes de la société, en en
faisant
un problème "en soi", comme déconnecté de toute problématique de
classe.

Ce qui amène au fiasco que l’on voit se
dessiner actuellement. Ce, quoi que certain-e-s nous disent benoîtement qu’on va
"rééditer l’exploit de 2005" sur la constitution européenne ( ce qui
montre bien, là encore, que l’analyse politique n’est plus notre fort,
car nous devrions quand même savoir pourquoi et comment cette réelle
victoire de 2005 a été possible, et oser dire ce qu’elle a traduit
politiquement - et je ne parle pas de l’extrême-droite).

Aussi, il est l’heure, et plus que
l’heure, de poser les "questions qui fâchent" :

Expliquez-nous, "chers camarades" cadres
socialistes du PS, comment l’avenir de notre système de
retraite peut servir
d’axe mobilisateur à une population dont une grande partie n’arrive déjà
pas à
joindre les deux bouts en termes de salaire mensuel, subit pressions
idéologiques et des conditions de travail de plus en plus épouvantables,
sans
parler des vagues de licenciements etc ?

Expliquez-nous comment la retraite peut être autre
chose, actuellement,
qu’une idée (même séduisante) pour une jeune mère de famille
travailleuse
précaire de 27 ans, à temps partiel imposé, ou pour un ouvrier de 40 ans
dans
la force de l’âge, déqualifié, puis finalement, viré, ou encore, pour un
étudiant qui ne trouve pas de premier emploi correspondant à sa
formation et
qui soit correctement rémunéré ?

Expliquez-nous comment les travailleurs du
secteur privé ou contractuels privés du secteur
public qui, bénéficiant encore de salaires corrects, ne sont pas
directement
touchés par tout cela mais qui, évidemment, subissent la propagande
anxiogène
des capitalistes qui les menace quotidiennement de
« prolétarisation », peuvent se mobiliser réellement ( c’est-à-dire,
autrement que par une manifestation par-ci par-là, mais dans une grève
suivie),
 quand on sait en outre que le taux de
syndicalisation en France n’atteint même pas 10% ?!

Expliquez-nous comment on fait adhérer les
Esquimaux au Front de défense des Dromadaires ? C’est une jolie bête, le
dromadaire, et utile avec ça, ils en conviennent ; ils n’ont d’ailleurs
rien contre les dromadaires eux-mêmes, les Esquimaux, et ils aiment les animaux. C’est
juste qu’il n’y en a pas des masses de par chez eux, des dromadaires....

Expliquez-nous comment on peut créer un rapport
de force sur la base d’une
revendication  certes juste, mais
insuffisante, car mal positionnée et donc perçue in fine comme idéaliste
dans les
conditions actuelles ?

Comment s’étonner que la majorité du prolétariat,
notamment
chez les plus précaires ou précarisables, ne participe pas activement à
cette
lutte sur cet axe « retraites », puisqu’elle n’arrive déjà pas ou
plus à bouffer, à se loger, qu’elle travaille dans des conditions de
travail
misérables et déshumanisantes.

Sachant en
outre que l’être humain a la monstrueuse
capacité de s’adapter à des situations de vie extrêmement difficiles, et
que
notre conditionnement social nous pousse actuellement plus à subir « en
attendant que ça passe », qu’à nous battre...

Comment peut-on sérieusement prendre comme
hypothèse que le prolétariat
en lutte, déjà très occupé, depuis plusieurs années, à fournir,
(quasiment seul,
et avec un fort sentiment d’avoir été abandonné par  ses
organisations traditionnelles), des
combats extrêmement durs pour sa survie immédiate, va trouver le temps
et
l’énergie nécessaires à la défense des « retraites » présentée comme
telle , c’est-à-dire présentée d’une façon exclusive et qui, en plus,
(nous le
savons bien compte tenu de la prééminence de l’idéologie de
collaboration de
classe portée par la CFDT et le PS dans cette lutte), risque fort de lui
scier
encore davantage les jambes ?

Faire du combat pour les retraites l’axe central 
et « hégémonique » de la lutte de
classe à l’heure actuelle est donc peut
être une grossière erreur pour nous.

Il me semble en tout cas que la situation
exige au moins de nous que nous puissions nous poser la
question sans complexe, sans tabou.

On comprend bien pourquoi le PS et ses satellites
ont des
raisons de promouvoir cette façon de faire, et de s’en réjouir, pourquoi
tout est fait pour que, pour eux, il en soit
ainsi.  

Se racheter une
virginité (même
bien usagée) à peu de frais auprès de celles et ceux qui votent encore,
c’est
toujours un objectif attrayant.

Mais nous,
travailleurs, ouvriers, prolétaires,
en réalité, nous n’avons qu’un intérêt très relatif, non pas à la
défense de
nos retraites
, mais à cette pseudo-défense organisée ainsi.

Présenter le combat pour les retraites comme axe
central
prédominant, actuellement, dans cette période, en s’appuyant en outre
sur le PS et la CFDT (qu’une grande partie des travailleurs ne peut plus
voir en peinture), alors qu’on est restés globablement "silencieux" sur
les luttes en cours, plutôt que de faire le
choix d’unir le prolétariat en lutte sur ses propres revendications
actuellement
développées par lui-même, à savoir « emploi-salaires
- conditions de travail », c’est en outre faire le choix idéologique de
favoriser d’abord la défense des intérêts de la petite bourgeoisie, c’est-à-dire
des
cadres ou assimilés, des hauts fonctionnaires, des professions libérales
et
artisanales.

Eux se disent et disent publiquement, sans complexe
« On 

a toujours des salaires corrects ou de bons revenus, nous, on
n’est pas les
plus fatigués à 60, 65 ans, on ne subit pas nos professions, on prend
encore du plaisir à travailler, et donc, on
peut penser à nos retraites, c’est-à-dire pour cela, au pire, cotiser un
peu plus voire partir un peu plus tard ».

En outre, il se trouve que l’histoire démontre et a
démontré
moult fois que, depuis 1789, jamais la petite bourgeoisie ne fut un « fer
de
lance » révolutionnaire, ni même de réforme profonde de transformation
sociale.

Elle ne le peut pas, compte tenu de sa position de
classe
dans le capitalisme. Si une fraction minoritaire adopte les causes de la
classe ouvrière ce n’est jamais qu’in extremis. Sa fraction majoritaire
(pour le moment) essaie de tenir ses positions propres ou adopte carrément des
positions de la bourgeoisie.

Et il se  trouve en
outre que, pas si con que les médias veulent bien le dire, sans en avoir
toujours une conscience claire, le peuple du travail, lui, apprend de
l’Histoire.
Cela, cette versatilité, ce caractère ondoyant et « mou » de la
petite bourgeoisie, la masse du peuple du travail les connaît
« intuitivement », le sait.

Force d’appoint, en partie, à certaines conditions,
oui,
mais pas plus…en tout cas, pas plus, à ce stade du développement du
capitalisme en France.

Compte tenu de ces éléments objectifs,
expliquez-nous,
camarades « cadres du PS », vous qui êtes justement les représentants
de la petite bourgeoisie et du petit capital, pourquoi la classe
ouvrière (dont
vous avez été les premiers à claironner « la mort »), pourquoi le
prolétariat pauvre ou paupérisable, qui a déjà
fort à
faire dans des luttes quotidiennes, rejouerait la mauvaise
plaisanterie de
1848, d’aller « se faire casser la
gueule » en partie pour une sous-couche sociale non fiable, oscillante,
qui les poignardera à nouveau dans le dos à la première occasion afin de
rétablir
ses prérogatives de classe, et le tout, en l’absence de contreparties
réelles ?

D’autant que, de l’autre côté, nous avons les
traditionnels leurres
qui s’agitent, par exemple, en position « classique » (classique pour
cette organisation) dirais-je,  de
"cavalier blanc", Force Ouvrière, qui se présente en première
intention comme soutenant la position que je décris plus haut, mais qui,
en
réalité, n’a rien à voir du tout avec cela, puisqu’elle amène de façon
sous-jacente les renoncements sur le sujet des retraites. Il n’est que
de lire attentivement
les déclarations de MM. Mailly et cie pour comprendre ce qu’ils veulent,
eux.

