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SOS-Racisme aurait percu des fonds spéciaux de Matignon

vendredi 6 juin 2003 - Contacter l'auteur

SOS-Racisme a perçu, selon la Cour des comptes, des fonds spéciaux de Matignon.

Le coup est rude pour Malek Boutih. A trois jours de son départ de la
présidence de SOS-Racisme, et son entrée au bureau national du PS, il doit
répondre de la santé financière de son association. Selon le quotidien Le
Figaro, SOS-Racisme aurait bénéficié des fonds spéciaux de Matignon pour un
montant de 1,5 million de francs en 2001.

En dénonçant de "graves insuffisances de gestion et de rigueur", le rapport
de la Cour, transmis mercredi 4 juin au ministère des affaires sociales, est
d’une rare sévérité pour la gestion de l’association entre 1997 et 2001.

La Cour des comptes reproche à SOS-Racisme une gestion financière
désastreuse. L’association n’aurait pas pu échapper à la mise en
redressement judiciaire sans des concours financiers publics répétés :
"Subventions au titre de la réserve parlementaire en 1998, 1999, 2000 sur le
budget de l’éducation nationale, et surtout en 2001, souligne le rapport,
subvention des services du premier ministre au titre des fonds spéciaux". M.
Boutih confirme avoir reçu une "aide spéciale de Matignon" mais pour un
montant de 500 000 francs, et 1 million de subvention du ministère des
affaires sociales.

Le rapport relève, entre autres "erreurs", des frais non justifiés de 400
000 francs en 2000, et de 205 000 francs en 2001, une gestion du personnel
floue, et des prêts d’honneur répétés à d’anciens dirigeants ou militants de
SOS. L’ancien président, Fodé Sylla, député européen, serait parti avec la
voiture de fonction de l’association et n’aurait jamais remboursé un emprunt
de 60 000 francs. " L’association lui a fait un don au moment du décès de sa
petite fille", se justifie Malek Boutih. Un don que la Cour juge "peu
conforme à l’objet de l’association".

De même, la trésorerie de SOS-Racisme aurait pris en charge, via un prêt
d’honneur, les frais de justice de deux responsables de l’Association
régionale pour la formation et l’éducation des migrants (Arfem), et aurait
payé, en décembre 1998, leur condamnation à 273 427 francs (41 684 euros) et
589 135 francs (89 813 euros) d’amende pour "détournement de fonds et recel
d’abus de confiance". Le tribunal leur reprochait des emplois fictifs dans
l’Arfel. Les prêts ont été remboursés, mais la Cour a estimé que "cette aide
n’entrait pas dans l’objet de l’association". Le Figaro cite les noms
d’Harlem Désir et Hayette Boudjema. M. Boutih confirme le don pour Mme
Boudjema mais dément formellement tout prêt à M. Désir.

Ce n’est pas la première fois que les "potes" connaissent des difficultés
financières. SOS-Racisme subit, depuis dix ans, la baisse de ses effectifs
militants et le retrait de certains mécènes. Déjà en 1997, la Cour des
comptes critiquait sa gestion. Trois ans plus tard, l’association était en
cessation de paiement et placée en redressement judiciaire après la plainte
d’un imprimeur qui réclamait une dette de 50 000 francs. Le jugement fut
annulé mais les finances de l’association sont restées exsangues. En mai
2002, le gouvernement décidait de placer les "potes" sous tutelle. M. Boutih
se veut serein : " Nous avons fait des fautes comme beaucoup d’associations,
mais le rapport ne relève ni faute pénale ni détournement de fonds."

- http://www.lemonde.fr/article/0,5987,3226—322858-,00.html

Mots clés : Economie-budget / Mouvement /
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