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Stratégies médiatiques-Guerre de classes-Loi travail.
Publie le jeudi 2 juin 2016 par Open-Publishing1 commentaire
En trois mois, nous avons tous pu voir à quel point les médias, qu’ils soient estampillés réacs et droitards comme TF1 ou cool et branchés comme Canal+ servent les intérêts des actionnaires, du pouvoir, et plus fondamentalement, les intérêts des capitalistes.
Par la désinformation, des choix éditoriaux orientés, ces médias n’hésitent pas à faire la guerre idéologique à la classe des exploités, à mépriser, amoindrir, affaiblir tout ce que la classe laborieuse souhaite défendre, à commencer par sa propre dignité.
En trois mois, plusieurs stratégies se sont distinguées. Avec des objectifs différents, mais pour toujours servir la soupe au pouvoir et attaquer idéologiquement la population en lutte.
Il y a eu le temps des casseurs.
La stratégie médiatique qui consiste à ne pas parler des centaines de milliers de personnes qui se mobilisent dans la rue les jours de manifestations, mais qui consiste par contre à grossir à la loupe la poignée d’actes séditieux ( que ses actes soient pertinents ou non, n’est ici pas la question ).
Cette stratégie, bien qu’embryonnaire, a commencé à pointer avec le fait divers Finkielkrault, où les médias complaisants ont relayé les délires de persécution de l’académicien racialiste. On ne parlait plus de la situation inédite des milliers de citoyens se retrouvant le soir sur les places pour parler politique, mais des partisans de, je cite, ’’Pol Pot’’
Puis cet angle stratégique s’est affiné et a été ensuite plus qu’assumé.
Pendant plus d’un mois de mobilisation, l’intérêt médiatique pour la casse, les casseurs, la violence a supplanté l’intérêt pour les raisons politiques qui fédéraient le mouvement de lutte.
Cette stratégie a connu son point d’orgue avec l’épisode de la voiture de police brûlée, dont le traitement en boucle, et le rôle de propagande inouï, peuvent interroger sur son origine tant cet épisode à autorisé à la classe politique relayée par les médias de se répandre.
Aussi, pendant que les médias se concentraient sur les images de casses, peu de place pour montrer les dizaines de documents vidéo attestant des violences policières sur la période.
Il y a eu ensuite le temps de la stigmatisation de la CGT et de la rhétorique nauséabonde de l’anti-syndicalisme.
La solidarité d’une partie des travailleurs dans la lutte a permis l’expression et l’utilisation de l’outil syndical, au pluriel, et de rentrer dans des modes de lutte concrets liés à la production. La stratégie médiatique de ne pointer que les casseurs, semblait s’appliquer à un temps de la lutte informel où la jeunesse pouvait représenter encore une menace structurante.
Quand le temps de la grève dans des secteurs clés de l’économie est venue, la stratégie médiatique s’est elle aussi mutée, pour se convertir et se concentrer sur la haine anti syndicale et particulièrement anti CGT. Il ne s’agissait plus de se concentrer seulement sur les casseurs, mais surtout d’attaquer frontalement l’action syndicale. D’autant que sur le terrain, la tentative de division entre les forces autonomes et syndicales espérée par la stratégies médiatique, a échoué, puisque de nombreuses actions partout dans le pays, ont été réalisé par des syndicalistes ET des forces autonomes.
Là encore, partout, se sont répandus éditorialistes, journalistes et politiques pour évoquer le Stalinismes, le Totalitarisme et faire se dresser la population ’’ pleine de bon sens ’’ contre les syndicats ’’autoritaires’’d’un autre temps.
Si bien que des syndicalistes, dans le silence médiatique, ont été pris pour cible, violemment, par des furieux haineux, remplis des discours médiatiques et politiques.
Pourtant, malgré les efforts de la propagande médiatique, l’action syndicale reste conséquente et à ce jour de nombreuses et importantes actions, grèves, blocages de l’économie continuent de structurer la lutte contre la loi travail.
C’est pourquoi il se dessine une nouvelle tendance stratégique médiatique.
La stratégie du pourrissement, de la lassitude et de l’importance secondaire du mouvement face aux catastrophes, sinistres, ou événements ’’ mondiaux’’ .
Cette stratégie a commencé avec l’épisode du crash de l’air bus.
Alors qu’aucune rédaction ne pouvait prétendre connaître l’origine du drame, la volonté d’orienter l’accident vers la thèse terroriste a été assumé par les médias. Alimenter la peur, entretenir un climat anxiogène lié aux attentats de Novembre, et par la même, esquiver littéralement de rendre compte objectivement de toutes les facettes du mouvement contre la loi travail le jour de la catastrophe.
Pendant trois jours, alors même que des secteurs clés de l’économie rentraient en grève, les médias bien qu’ignorant tout du drame, en ont pleinement profité pour esquiver l’actualité social.
Il en est de même aujourd’hui, jour ne grève, avec les intempéries et les inondations.
Par exemple,ce Jeudi, la rédaction d’une des chaînes nationales de Bolloré, n’a pas trouvé important de relayer la journée de grève et de rendre compte des mobilisation en France, alors que des dizaines d’actions d’envergures sont comptabilisées partout en France.
Sur certains journaux en ligne nationaux, comme Libé, rien. Pourtant il était courant au début du mouvement de lire en live le déroulement des journées. Terminé.
Sur certaines chaînes, l’info sur le mouvement est traitée avec la désinvolture du fait divers...
Heureusement que les camarades de Saint-Nazaire sont parvenus à couper l’électricité, quelques heures, parce qu’autrement....rien !
L’Euro approchant, la bourgeoisie, et ses médias, ont évidement, envie d ’en finir avec la séquence de mobilisation. Le retour à l’ordre, à la normale capitaliste s’impose.
Nous ne les laisseront pas dicter leur calendrier. Nous imposeront notre temporalité !
Évidement, il ne s’agit pas de se laisser influencer par les médias et leur façon de nous représenter.
La classe ouvrière n’a pas besoin d’être validée par les crapules pour se sentir légitime et exister, mais en même temps, il est intéressant d’être conscient des stratégies de l’ennemie dans la guerre d’opinion et la guerre idéologique. Pour mieux désamorcer les pièges qu’ils nous tendent.
– Ils veulent nous effacer, soyons bruyants et visibles !
– Ils veulent nous diviser, soyons unis !
– Ils nous veulent le couteau entre les dents, soyons responsables et dignes !
– Ils nous veulent mous et informes, soyons organisés et séditieux !
Vive la grève.
Crève la loi travail.
Messages
1. Stratégies médiatiques-Guerre de classes-Loi travail., 2 juin 2016, 17:17, par Aspaar
Les medias que cela soit les quotidiens le Monde, le Figaro & le Point , TF 1 & Canal plus , etc, ne sont plus des medias d’information car ils font tous campagne pour l’idéologie dominante et pour le néolibéralisme.
Ces medias contribuent d’une part à la fabrication et à la diffusion de propagande contre la classe des exploités !
D’autre part au nom de l’ idéologie réactionnaire, le capitalisme neoliberal, ces medias justifient les mensonges et les manipulations continues contre la classe laborieuse, contre les syndicalistes ,contre la CGT et la gauche .
En 2016 cette fameuse démocratie bourgeoise ou la démocratie des 1% , est coincée entre Macron & Le Pen , Trump & Clinton , Al Assad et Daesh !
Et si la loi "Travail " est du « progrès » , si Macron , Valls , Hollande & Trump sont des hommes de l’avenir, alors la démocratie bourgeoise et le système capitaliste n’ont plus aucun avenir.