Alors que ce que
contient en germes, même parfois flous, la position initiale de toute une partie de la CGT (la plus importante je pense), c’est de
tenter
de « tenir TOUS les bouts ENSEMBLE », et de ne lâcher sur rien, de
favoriser la lutte sur les questions d’emploi, de salaires et de
conditions de
travail justement pour ne pas reculer sur les retraites,
et
afin de permettre l’unification du prolétariat en lutte.

Et c’est bien cela, la position juste à l’heure
actuelle. Il n’y en a pas
d’autre à tenir.

4. En conclusion à ce stade et pour
l’heure :

Une seule solution semble se dessiner pour tirer
les
marrons ( nos marrons !) du feu capitaliste
 :

D’abord, une fois pour toutes, ne pas colporter le mensonge que le capitalisme va s’écrouler de lui-même !

Que les
organisations politiques et syndicales de classe et de masse (et donc,
les
êtres humains qui les composent de la base au sommet)
prennent
rapidement acte, officiellement et calmement, de cet état des choses ;
qu’elles adoptent ensemble une nouvelle stratégie, en expliquant
publiquement leur analyse du
contexte actuel, analyse qui seule amène à cette réorientation, (ce qui
impliquera en
conséquence d’assumer aussi la rupture
inévitable du pseudo « front uni »aux sommets), afin de mieux unifier
les luttes réelles et en cours existant "à la base". 

On ne part pas de rien, on ne s’appuie pas sur "du vent".

Qu’elles reviennent donc à la
seule position de classe tenable à l’heure actuelle : le combat pour sauver
nos
retraites oui
, (et plus encore !), mais qui doit se placer
comme
corollaire d’un combat principal plus vaste sur 

l’emploi, les salaires et les conditions de travail (avec
en toile de
fond la mondialisation, l’Union Européenne et la  « zone
euro ») .

Si on ajoute à cela l’ouverture
nécessaire, il me semble, d’un front de lutte sur le sujet des fameuses
"libertés publiques"
, non pas d’un point de vue "droit-de-l’hommiste",
mais d’un point de vue très pragmatique, parce que la répression,
policière, patronale, l’absence de liberté d’expression réelle de toutes les opinions politiques, ne facilitent pas le développement des luttes, alors nous
aurons fait, pour l’heure, correctement, notre travail de syndicalistes, de militants, de communistes.


"L’histoire nous mord
la nuque" ?* :

L’heure est importante, sinon grave.

Ne nous berçons pas d’illusions, les
solutions, qu’elles qu’elles soient, dans nos organisations, dépendent
bel et bien au sens le plus littéral de NOUS.

Elles sont
entre nos mains à nous, nous les "chevilles ouvrières", les militants.
Leur mise en œuvre ne dépend, comme toujours, que de NOUS. 

A ce titre, il est
probable qu’une des premières révolutions à effectuer nous concerne
NOUS, militants, directement.

Nous sommes à un tournant de l’Histoire et à un tournant de
l’histoire de notre classe, tournants qui imprimeront pour de longues
années et durablement leur marque sur nous, sur nos enfants, sur notre société, sur notre
monde.

Et il faut
prendre la mesure exacte de cette importance.

En conséquence, le temps, s’il n’est plus
aux querelles de chapelles stériles, est néanmoins à la clarification
politique. 

L’heure n’est
plus aux unités factices des appareils qui vont à hue et à dia, mais à
l’union de tous les travailleurs (re)bâtie à chaux et à sable sur les
fondations de notre réalité de classe.

Cette fois-ci, il se
pourrait que nous soyons effectivement proches d’un immense
bouleversement en tout cas en Europe.

Les braises grecques couvent sous la cendre
européiste.

Mais quelle
couleur aura la révolution qui se profile ?

L’aube sera-t-elle brune ?

Ou sera-t-elle, enfin, rouge ?

---------------------------------------------

* J’ai toujours aimé cette phrase de Daniel Bensaïd...

Messages

  • Personne ne songe à nier ce poids si tu as bien lu ce texte, en revanche, intellectuellement il n’est pas possible d’admettre que la seule cause soit là, c’est confortable mais inexact, d’autant que aucun dnéonciateur n’a encore osé se livrer à l’analyse du pourquoi et comment nous en sommes arrivés là.
    Serions nous actuellement plus fort sans la CFDT ? Je ne sais pas car je ne sais pas si, sauf à travestir la réalité et à refaire l’histoire, nous avions , jusqu’à AUJOURD’HUI en tout cas, les moyens d’assumer de faire "cavalier seul" en prenant en compte l’exacte réalité de ce qu’est LA CGT actuellement ?......

  • Pour défendre les retraites valablement, peut-être nos organisations devraient-elles faire le choix d’appuyer, avant toutes choses, et évidemment, en continuant de chercher ce "front uni à la base", les luttes concernant le maintien de l’emploi, (et notamment, dans l’industrie), les salaires (et non pas seulement le "pouvoir d’achat", dont on sait que présenté en termes consuméristes, il ne peut faire qu’amplifier une partie de nos problèmes), et les conditions de travail (conditions de travail qui seules, permettent aux travailleurs, lorsqu’elles sont correctes, de préférer lutter pour leurs emplois plutôt que le perdre en étant "indemnisé »).

    Je pense qu’en ce moment, il faudrait poser le contexte dans lequel la lutte de classes se joue. Les retraites, n’est-ce pas une assurance-vie distribuée à un nombre de plus en plus restreint de privilégiés ? Car, que dire de l’iceberg de personnes sans ce filet de sauvetage, "déclassées", "exlus du travail", "en fin de droit" etc. (en première ligne, les chômeurs et chômeuses, les travailleurs/travailleuses étranger(e)s sans papiers, les demandeurs d’asile, les travailleurs/travailleuses intermittant(e)s, les travailleurs/travailleuses indépendant(e)s, les travailleurs/travailleuses intérimaires, précaires et j’en passe - qui n’y auront jamais accès ? Aujourd’hui, la lutte de classe, ne se jouerait-elle pas plutôt au niveau des classes fiscales ? C’est le fisc qui connaît la situation véritable de chacun.

    A part cela, je pense que le concept qui mérite d’être défendu, est celui d’un revenu garanti (comme il en existe un pour les demandeurs d’asile, par exemple), mais inconditionnel, et applicable à tout un chacun, comme un droit humain.
    Les demandeurs d’asile bénéficient durant la période d’étude de leur dossier, d’une somme de 300€/mois, mais n’ont pas le droit de travailler. Or, personne d’entre eux n’a envie de ne rien faire, n’avoir rien a faire est insupportable, la vie ne fait plus de sens. Donc, ils apprennent tous qu’ils peuvent, en travaillant, au noir ou bénévolement, au risque de leur vie, se font chopper, tabasser, mettre en centre de rétention administrative, se font renvoyer dans leur pays d’origine, renvoyer dans des conditions de vie plus qu’insupportable.

    bref, à méditer.
    angela anaconda

  • Et si on réintroduisez dans le combat syndical comme d’ailleurs dans le combat politique le nécessaire débat idéologique qui permet de clarifier en toutes situations les vraies questions , les vrais problèmes et dont les vrais responsables.... Aujourd’hui que l’on soit ouvrier, enseignant, infirmier et autres professions du style agriculteurs artisans etc... tous, tous, sans exceptions sont victimes du même mal : le capitalisme !!

    Ils nous ont fait reculer sur ce point la aussi et trés largement alors qu’en face, ce sont les rois de l’idéologie, c’est leur fil conducteur permanent. Ils ne se trompent pas pour drainer le produit de notre travail vers leurs portes feuilles...

    Je me souviens de l’époque où les principaux dirigeants de la CGT faisaient également partie de la direction du PCF.

    Certes la confusion des rôles n’était pas sans doute une bonne chose. Des exemples ne manquent pas.

    Mais il n’en demeure pas moins que la réflexion idéologique n’a de vraie traduction que dans le combat politique même si elle est indispensable dans le combat syndical.

    J’ai l’exemple, peut-être particulier à ma région, de nombreuses réunions débats avec l’organisation ATTACQ. Ils dénoncent trés bien, ils informent trés bien mais pour faire le pas vers des solutions qui ne peuvent être que politique ...on ne discute pas des gros mots !!! Je reste toujours sur ma faim.

    La maladie grave que nous subissons tous s’appelle bien le capitalisme ! A mon humble avis et jusqu’à preuve du contraire où jusqu’à avoir des pistes meilleures je ne connais qu’un seul remède : le communisme !!!

