Accueil > Trop de manif !
Il faudrait penser a organiser les manifs plus longtemps à l’avance et surtout moins souvent.
Nous nous ridiculisons à force d’organiser manif sur manif, de plus en plus petites et inefficaces.
Cela ne sert à rien de signer des appels à manifester sans parvenir à motiver les troupes. Nous affichons ainsi nos faiblesses.
Réfléchir à la question suivante : qu’est-ce qui motive les gens à venir à la manif ? A quand les manifs qui font envie ?
C’est le moment de se creuser les méninges afin de trouver d’autre moyens d’actions.
Peut-être tout simplement en cumulant les revendications dans des manifs unitaires par ses participants mais aussi par ses sujets de contestation.
Francesca





Messages
1. > Trop de manif !, 15 décembre 2005, 11:49
Ca vaudrait peut-être le coup de demander à une agence de com’ de se pencher sur la question ?
1. > Trop de manif !, 15 décembre 2005, 11:58
Non merci !
Francesca
2. > Trop de manif !, 15 décembre 2005, 12:56
Ok. Ma première proposition était farfelue. J’essaie encore.
Je me souviens d’un ministre qui avait eu envie de promouvoir la musique. Il avait fait la fête de la Musique. On pourrait demander à Lang de nous aider ? Peut-être qu’il suggérerait une fête de la Manif ? On se retrouverait tous et on manifesterait dans la joie.
(ok, c’est pas constructif... mais la façon dont le sujet a été amené m’a inspiré...)
3. > Trop de manif !, 15 décembre 2005, 13:31
Sans Jack Lang alors !!
F
2. > Trop de manif !, 15 décembre 2005, 12:30
A quand les manifs qui font envie ? A partir de mai jusqu’à septembre...
1. > Trop de manif !, 15 décembre 2005, 12:57
Je sens de l’ironie dans cette réponse.
On peut éluder la question mais cela ne rendra pas nos manif plus festives ni plus efficaces...
Francesca
3. > Trop de manif !, 15 décembre 2005, 13:58
voir à ce sujet : http://altermonde-levillage.nuxit.net/article.php3?id_article=3868
Léo
1. > Trop de manif !, 15 décembre 2005, 20:36
S’attaquer à l’économie, au nerf de la guerre, voilà ce qui a un impact.
Plutôt que parader dans les rues sous de jolies banderolles bariolées, au rythme entrainant de "Bellaciao-ciao-ciao", envahir les centres névralgiques de l’économie, les paralyser, mais attention faut être NOMBREUX, trés... Sinon gare aux greffés de la matraque !
Evidemment jamais une organisation syndicale ne lancera un tel mot d’ordre, d’où la nécessité impérieuse de s’organiser en collectifs interpro réellement indépendants de l’influence de ces structures de lutte d’un autre age...
Imaginez : une belle manif de 100 000 personnes (finalement assez courantes dans des villes comme Paris, Marseille, Toulouse...) : Quel coût financier pour le patronat ? zéro, nada, quetchi.
La même foule répartie en une dizaine de groupes, soit une dizaine de sites clefs occupés par 10000 énervés...Blocus Total (sans jeu de mot, quoique...).
La même chose dans toutes les grandes villes de france... Le cahos. Et nous voilà enfin en position de dialogue équitable...
Ca parait si simple, que les organisations syndicales qui, il faut le reconnaître sont les seules aujourd’hui à pouvoir rassembler de telles foules, sont COU-PA-BLES de complicité, qu’elles soient contentes ou pas de l’entendre !
Alors puisque ce ne sera pas avec elles, ce devra donc être SANS.
(Reste à savoir comment, et là...)
Leclodo
2. > Trop de manif !, 15 décembre 2005, 20:57
C’est qu’il est pas bête du tout ce garçon là !
100 000 lascards sur un boulevard, ça fait chier les alentours du boulevard, mais 100 fois 1000 personnes qui bloquent les entrées et sorties de villes, accès aux gares, aéroports, centres industriels, ça gène tout le pays. Encore faut-il effectivement des coordinateurs qui ne soit pas mous du chapeau. Bien vu qd meme.
