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TRAITEMENT MEDIATIQUE DES MANIFESTATIONS CONTRE LA LOI TRAVAIL : JOURNALISTES, RETROUVONS LES BONNES DISTANCES !

par SNJ-CGT

Publie le lundi 16 mai 2016 par SNJ-CGT - Open-Publishing
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De plus en plus de journalistes –
des équipes de télé
vision
en particulier –
sont
expulsés des cortèges par des manifestants, se font bo
usculer et voi
ent leur matériel
jeté à terre.
Jugés indésirables par une partie de ce
ux qui manifestent contre la « 
loi
travail
 », ils sont considérés comme les porte-parole des pouvoirs politique et
économique ... et de la police.

Cette méfiance et cette d
éfiance vis-à-vis de ceux qui font profession de témoigner
doi
ven
t nous interroger. S’il n’est pas acceptable que des journalistes soient
agressés alors qu’ils font leur travail, le traitement médiatique des manifestations,
avec une focalisation sur les vi
olences et les « 
casseurs
 » par les journaux télévisés,
toutes chaînes confondues, pose question.

Comme si le gouvernement avait besoin d’auxiliaires pour
décrédibiliser une
contestation populaire
majoritaire dans l’opinion
de la loi travail. Le SNJ-CGT
regrette
que certains journalistes y contribuent par obéissance à leur hiérarchi
e
, par réflexe
sensationnaliste, par manque de recul, par négligence des principes professionnels
...

Pourtant les règles
de notre profession sont
claires
 : « 
un journaliste di
gne de ce nom
...
/..
.
tient la calomnie,
les accusations sans pr
euves, la déformation des faits, le
mensonge
pour les plus graves fautes professionnelles, .../
...
tient le scrupule et le
sou
c
i de la justice pour des règles premières, ne confond pas son rôle avec
celui d
u
policier
 ». (
Charte des devoirs
professionnels des
journaliste
s français
, juillet 1918,
révisée en 1938
).

Le SNJ-CGT regrette que dans certaines rédactions, les journalistes et leur
hiérarchie aient l’indignation
sélective à l’occasion des mouve
ments soc
iaux. Quand
des portiques d’éco
taxes sont détruits, les responsables ne sont pas des
« 
casseurs
 » mais des « 
bonnets rouges
 » symboles d’une région en lutte. Quand,
après une semaine de mobilisation des agriculteurs,
le
montant des dégâts se monte
à 4 millions
d’euros
, on ne parle pas de casseurs mais de
« 
colère
compréhensible
 »
d’une population en souffrance.

Rien à voir avec le lynchage médiatique subi par les salariés en lutte de Goodyear ou
d’Air France qui n’ont pas bénéficié, loin de là, de
la même mansuétude de la part de
la « 
grande presse
 ».
Cette dernière n’a pas non plus beaucoup rappelé les 8000
emplois supprimés, la fermeture d’Aulnay ou le
sauvet
age par l’Etat de la banque
PSA-finance
lors de l’annonce du salaire indécent du PDG de P
eugeot (5,2 millions
d’euros en 2015). O
u
le contrat de compétitivité et les mesures de modérations
salariales chez Renault en 2013 qui ont permis à son PDG d’augmenter sa
rémunération de 2,6 à 7,2 millions d’euros en un an
 !

Pour le SNJ-CGT la violence
est d’abord celle des salaires indécents des PDG du
CAC 40 et d’u
n système économique qui broie
les plus faibles. Il y a bien d’autres
violences à rappeler, à interroger et à dénoncer que celles des bris de vitrines
d’agences bancaires ou de boutiques de
marques de luxe
 !

Si les journalistes doivent témoigner des violences lors des manifestations contre la
loi travail,
ils doivent aussi rendre compte des violences policières inacceptables
comme
les tirs de flash-ball dans les visages, les lancers de gren
ade de
désencerclement
en hauteur et non au sol, les coups de matraque sur des
manifestants assis, ou la tactique provocatrice de la coupure des cortèges
 !

Il y a suffisamment de témoignages, de récits et d’images de blessures sur les
réseaux sociaux pour
que les journalistes trouvent matière à relater de manière
équilibrée de la réalité du malaise social qui s’exprime dans les rues du pays.