    Or nos adversaires de tous poils ont su le dénaturer au point d’en faire un instrument qui fait peur d’abord à celles et ceux qui n’auraient qu’intérêt à le faire arriver vite.

    Tant qu’on ne s’engagera pas dans ce débat idéologique dont la lutte des classes à tous les niveaux est un aspect nécessaire, nous ne changerons pas grand chose sauf à contester à quoi sert une journée de grève où alors il faut une grève illimitée ou...

    Je me souviendrais toujours de rentrer dans une Union Locale CGT à Bayonne au lendemain de Mai 68. Jeune, satisfait des résultats acquis j’affirmais : on a gagné !!

    Et en réponse d’anciens militants des Forges de l’Adour me disaient : Qu’est-ce que tu as gagné ???

    Nous avons du pain sur la planche .....

    Le coco des Landes

  • Le bloc capitaliste a rarement été autant traversé de contradictions aigues que ces derniers mois.
    Il n’est que de constater par exemple, les positions divergentes des capitalistes américains par rapport à l’Union européenne, la zone euro et la place/le rôle de l’Allemagne et de la BCE.
    Constater également les mêmes divergences au sein de la "zone euro".
    Ces contradictions signent des possibilités révolutionnaires incroyables pour le prolétariat européen !
    Arriverons nous à (re) construire dans l’urgence les formes d’organisation et les actions nécessaires à foutre un énorme coup de pied dans la fourmilière ?
    Une sorte de révolution, en tout cas, un pas de plus dans sa direction ?
    Moi, je veux y croire, on n’a pas le choix. De toute façon. Sinon, ce sera la guerre, à nouveau.Le nationalisme. Le fascisme. Et ça c’est quasi-certain.
    LL

  • Comment s’étonner que la majorité du prolétariat, notamment chez les plus précaires ou précarisables, ne participe pas activement à cette lutte sur cet axe « retraites », puisqu’elle n’arrive déjà pas ou plus à bouffer, à se loger, qu’elle travaille dans des conditions de travail misérables et déshumanisantes.

    Le problème est réel, et cela nécessite un gros travail de dialogue et d’explication, car en fait le lien est direct.

    Faire travailler plus longtemps ceux qui ont un travail, c’est bien évidemment diminuer les chances de trouver un emploi pour un jeune ou un moins jeune au chômage.

    Et continuer à baisser les pensions (autre conséquence des contre-réformes) aboutit également à supprimer de l’emploi (baisse de la demande intérieure).

    Pour unir la classe, la revendication du NPA me semble juste : 37,5 annuités en intégrant les périodes d’étude et de chômage. Ainsi les précaires qui, aujourd’hui, comme le dit LL, ne se sentent (à tort) effectivement guère concernés par la défense des retraites, pourraient y trouver du grain à moudre.

    Et au-delà de l’aspect technique et financier du dossier retraites, il ne faut pas hésiter à poser le problème en terme de choix de société. Sur la retraite comme ailleurs, nos vies valent plus que leurs profits. Socialisme ou barbarie...

    Chico

    • Post-scriptum :

      Au-delà des divergences qu’on a parfois, merci LL de contribuer à entretenir la flamme dans cette période "délicate" (je fais aussi dans l’euphémisme)...

      Chico

    • Faire travailler plus longtemps ceux qui ont un travail, c’est bien évidemment diminuer les chances de trouver un emploi pour un jeune ou un moins jeune au chômage.

      Je pense qu’il va falloir surtout lancer une discussion sur les innombrables OBSTACLES AU TRAVAIL.
      2 exemples :
      l’autre jour, j’ai essayé de "créer du travail" en demandant au service social de la ville de Paris, gérant d’un resto émeraude en bas de chez moi et qui n’est ouvert qu’à midi, d’ouvrir sa cuisine le soir à une association qui travaille avec et pour des exclus de tous bords. D’abord, la réaction de mon interlocutrice aux services sociaux de la ville de paris était positive : oui, on aimerait vous rencontrer. On se rencontre. Et qu’est-ce qui se passe ? Eh bien, finalement, ce fut un gros malentendu, les services sociaux sont désolés, ils se sont trompés, ils sont un service public et ils ne peuvent pas permettre à une association 1901 d’occuper le temps inoccupé de la cuisine d’un restaurant public, la cuisine publique, cela ne se partage pas, s’est tout ou rien, ou on confie la gestion de tous les restaurants sociaux en France fonctionnant avec des bons de repas à une seule association ou alors, rien. Pourquoi ? Eh bien, parce que notre interlocutrice parle à titre de bras exécutif et non à titre de chef politique, elle assure le côté opérationnel, surveille le respect des normes, vous comprenez ... adressez-vous au politiciens, aux "intellectuels", ce sont eux qui décident. Et pourquoi elle laisse décider les autres ? Parce qu’ils argumentent plus habilement, elle se fait avoir.
      au final, blocage total, j’ai envie de pleurer.

      Autre exemple, le même jour, en bas de chez moi. La préfecture passe, avec les éboueurs qui se mettent à casser les cadenas des vélos qui n’ont pas bougé depuis 6 mois et qui sont déjà partiellement kaputt.
      Ma question : est-ce qu’il ne serait pas possible de les récupérer, les réparer et les donner à des personnes qui en auraient besoin ? Réponse : non madame, ces vélos ont des propriétaires, ils peuvent se manifester en préfecture pour les récupérer, nous les mettons à la décharge, et au bout d’un certain temps, nous les compactons. Ma question : mais dites-moi au bout de quel délai, je viendrais les récupérer. Non madame, nous ne pouvons vous communiquer l’adresse de la décharge, aussi, vous devriez vous présenter avec la facture du vélo pour l’identifier.
      Ok j’ai compris. Blocage total. Les éboueurs me disent : madame, trouvez une association qui se spécialise dans la récupération des vélos. Je m’adresse au policier : serait-ce possible ? il me dit : je ne sais pas.
      Plus tard dans la journée j’apprend que la récupération des vélos est le business des éboueurs ...
      Les normes, le respect de la loi, d’accord, mais là, au lieu d’essayer d’oeuvrer dans un but commun, la lutte contre la précarité, eh bien non, blocage, rapport de force, ayez un peu de sens critique madame !
      angela anaconda

  • On discute ou on agit ?
    Hier soir réunion à Verdun du comité retraite pour la Meuse avec des représentants du PS, du PCF, d’ATTAC, de l’UFAL et du PG. L’objectif est de préparer les actions du 27 mais aussi DE LA SUITE à donner. Il nous paraît indispensable d’inscrire le mouvement dans la durée par des présences régulières et une continuité pouvant donner l’impulsion (c’est ce que nous espérons) pour un véritable réveil des masses. Plusieurs rendez-vous ont déjà été pris.
    Ca peut marcher comme ça peut ne pas marcher mais au moins nous ne resterons pas inactifs.
    Le 27 mai réunion publique à 20h 30 à Bar le Duc à la salle des fêtes de l’hôtel de ville de bar le duc.commercynpa
    http://npa-commercy.over-blog.com

  • Comment s’étonner que la majorité du prolétariat, notamment chez les plus précaires ou précarisables, ne participe pas activement à cette lutte sur cet axe « retraites », puisqu’elle n’arrive déjà pas ou plus à bouffer, à se loger, qu’elle travaille dans des conditions de travail misérables et déshumanisantes.

    Ben... faut lire "La psychologie de masse du fascisme" de Wilhelm Reich et ça éclaire pas mal, en fait.

    Et encore, ne s’agirait-il que de ces condition-là seules, mais c’est l’ensemble de l’existence, l’ensemble des relations entre les gens qui sont pourries, la planète et ses bêtes que l’on mange ou pas qui sont pourries, l’herbe, les fleuves, la mer, tout est pourri, comme ENSEMBLE. Et cette "collaboration de classe" ici évoquée n’y est pas étrangère.

    Les gens sont pour la plupart disposés à mieux vivre ; et qu’à PRODUIT cette collaboration de classe : Là où nous en sommes pour cause de "sauvegarde de nos acquis" ???, "sauvegarde de l’emploi" ??? "sauvegarde de ceci et de cela" ??? Tout est à vaux l’eau. Le travail aliéné est de plus en plus pourri et aliénant et ce qui est essentiel à l’existence est dénutri et amoindri ; le lait du sein de nos femmes est plus pourri que la nourriture proposée dans le supermarché !