3. > Trop de manif !, 15 décembre 2005, 21:46
La révolution quoi...
4. > Trop de manif !, 16 décembre 2005, 00:45
Bravo, le Clodo..c’est en effet dans ce sens là qu’il faut aller.
Marre de reculer...Le rapport de force est en notre faveur : les pauvres sont plus nombreux.
Alors, appliquons la désobéissance civile et...civique.
Les manifs de la Cégéte un jour, puis au boulot le lendemain font ricaner le medef et ses valets.
Pour les médias, c’est la curée : y z’étaient heureux sur rance inter et consort d’annoncer que les lignes B etc... avaient repris le boulot : salauds de grévistes.
Et si qu’on allait chatouiller un peu ces bonimenteurs empapaoutés le cul au chaud derrière leur micro...y verraient d’près la gueule du populo.
Ali
4. > Trop de manif !, 15 décembre 2005, 22:20
Francesca,
Tu cherches d’autres moyens d’action pour être plus efficace. Tu as pourtant une partie de la réponse dans ta réflexion :
« …manif, de plus en plus petites et inefficaces »
« …sans parvenir à motiver les troupes »
Avec tes deux constats, on peut dire qu’il est inutile de chercher d’autres moyens d’action, car nous n’allons jamais au bout de ceux que nous avons.
L’attentisme, le repli sur soi, le « laisser faire aux autres », les crédits des maisons, les leasings à honorer, les vacances à ne pas manquer, le patron qui fait peur, le manque à gagner, tout cet égoïsme, ces « privilèges » qu’il faut assurer font que chacun reste chez soi.
Chacun doit prendre conscience qu’il est acteur dans notre société et ne pas toujours dire : « Mais çà sert à rien » ou bien « « Ils » font ce qu’ « Ils » veulent » ; quand on pose la question : Qui « ILS » ? La réponse est déroutante : « le gouvernement ! »(sic).
Nous avons donc pour beaucoup, des élus au gouvernement que nous avons installé, qui peuvent faire ce qu’ils veulent (puisque c’est ainsi) et que nous ne pourrons jamais désinstaller.
Qu’est ce qui peut nous motiver ? MAIS TOUT !!!
Ceux et celles qui ne sont pas motivé(e)s avec tout ce que ces « élus » leurs balancent à travers la gueule, cela va être difficile de les motiver. Leclodo écrit qu’il faut envahir, bloquer les centres névralgiques décisionnels, paralyser, et affronter les matraques des CRS .
À LA SOUMISSION, Leclodo activera « la pétoche » . Il couche sur papier sa stratégie mais il reconnaît tout de suite qu’il faut être NOMBREUX, et l’on revient donc à tes propres questions notamment : Comment être plus nombreux ?
On se mord la queue ! Si je peux m’exprimer ainsi. Je dois en déduire que nos gouvernants ont raison de nous éclater, nous le méritons.
De plus, si pour descendre en masse dans la rue nous devons d’abord attendre l’ordre des dirigeants de nos centrales syndicales, il ne faut pas ensuite pleurer que nous sommes manipulés.
À ceux et à celles qui attendent dans leur coin que cela s’améliore grâce à des puissances occultes, ils n’ont qu’à attendre dans la bergerie, j’espère qu’ils ne contamineront pas leurs enfants du virus de la soumission, du profil bas et qu’ils ne leur apprendront pas à BÉLER comme eux !
Esteban
1. > Trop de manif !, 15 décembre 2005, 23:22
Il ne s’agit pas d’aller à l’affrontement, ce serait leur faire trop grand honneur, mais bien au contraire d’occcuper simultanément plusieurs sites de plusieurs villes à chaque fois en grand nombre. Pour évacuer plusieurs milliers de manifestants, même pacifiques, il faut pas mal de casqués...et là où ils sont occupés, ils ne sont pas ailleurs. En outre, plusieurs milliers de manifestants ça ne s’embarque pas au poste. Donc une fois dispersée, la manif a tt loisir de revenir sur les lieux, pendant que les bottes cirées s’en vont au pas de charge libérer une autre place assiégée par toute cette... Racaille.