    A ne vouloir pas prendre de décision radicale, c’est l’ENSEMBLE de la société qui a parfait ce pourrissement, syndicats et partis de gôche comme de droite compris.

    Il faut en finir avec le TRAVAIL aliéné, le salariat, l’argent spéculatif, le nucléaire, la malbouffe, l’air pourri, le bruit de cette société démentielle. Il faut finir par "pendre le dernier capitaliste avec les tripes du dernier bureaucrate".

    Mais avant il faut comprendre l’inertie des masses à perdurer dans sa crasse faite de portables, de programmes télé, de nourriture gerbable et quelle digère, d’humiliation quotidienne de ses chefs, de ses patrons, de ses élus, de sa police, de sa position de chauffeur dans sa bagnole, de ses médocs à la tonne, en lisant le livre sus-cité, il faut comprendre, soi, pourquoi en acte, on participe à ce pourrissement quasi irréversible de la VIE, de SA vie en baratinant sur la "collaboration de classe".

    • il faut comprendre, soi, pourquoi en acte, on participe à ce pourrissement quasi irréversible de la VIE, de SA vie en baratinant sur la "collaboration de classe".

      Tu me pardonneras de ne pas partager une seconde ta conclusion.Pourtant il y a des choses intéressantes dans ton post....

      Mais comme tu m’as l’air parfaitement et purement désespéré ( au sens strict), si tu veux, je te file la corde pour te pendre ou le flingue, comme tu préfères, pour te brûler la cervelle.

      Evidemment, tu peux aussi militer dans une organisation paramilitaire d’extrême droite qui sera chargée d’amener le "grand homme" ou "la grande femme" qui fera tant de bien à nous pauvres abrutis à la con, contre notre volonté, et en nous faisant au passage, le plus de mal possible.

      Il y a une "grosse nuance" entre vouloir changer de société et espérer ainsi changer l’Homme, et vouloir d’abord changer l’Homme au besoin à coup de claques dans la gueule, pour changer de société.

      La condition humaine est une saloperie à vivre, mais elle est ; vouloir la hisser aux sommets de ce qu’on s’imagine être "LA" perfection pure, ça peut aussi s’appeler une grosse névrose....

      Bon courage, franchement, j’aimerais pas être dans tes grolles.

      LL

    • ""Bon courage, franchement, j’aimerais pas être dans tes grolles.""

      là , franchement tu es dure !!!

      Ce mec , tu lui a déjà proposé la corde et la balle pour en finir , et tu l’acheves avec ta conclusion !

      Ce post on pourrait le tordre avec nos mains , qu’il en coulerait des gouttes de désespoir , je ne connais pas l’auteur , ce que je sais , c’est qu’ils sont des milliers à tout voir noir , noir , et encore noir !

      certains ne votent plus , ou votent Fn , tant leur espoir est mort .
      leur parler d’actions , de greves , de révolution ne sert à rien , ils sont vivants mais morts dans leurs envies , dans leur esperance de vie ,ils ont juste la force de s’asseoir devant la télé et de regarder encore et encore ,

      NOUS DEVONS RETOURNER DANS LES CITES ABANDONNEES , NOUS DEVONS MILITER DE NOUVEAU , ASSOCS DE MASSE ? PARTIS ? SYNDICATS ? ALLER PARTOUT COMME IL Y A QUARANTE ANS , ET VENDRE LE JOURNAL LE MATIN D’UN DIMANCHE , ET COLLER L’AFFICHE AU MUR DU LENDEMAIN , COMME DISAIT JEAN .

      C’EST NOTRE TRAVAIL DE COMMUNISTES ET NOUS NE LE FAISONS PLUS !!!!

    • Pourquoi m’insultes-tu en me conseillant du paramilitaire, du Grand Homme ou du Grande Femme ? Je ne suis pas désespéré, mais la "condition humaine", comme tu dis, oui, elle l’est. Moi, je m’en moque, je m’en sors pas trop mal et j’arrive au bout de ma vie : que le monde continue ses bêtises, je n’en vois que les conséquences présentes !

      Mais il est vrai que si l’humain est désespérant, c’est parce qu’il refuse de se reconnaître... en baratinant sur un autre sujet que lui-elle.

      Pour aussi beau qu’est la monde, le monde ne peut proposer que ce qu’il a et on ne peut lui reprocher de créer la misère humaine : c’est l’humain qui crée sa propre misère et de le savoir, de savoir pourquoi ne l’intéresse pas.

      C’est à la même époque que Sigmund Freud propose la psychanalyse, ou qu’a eu lieu la découverte de la formation du gamète comme fusion des deux zygotes par Oscar Hertwige en 1875 (alors qu’on pensait, suivant la civilisation patriarcale que le fœtus était un petit homme déposé par le sperme du père dans le giron de la mère), que Karl Marx a proposé une solution : la fin du SALARIAT, et nous en somme toujours à des compromis de classe : tous ces gens étaient d’un même temps.

      Si les syndicats ont véritablement permis à la classe ouvrière de progresser dans la constatation de SON état de SON point de vue, depuis les années 50, il ne s’agit plus que de "collaboration de classe", car sinon le monde va disparaître... et les syndicats avec lui !

      Car depuis cette époque, ces syndicats n’avaient plus rien à dire qui aurait intéressé les masses sinon, effectivement, que la fin pratique des classes qui en étaient alors plus mures que maintenant. Mais ils s’en sont restreint à la "collaboration de classes", aux salaires, aux conditions de travail, etc. Et où cela nous a-t-il mené : à aujourd’hui, inévitablement, mais à ce monde qui pourrit sous les doses radioactives, PCB, plomb, mercure, plastiques en tous genres et le reste. Ce sont les ouvriers qui construisent ce monde, personnes d’autres.

      Ce ne sont pas les capitalos qui construisent pratiquement le monde, ce sont les ouvriers, personne d’autre. Et ces ouvriers sont organisés par des syndicats, une idée du monde... et on voit où on en est arrivé : des gens immobiles devant les catastrophes comme s’ils étaient installés devant leur télé ou dans un siège de ciné, à ATTENDRE la suite.

      Que disent les syndicats sur la LIBERTÉ ? Rien : c’est un truc de bourge, nous il faut qu’on travail. Que disent les syndicats sur LES libertés ? Rien : nous il nous faut du travail. Mais du travail, y’en a marre, il y en a TROP, il y a trop de production dans ce monde fini, fermé, circonscrit à UNE planète. Si tout le monde travaillait, la planète explose ! Et qui travaille ? Les ouvriers, abêtis par le travail, dès la maternelle. Trop vieille habitude d’un autre temps que ce travail qui pourrit le monde !

      Maintenant, ce qu’il nous reste à faire, c’est à ne plus travailler , à s’organiser pour supprimer le travail, que la vie redevienne vivante et gaie, sans les bruits des moteurs à explosion et leur satanée puanteur, à trouver des solutions comme ensemble. C’est à cela que les syndicats doivent s’employer et non pas à "collaborer en classe" et à "donner" du travail pour tous !

    • Bien des sociétés n’ont pas eu de monnaies tout en demeurant profondément oppressives , bien des relations d’exploitation se passe de salaires et n’en sont pas moins des relations d’oppression mais également d’exploitation (accaparant le travail des autres).

      L’exploitation des femmes, relativement généralisée, et dont on sort très lentement avec des soubresauts longs , c’est passé de salaire.

      Et puis je vais dire quelque chose à une partie des anars là dessus :

      Pendant très longtemps, même en ayant fait sauter la bourgeoisie, nous aurons besoin d’une comptabilité, d’une appréciation des heures de travail effectuées qui permettent de ne pas dilapider connement les efforts des hommes et des femmes pour adoucir la vie.

      Le salaire sera longuement l’expression abstraite permettant de donner à chacun suivant son travail et, à partir de là, permettre de développer d’une façon transparente les solidarités et de passer à chacun suivant ses besoins.

      En attendant les volontés fumeuses et prétentieuses, agressives contre les masses les plus larges, cachent effectivement un point de vue désespéré et excentré des autres.

  • Quoi que tu en dises La Louve, dont j’apprécie beaucoup tes articles ailleurs, les directions syndicales sont responsables de la régression sociale qui sévit ici et ailleurs depuis un quart de siècle (au moins).

    Je suis d’accord avec toi pour dire que les syndicats ce n’est pas seulement les directions mais c’est aussi NOUS les adhérents. Cependant pourquoi alors réélire à leurs postes de direction des Thibault, des Chérèque etc... alors que l’on sait que ce sont des réformistes à la sauce sarkozy ? pourquoi en serait-il autrement puisque les syndicats "représentatifs" sont financés en partie par l’état sarkozyste, et comme on ne mord pas la main qui vous nourrit...

    Si l’on veut faire subir à sarkozy une gamelle en ce qui concerne sa contre-réforme des retraites, il faut absolument dépasser les directions syndicales, c’est-à-dire leur poser l’ultimatum suivant :

    - soit vous ètes avec nous, les salariés et on agit ensemble dans l’intérêt des salariés,

    - soit vous ètes contre et dans ce cas pourquoi pas ne pas organiser une grève des cotisations ou rejoindre d’autres syndicats qui se mouillent plus, comme Sud par exemple. (NB : je ne fais pas de prosélytisme, je ne suis pas adhérent de Sud).

  • Participation,intéressement,primes et déroulement de carrière "au mérite",heures supplémentaires,...ect.

    C’est l’arsenal dont se dotent patronat et gouvernements depuis des décénnies.

    Organiser l’individualisme pour contrer les actions de masse.Quant aux positions de classe elles résistent de moins en moins à l’appel du fric,même s’il s’agit d’une vaste mascarade temporaire qui débouchera sur encore plus d’asservissement et d’exploitation.

    La violence du capitalisme que nous vivons,et qui va s’accentuer,ne nous laisse pas d’autre choix que celui de convaincre,et ainsi de créer le rapport de force INDISPENSABLE pour engager ce combat de classe.

    Très bonne analyse frangine,et la "couleur révolutionnaire"est en effet entre nos mains.

    Bise

    LR

  • Hum,

    je souscris sur le côté diesel cacochyme de la mobilisation sur les retraites.

    Mais ça va viendre, longuement, mais ce n’est pas facile et LL a mis le doigt sur un point qui me turlupine depuis un moment : la base revendicative.

    J’ai eu une longue discussion, ailleurs, avec un militant du POI (quand ils faisaient leur truc sur la question des chômeurs).

    Il y a deux écoles en ce sens , ceux qui disent :

    - On va tous frapper sur un seul clou en même temps, une revendication ou quelques unes bien claires, bien nettes mais en nombre très limité. Là la bataille sur les retraites est une étroitisation radicale de la riposte sociale car elle est sur une seule question.

    - On va prendre le vieux principe des cahiers de revendication, s’approchant au plus près de chaque champ des batailles sociales afin que tous s’y reconnaissent. Donc un programme très vaste de revendication afin que toutes les catégories sociales se reconnaissent dans cette bataille.

    Que ce soit une orientation ou l’autre, chacune à ses travers et ses points forts.

    Ce qu’on sait c’est de regarder les deux plus importants mobilisations avec succès de ces dernières années, le CPE, une seule revendication (mais touchant à un point très profonds , le destin ressenti de futurs travailleurs dans la jeunesse ne souhaitant pas avoir une situation de sous-travailleurs).... et la bataille du LKP, plus de 120 revendications détaillées sur lesquelles ils se sont battus comme des chiens.

    Les deux batailles ont eu des caractéristiques organisationnelles inédites (c’est ce qui les rapproche et c’est là dessus qu’il faudra bien réfléchir).

    Mais il semble quand même évident qu’on ne peut choisir entre la bataille contre les licenciements, le sort des chômeurs et la bataille des retraites par exemple.

    La segmentation des attaques de la bourgeoisie avec son appareil d’état permet de diviser les ripostes.

    Mais il s’agit bien de la bataille d’une classe bourgeoise contre une autre et qui cherche à augmenter sa part dans le prélèvement des richesses produites.

    Derrière des arguments prétextes et techniques, c’est bien par exemple, la volonté de diminuer le salaire pour sa part indirecte, qui est menée dans l’histoir des retraites.

    Le chômage relève de cette même logique globale (on vire des gens et économise ces salaires pour dégager plus de profits).

    Le liant et le lien à opérer afin que les résistances fusionnent à hauteur d’une attaque globale, c’est bien en prenant en charge l’ensemble, précis et détaillé de nos revendications, et de faire le lien particulier avec des réponses organisationnelles adaptées qui permettent une unité profonde et ancrée à partir du bas , vers le haut.

    La volonté des courants politiques dans la classe populaire peut servir profondément à l’union concrète organisationnelle et revendicative de la classe.
    Ceux qui prennent à coeur ces questions en repérant les faiblesses de nos ripostes doivent travailler ensemble à cette bataille unificatrice en objectifs, en base revendicative et organisationnelle.

    Les conditions de la victoire sont là.

    • Je reviens sur 68 donc,à ce qui se passe aujourd’hui. Bien sûr que les dirigeants (les Stals) nous ont trahis de manière abjects ,en énormes salauds qu’ils étaient ,mais ,il y a un "MAIS"nous les avons aidés et pas qu’un peu.En quoi faisant ? En leur OBEISSANT !!Là fut l’erreur de millions de camarade qui suivaient comme des moutons de Panurge ces fumiers.

      Pourquoi,me direz-vous,les suivaient-ils ? La réponse est bien simple :ils les croyaient aveuglément,ils ne pouvaient accepter que ces mecs les trahissent.Aussi,au début du mouvement tout a parfaitement fonctionné jusqu’à ce que ces salauds reprennent les choses en main.

      Parmi les manoeuvres les plus dégueulasses ils y a eu celle qui a consisté à séparer les étudiant-e-s des travailleur-euse-s. les Stals sont allés jusqu’à dire : les étudiants se foutent de vous...plus tard ils seront vos chefs...,ne les écoutez pas...Oui aussi grave que ça !!!Et,le pire,c’est que ça a (pour beaucoup) marché.

      Tout ça pour dire que,contrairement à ce qui est dit,en 68 on n’a RIEN obtenu alors que nous pouvions TOUT.

      En 68 nous avons obtenu :une augmentation du SMIG de 30%,repris 3 ans plus tard par l’inflation.
      Nous avons obtenu aussi quelques libertés syndicales dans l’entreprises et des broutilles.

      Et nous avons obtenu de nos dirigeants la promesse que si ça n’allait pas nous recommencerions.
      Voilà le tableau de 68 très résumé.

      Ne recommençons pas les mêmes erreurs,apprenons à réfléchir par nous même et gardons à l’esprit que les responsables syndicaux et politiques ne sont là que pour nous représenter,pas pour donner des ordres à la base ,pas pour décider à sa place.

      Juste un rappel : en 68 11 000 000 (onze millions) de travailleurs et travailleuses étaient en grève générale illimitée ! Et tout ça pour ça...

      REVOLUTION !!!

    • Ta vision des erreurs est assez partielle mon cher Fançois.. "stals" par ci "stals" par là, et la bande à cohne-bendit alors ? Et la position de la petite bourgeoisie ? etc etc

      "tous des stals, donc tous des pourris, ou des cons" .... Bravo on va avancer en ce moment comme ça !

      LL

    • La bande Cohn-Bendit a refuser ,sur le moment ,ces analyses pour les accepter ensuite.Quant à la petite bougeoisie elle a toujours eu la MEME POSITION ! Les stals n’étaient pas seuls ils avaient des appuis partout et,même,dans le prolétariat,c’est clair.

      Il faut le savoir,selon moi, pour ne pas recommencer les mêmes erreurs,arriver à mettre un mouvement en route et aller dans le mur parce que nous n’aurions rien retenu du passé.

      Là je parle de 68 mais si on prend l’histoire de 36 et L.Blum qui a proposé les congés payés contraint et forcé par la BOUGEOISIE qui avait peur du Front Populaire et préférait perdre une main qu’un bras,on s’aperçoit que ça ne date pas d’aujourd’hui.Qu’on les appelle stals ou pas.Les traîtres ne peuvent rien faire si on ne les suit pas.

      D’ailleurs L.Blum avait appelé à la reprise du travail et la classe ouvrière ayant répondu non et étant restée mobilisée ,c’est ELLE ,qui a obligé,la bourgeoisie et ses représentants(dont L.Blum) à faire plus.

      Dans une grève les pires des saloperies sont les "briseurs de grèves"qui se présentent sous bien des aspects.

    • Il n’y a strictement aucune mesure entre la responsabilité de l’époque du parti dominant très largement dans la classe ouvrière et Cohn Bendit.

      Chère LL il ne faut pas voir Cohn Bendit de 68 avec le miroir grossissant du présent.

      Les minuscules groupes étudiants et gauchistes de 68 ont servi de détonateurs d’une immense colère étudiante et de la jeunesse.

      Là s’arrêtent leurs responsabilités de l’époque sauf la paranoïa des dirigeants du PCF de l’’époque par rapport à quelque chose qu’ils avaient du mal à contrôler.

      Le rôle de la direction de la CGT et du PCF à l’époque, avec d’énormes remous des militants, a été de destruction des possibilités d’aller plus loin.

      On ne va pas être plus royaliste que le roi, cela a été confirmé implicitement dernièrement par Séguy , le dirigeant de la CGT de l’époque, membre du BP du PCF.

      La crainte de ne pouvoir aller plus loin a fait se précipiter la direction de la CGT de l’époque dans les bras de la bourgeoisie, notamment ceux d’un des plus éminents négociateurs qui se faisait les dents, Chirac.

      Mais au fond, quelles sont les responsabilités ? Elles sont celles de ceux qui avaient les moyens de faire autre chose.

      Mais en dehors de cela il n’y avait rien, aucun outil sérieux politique, aucune structuration des organisations de masse permettant de déborder des directions qui ne voulaient pas aller plus loin et préféraient de fait le statu quo entre les classes, source de la stabilité d’un appareil conservateur qui n’avait déjà plus la moelle d’un parti révolutionnaire.

      Reprocher aux masses de ne pas être aller plus loin, elles qui, sans consignes, s’étaient mises de nuits comme de jour, comme une trainée de poudre à occuper les usines , de Billancourt à des villes entières, c’est un peu exagéré.

      Il a manqué deux choses au moment où dans les ministères on brulait les papiers et commençait à s’enfuir, un parti révolutionnaire démocratique et décidé, et des organisations unitaires de masse aptes à prendre en main concretement l’économie du pays .

      Et il n’y avait rien de sérieux en dehors du PC. Non seulement les groupes gauchistes étaient très...gauchistes , mais en même temps completement excentrés de la classe populaire.

      Maintenant nous sommes dans une situation fondamentalement différente et nous sommes prévenus qu’il n’existe plus de parti révolutionnaire en France, et que les organisations syndicales sont l’ombre de l’ombre de ce qu’elles étaient, en plus que fragmentées et + bureaucratiques qu’il y a 42 ans.

      En filigrane nous avons notre feuille de route, réunifier le syndicalisme sur des bases de classe, de bas en haut, se doter des outils politiques nécessaires, quelque soit l’étiquette politique proclamée pour travailler à ces objectifs .

    • J’ai oublié dans les forces disponibles pour aller vers un parti révolutionnaire de type nouveau, de citer l’essentiel : une masse considérable de prolétaires, peu politisés, mais cherchant une issue anti-capitaliste qu’ils ne trouvent pas dans la camp de la gauche classique.

      Ce camp, difficilement mesurable, mais existant , nécessite une ouverture d’esprit, une adaptation qui ne tient pas à nos mots et références-réflexes.

      Mettre en mouvement une partie de ce camp sera d’avoir un parti et un réseau susceptible d’absorber un torrent d’adhésions et de contacts pour aller plus loin.

      L’enjeu est là.

  • Je parle du point de vue du camp populaire.

    Une chance ça se tente pour un parti.

    Le point de vue du camp bourgeoise n’était pas simple. Seulement 6 ans avant ils avaient demandé au contingent en Algérie de mettre en arrestation l’encadrement putchiste, demandé à la population de bloquer les aéroports pour que les paras ne se posent pas sur la RP, la digestion de deux tannées monumentales dans les guerres coloniales, 23 ans auparavant la bourgeoisie avait dû se faire tailler son empire économique par un peuple en armes, des industriels mis au ban des accusés pour collaborations.

    De Gaulle même était très indécis et désespéré (cf Massu) et ils ont fait tourner un régiment de tanks autour de la RP (une colonne a d’ailleurs été "sucrée", alors qu’il ne se passait rien encore).

    L’appareil d’état était malade, divisé et ne gouvernait plus.

    Il y a un endroit où le préfet est allé quémander de l’essence pour sa voiture de fonction auprès d’un comité de grève général.

    En haut ça ne fonctionnait plus, n’avait plus de volonté et en bas ça se révoltait.

    Il y a eu une période de quelques jours comme ça d’une situation portant les caractéristiques d’une crise révolutionnaire mais pas les forces organisées taillées à la prise du pouvoir dans le camp populaire.

    Les bons petits soldats dans le PC qui ont intériorisés l’explication officielle sur le déroulement de la crise de 68 doivent avoir la gorge nouée de ce qu’a pu raconter récemment Georges Séguy sur 68.

    La grève la plus colossale connue dans un état capitaliste se termina sans affrontement entre bourgeoisie et prolétariat, ce qui est une conclusion très rare.

    Fin du détail de l’histoire.

    "L’histoire nous mord la nuque" de Bensaïd était de penser que leur courant devait aller à marche forcée vers la construction d’un parti révolutionnaire, pensant que 68 était une répétition générale rapidement suivie par d’autres affrontements majeurs (l’inflexion sur le diagnostic de leur courant commence
    à compter de la 2eme moitié des années 70).

    L’histoire nous mord à nouveau la nuque, et les conditions qui n’existaient pas avant , existent maintenant pour la construction d’un parti révolutionnaire , constitué de milliers de militants venus du PC ou communistes sans partis, constitué de milliers du NPA, de LO, etc.

    Pa rapport à 68, des organisations comme le NPA, LO ou d’autres paraitraient surpuissantes et ouvrières par rapport à de petits groupes gauchistes de 68.

    Il manque un parti mettant au centre de sa stratégie la montée en puissance de l’organisation des travailleurs afin qu’ils aient les outils pour disputer réellement le pouvoir, qui mette la question de l’unité démocratique du syndicalisme de classe à l’ordre du jour, la préparation méthodique de batailles gagnantes de la classe populaire, etc, un intellectuel collectif du prolétariat

    Je ne partage pas l’avis de ceux qui pensent qu’un tel parti n’existera jamais d’une façon massive mais seulement dans les périodes révolutionnaires.

    L’espoir levé par le NPA à sa création , malgré les impasses qui ne lui ont pas permis d’aller plus loin a montré que des forces étaient disponibles pour cela.

    Le choix du NPA de retomber sur des grenouillages politiciens avec les partis enkystés dans l’appareil d’état a barré le chemin vers un tel objectif. Une partie de ce parti peut se reprendre et s’occupper réellement de choses sérieuses pour avancer vers un bon outil politique.

    Le front de gauche (et la partie du NPA qui souhaite y aller) représente également un autre morceau de cet espoir mais sur une ligne là carrément contre-révolutionnaire car concentré exclusivement sur un objectif institutionnel, le mouvement social étant prié là de servir de force de pression à cette fin.

    Mais de nombreux militants de ce front peuvent participer à la construction d’un réseau puis d’un parti traitant des questions sérieuses et aidant à la reconstruction d’une classe pour soi, qui ne se corsète pas en fonction d’objectifs d’enkystage institutionnel.

    La question institutionnelle, la question électorale, doivent être subordonnées aux objectifs d’un pouvoir qui ne relève pas de la démocratie étriquée bourgeoisie, mais d’une démocratie réelle, celui qui permet aux travailleurs, réellement et concretement de diriger l’économie, leurs entreprises, et par là la centralité politique.

    Il nous faut un réseau, un parti, dans la classe populaire, réfléchissant et travaillant sur l’expérience des luttes de résistance du camp populaire, extrayant ce qui marche de ce qui ne marche pas, réfléchissant aux questions d’organisation et leurs dynamiques , afin d’aboutir à des propositions d’action et d’organisation large possibles et efficaces pour gagner.

    Qui réfléchisse et travaille sur les plateformes revendicatives, qui travaille sérieusement la question des outils médiatiques, etc

    Qui travaille à l’implantation politique partout, dans les entreprises et les quartiers, qui travaille à l’implantation et la reconquête syndicale partout.

  • Bonjour,
    Comme je déteste m’exprimer incognito, malgré des divergences qui m’ont conduit à exprimer des points de vues ayant entrainé ma "supension" de BC.....(peu importe s’il s’agissait du fond ou de la forme), , ignorant si mon IP est sous "surveillance(sourire..), je me permets de loger sous mon nom le billet que j’ai pondu il ya peu sur quelques sites ...dont le "mien" petit bistro communiste.
    Sur l’essentiel, je partage le papier de L.L.
    Le besoin de débat aujourd’hui ou il ya le feu, me semble plus important que des violences "virtuelles " d’hier
    Aragon le rappelait
    "Quand les blés sont spous la grêle
    fou qui fait le délicat"


    Quel que soit le sort reservé à cette contribution au débat, cordiales salutations Communistes
    d’un de ces "EX"..SDF d’Orga réellement révolutionnaire-

    Alain Chancogne
    ,communiste girondin..


    « Nous allons vers le 27 Mai de toutes les contradictions..
    Ce sondage publié dans le dernier JDD est à regarder de près..

    http://www.lejdd.fr/divers/les-retraites.pdf
    L’article qui l’accompagne aussi..

    Citation :

    "

    Retraites : Le sondage qui bouscule les politiques

    Selon un sondage exclusif Ifop pour le Journal du Dimanche,
    40% des personnes interrogées estiment que le système de retraites a
    fait l’objet de réformes qui allaient dans le mauvais sens ces
    dernières années. 76% des Français sont par ailleurs peu ou pas
    confiants quant au niveau de leur future retraite. Des résultats passés
    au crible par trois syndicalistes.
    ..C’est la surprise de ce début d’année. Alors que le monde politique
    voit venir le débat sur les retraites avec inquiétude, les Français se
    disent prêts à faire des efforts. Notre sondage exclusif Ifop-JDD le
    révèle : les personnes interrogées accepteraient de travailler, en
    moyenne, jusqu’à 62 ans ou presque. Et 41 % des sondés seraient
    disposés à cotiser davantage pour toucher une pension satisfaisante.
    Mais les réformes précédentes n’ont pas convaincu


    fin de citaiion, suite ici :

    http://www.lejdd.fr/Societe/Emploi/Actualite/Retraites-Le-sondage-qui-bouscule-les-politiques-163575/


    C’est là que se mesurent plusieurs choses..
    Le mécontentement populaire, la perception grandissante que ce système est douloureux, inhumain , les traces visibles des coups de dague d’un Capitalisme qui frappe fort et vite percutent dans les consciences .les "limites" du "champ du possible" pour des millions de gens..Notamment les plus atteints, meurtris, fragilisés, précarisés..
    C’est sur ce terrain plein d’embûches que les forces révolutionnaires se heurtent à celles de la résignation ..Nous opposons à la facilité du"c’est foutu" , ..le courage du "rien n’est joué"..
    L’absence d’un Parti révolutionnaire est une tragédie beaucoup plus grave de conséquences que ne fut , il y aune vingtaine d’années, la décision des PC de jeter le bébé marxiste avec l’eau sale d’un communisme perverti.
    .Dans une fuite en avant des Partis, (pour cause d’effondrement du camp socialiste et stupide prétention à intégrer le camp des gens "présentables".. ,optant délibérement , dans une stratégie de la trahison de classe , pour une pseudo "mutation" : de fait alignement sur les positions de capitulation de classe ..
    Du modèle "popof" au modèle anglo -saxon., si j’ose caricaturer..
    .
    De fait cette désertion , cette capitulation crapuleuse qui ressemble un peu à celle de ces généraux qui prennent la fuite au premier coup de canon de l’ennemi avoir avoir longtemps hurlé "Aux armes".., ne pouvait que conduire aux contradictions d’aujourd’hui.

    Comment le syndicalisme qui se prétend "de classe , de masse et démocratique" (on aura reconnu la CGT) pouvait il dans cette tempête garder le cap si les teneurs de la barre (les communistes) se comportaient en types "déboussolés"..Ayant jeté à la mer la boussole du Marxisme..

    Comment les masses sans conscience de classe venue de l’"extérieur" pouvaient elles "inventer" la contre- offensive en ayant la vision d’un horizon bouché..?

    Quand la chappe de plomb du "réalisme " frappe les consciences , seules les réalités en mouvement, la lutte de classe moteur de l’histoire des Sociétés peuvent, avec un Parti qui AIDE
    sans prétendre DIRIGER tout en donnant des repères de DIRECTION, changer la donne.

    Nous sommes à la fois en 1788 et en 1942.

    En 1788 parce qu’ objectivement le "nouveau" tente de s’ouvrir un chemin en bousculant un "ancien" qui est incapable d’assurer le bonheur de l’humanité.

    En 1942 parce que Résistance et "lâche vychisme du -sauve qui peut-la crise-" sont en conflit..
    .
    Le 27 mai est un moment de l’affrontement de classe.
    Il serait tout aussi irresponsable de ne pas y voir une hirondelle prometteuse....que stupide de croire que le printemps est vraiment arrivé..
    C’est à dire de se taper la tête contre les murs en lamentations (pardon amis juifs, de cet humour) du style cher à nos "amis" gauchistes.. "Il attend quoi Thibault pour lancer la grêve générale ?

    Qu’on se comprenne : ce n’est pas ici que je vais commencer à amnistier une direction confédérale européisée , aux bottes de la CES, engluée dans une stratégie de sommet ou , objectivement, "ça roule" pour du con promis..
    En compagnie de l’ami Chérèque , en nous faisant quelques moulinets de soi disante opposition aux projets concoctés par Sarko Parisot...que le Capital entend mettre en oeuvre..avec "fil barbelé de droite" ou "vaseline de Gôôche" le moment venu de changer de chevaux..
    (on excusera ce langage qui fait référence à des pratiques sexuelles anales..ou la classe ouvrière est toujours b..ée)


     !

    En même temps, les drapeaux rouges de la CGT..rassembleront le 27 des centaines de milliers de camarades, de"compagnons de misère" qui loin, très loin de "nos " débats de spécialistes, d’initiés, cherchent à exprimer leurs colères , leur espoir...

    C’est patiemment, mais sans rien lâcher sur le fond, fraternellement comme jamais, unitaires pour1000, bref , Révolutionnaires de notre temps que nous serons dans ces luttes..
    Parce que tout ce qui est mégotage devant ce qui bouge, haussement d’ épaule, apparence de dédain parce que la barre n’est pas à la hauteur que nous souhaiterions qu’elle soit serait un cadeau de la même trempe que toute alignement sur le niveau le plus bas des consciences, ou l’entretien du rêve d’un nouveau Mai 68....
    Je le dis crument avec un rien de provoc : je ne déroulerai pas un tapis rose sous les pieds de Martine , de Dominique, de Jean Luc ou de marieJO.. ;pas plus que sous les godasses d’un Bernard , d’un François ou d’un Jean Claude..., en baissant la garde..
    C’est avec les yeux grands ouverts sur des réalités chaque jour en mouvement, c’est avec un regard vers Athènes ou Madrid qui s’agitent, c’est avec la lucidité qui me rappelle qu’on ne dissoudra pas notre peuple pour le remplacer par un à notre convenance que, comme vous, je serai dans la manif du 27..
    J’en suis là ce soir.

    Si c’est plus que "discutable" comme raisonnement..discutons !!
    A.C.

    Ce jeudi 20 mai 15h21 »

    ..

  • La Louve fait cependant la part trop belle à la CGT. Non pas que les camarades, à la base ne soient pas sincères et combattifs. Mais la direction est clairement contre-révolutionnaire. Donc on est à la Cgt souvent faute de mieux. Ce sujet mériterait bien sûr un plus large développement. Dans ce que nous dit l’article se révèle la faillite des idéologies issues du marxisme-léninisme et de leur stratégie, le Parti directif et salvateur. La Louve a posé de bonnes questions et il serait dérisoire d’y répondre en présentant la profession de foi de son groupuscule ou en renvoyant le lecteur à une adresse de blog où "tout est dit". Je me contente de laisser ici un texte que je viens d’écrire et que j’ai passe hier sur le net :

    L’attitude de Strauss-Khan, des autres dirigeants socialistes, rejoint celle du gouvernement dans le « iln’y a pas d’autre solution ». Il faut distiller au maximum la résignation, pilonner l’opinion publique, l’attendrir avant de la passer à la casserole. On craint la révolte.

    Le gouvernement, ayant déjà testé pas quelques fuites les réactions, tait encore ce que tout le monde sait : sa volonté de baisser les retraites pour faire des économies budgétaires.
    Une chose et sûre : il n’y a pas grande différence entre la gauche et la droite quant à la politique des retraites !

    C’est le « politiquement correct » qui est admis et donc une baisse des revenus du quidam moyen pour tenter de combler les déficits budgétaires. Pascal Riché, sur Rue89, montrait, dans un récent article la vanité d’une telle politique.
    Cette réduction du montant des retraites engage pour l’avenir, pour ceux qui en ont les moyens, à une retraite par capitalisation, qui de complémentaire passera peu à peu pour l’essentiel du dispositif futur. Ainsi, comme le veut Madame Parisot, le régime par répartition serait voué, quoiqu’en dise le gouvernement, à la disparition.

    Pour trouver des solutions il ne faut pas seulement se placer sur un terrain abstrait de l’anticapitalisme, mais avoir une vision claire et concrète des choses, distinguer certaines supercheries. Ainsi on nous dit que toute redistribution dans le sens capital-travail (pour les retraites comme pour le reste) est impossible car cela entrainerait la fuite des capitaux et le départ des capitalistes dans la foulée. Autrement dit on aurait encore bien de la chance de pouvoir se faire exploiter comme c’est le cas aujourd’hui !

    La seule solution passe par une reprise de l’outil de production, une autogestion, comme cela avait été envisagé à Dreux, dans l’entreprise Philips. L’UGTG-LKP, en Guadeloupe, voici quelques mois, avait ainsi annoncé clairement la couleur au moment où les patrons, à la Pagnol, menaçaient de partir : qu’ils le fassent, on les encourage même à f…le camp le plus vite possible.

    L’essentiel en cas de crise – et même sans crise – est d’assurer aux retraités un revenu pérenne qui ne puisse être dévalorisé comme c’est le cas avec la monnaie. On a déjà un échantillon de ce qu’il pourrait en être. Mais on a encore rien vu en cas d’hyper inflation. Donc il convient d’assurer aux seniors un toit, des moyens de transports, des soins, l’accès aux loisirs. Voilà ce que pourrait aussi ajouter Monsieur Sarkozy à la Constitution !

    Pour une telle réalisation, pour proposer cette alternative, l’action est nécessaire. Aujourd’hui il existe nombre de collectifs retraites, à travers le pays, qui jouent un rôle positif de désintox face à l’offensive medef-gouvernement-média. Mais on ne peut se contenter d’un mouvement d’opinion. Le pouvoir se moque des pétitions, des réunions publiques, voire des référendums. La stratégie de Sarko et Parisot est celle d’une politique thatchérienne, d’une stratégie du choc qui ne peut comprendre qu’un seul message celui du rapport de force au plus haut niveau imposé dans les boîtes autant que dans la rue et donc d’une grève générale qui met en cause à travers les retraites le système capitaliste dans son ensemble. Système, rappelons le, sévèrement attaqué dans son ensemble.

    Un immense chantier est devant ceux qui ont compris, d’abord celui de l’information des salariés-e-s sur ce qui les attend afin de battre en brèche la propagande état-médias de marché-patronat et celui de la mobilisation dans les entreprises qui ne peut être le fait des collectifs mais des travailleurs-ses et de leurs syndicats. En revanche les collectifs doivent s’orienter vers une information à la sortie des entreprises et avoir pour objectif de favoriser la prise de parole et la sortie de la torpeur ambiante. C’est ce qu’il faut encourager.

    • Le pouvoir se moque des pétitions, des réunions publiques, voire des référendums. La stratégie de Sarko et Parisot est celle d’une politique thatchérienne, d’une stratégie du choc qui ne peut comprendre qu’un seul message celui du rapport de force au plus haut niveau imposé dans les boîtes autant que dans la rue et donc d’une grève générale qui met en cause à travers les retraites le système capitaliste dans son ensemble. Système, rappelons le, sévèrement attaqué dans son ensemble.

      En effet, nous sommes dans un moment du rapport de force où c’est la raison de celui qui cognera le plus dur qui va l’emporter. Entièrement d’accord : ce pouvoir ne comprend que les baffes dans la gueule. Là, on est actuellement très en dessous de ce qu’exige le comportement de ces salopards à notre endroit.

      Un immense chantier est devant ceux qui ont compris, d’abord celui de l’information des salariés-e-s sur ce qui les attend afin de battre en brèche la propagande état-médias de marché-patronat et celui de la mobilisation dans les entreprises qui ne peut être le fait des collectifs mais des travailleurs-ses et de leurs syndicats. En revanche les collectifs doivent s’orienter vers une information à la sortie des entreprises et avoir pour objectif de favoriser la prise de parole et la sortie de la torpeur ambiante. C’est ce qu’il faut encourager.

      C’est juste et ce serait déjà énorme.

      Et comme le dit A Chancogne plus haut : ni haussement d’épaule dédaigneux, ni convulsions hystériques et stériles, ni enthousiasme délirant qui croirait que "la révolution" est là, face à ce qui nous tombe sur la gueule, et face aux réactions et aux frémissements que l’on sent monter et que NOUS devons absolument encourager, aider à s’exprimer et à s’organiser (et plus si affinités ;))....

      LL

    • Il faut taire des fausses différences, des discussions conflictuelles qui n’aident en rien face aux besoins présents. Ainsi on me rapporte des débats et une querelle ridicule entre le NPA et LO lors de la fête de cette dernière. Le NPA ferait le jeu du Hamas et du Hezbollah... Discussions byzantines de crèmeries gauchistes.

  • Merci la Louve , ca me fait du bien de voir qui en a qui pense encore a la lutte des classes .

  • la manif du 27mai sera sans doute un fiasco les français prèfaire remplir les stades pauvre france.

    • Réaction "sportive"

      OUI.....Pourquoi alors ne pas faire les manifs dans les stades ?
      *
       :)
      Pardon de cet humour assez gland mais ce type de post qui évoque une France de la résignation, peuplée dee beaufs, ça m’énerve..
      Et c’est à la fois contre productif est faux..
      les ECHOS , eux, rappellent que

      Plus d’un Français sur deux juge possible une autre solution que l’allongement de la durée d’activité

      ......................
      Selon le baromètre BVA pour « Les Echos », France Info et Absoluce, 53 % des Français estiment que le système de retraite peut perdurer sans allonger la durée d’activité

      Et le journal dans cet article

      http://www.lesechos.fr/info/france/020560724880-plus-d-un-francais-sur-deux-juge-possible-une-autre-solution-que-l-allongement-de-la-duree-d-activite.htm.

      de rappeler que..

      ".Les résultats vont à rebours des projets du gouvernement, à la veille de la journée de mobilisation programmée demain par les centrales syndicales. « On rentre dans le dur »,

      Alors, Cher Ami et camarade.
      Au lieu de nous lamenter ..puisque tu fais allusion aux Stades..comme dirait Thierry Henry. ;"Si on se donnait un..coup de main.." pour GAGNER
      (Pardon).....

      C’est exact que ce n’est pas facile (Cf le papier de L.L. qui ouvre ce sujet, et modestement rappelé ma propre contribution)..mais demain..aller à la manif..n’empêche pas de regarder ce qui se passe dans les stades.
      Tiens Roland Garros et l’offensive Sarkoso-parisote..contre la RETRAITE Il ya ... un lien que l’ami Deloume traqueur rde "chancognerie médocaine " aura trouvé :
      c’est une affaire de RACKET...

      Alors , on monte au (dé).Filé ?............

      Les seuls combats perdus sont ceux qui ne sont pas menés, n’est ce point ?

      A ce "stade" de l’affrontement de classe, pas question de rester dans les tribunes !
      Entrons dans le match !.

      Allez les ROUGES, Allez les Rouges...*
      Et avant pour la Ola..

      ........et un HOLLA..de classe

      "Qui défile pas s ’fera baisé , ouais, ouais" "
      AC