Quand à la question de la mobilisation, Esteban, je reconnais que tu touches là le point sensible.
Mais les collectifs de lutte sont nombreux, et une alliance coordonnée de ces derniers, à l’occasion d’une manif à l’initiative ou pas des centrales syndicales pourrait aboutir à une forme de lutte efficace, car adaptée à notre temps.
Lutter sans influer sur l’économie revient à pisser dans un violon. Cette évidence déclamée, il reste à se donner les moyens de l’action. De l’action efficace.
Leclodo
2. > Trop de manif !, 16 décembre 2005, 00:49
Je crois surtout qu’il faut donner des perspectives aux manifestants. La plupart du temps, à peine arrivés au bout du parcours, les organisateurs s’empressent de quasiment congédier les manifestants, comme s’ils étaient pressés de se débarasser d’eux. On l’a encore vu lors de la manif contre la précarité allant de Chateau Rouge à la Place Clichy. Heureusement, AC ! et les intermittents et précaires avaient prévu une action et on s’est retrouvé à plusieurs dizaines chez Lenôtre, la boutique de luxe, et nous avons pu repartir avec la totalités des vitrines : champagne, foies gras, charcuterie fine, gateaux, qui ont été partagés avec le 9ème collectif de sans-papiers.
Voilà du concret. Ça peut sembler pas grand chose, mais c’est mieux qu’une manif de traîne savates, qui ne dérange personne. Au moins, devant une table garnie, on a pu envisager d’autres perspectives de luttes convergentes...
Et je termine par une proposition concrète. Ce vendredi à midi, il y a une AG des intermittents au Théâtre de la Ville, organisée par la Coordination des intermittents et précaires et la CGT-spectacle.
L’ordre du jour concerne tout le monde puisqu’il s’agit des négociations UNEDIC qui doivent s’achever ce même jour par un accord au rabais et une nouvelle diminution des droits des chômeurs, aussi bien du régîme général que des annexes 8 et 10 (intermittents du spectacle).
À l’issue de l’AG, départ pour une action forte. Nous avons besoin du maximum de monde pour participer ou soutenir.
Alors, c’est pas mieux que la dispersion dans des petites manifs ?
Kaoutchouc
3. Réponse à Esteban, 16 décembre 2005, 09:24
Esteban,
Tes arguments je les connais et je les ai partagés.
Quand on milite à la CGT, on n’imagine même pas qu’on ne puisse pas être motivé à manifester.
Cependant en parlant avec d’autres personnes non syndiqués, il apparaît évident que si ces personnes ne vont pas à la manif c’est parcequ’elles ont le sentiment que cela ne sert à rien.
D’un côté, il y a les militants, toujours motivés, vaille que vaille. Je craints quand même que trop de manif finisse par les épuiser. De l’autre les sympathisants (pour faire court) pour qui la manif n’est pas une priorité. Pourtant, les accuser de soumission c’est dur et sans issu.
De plus, je crois que tu es Marseillais, je suis parisienne et sache qu’à Paris, ce n’est pas toujours la folle ambiance dans les manifs. Je pense en particulier à la manif du 4 oct...
Il me semble donc important de chercher des moyens afin de donner de nouvelles perspectives aux manifs comme l’écrit Kaoutchouc.
fraternellement
Francesca
4. > Trop de manif !, 16 décembre 2005, 09:27
Cher Leclodo,
Mon intervention n’était pas une critique, au contraire j’ai saisi ta stratégie. Mais ce que je soulève c’est que dans n’importe quelle direction que nous irons, si chacun d’entre nous ne prend pas conscience qu’il peut peser et si chacun d’entre nous ne CROIT pas en sa force ou mieux encore en notre force unifié CONTRE les "ILS", nous ne gagnerons pas.
Nous avons nos structures syndicales avec la puissance de l’organisation, nous devons nous en servir.
Nos "têtes" nous paraîssent trop molles ?
Nos "têtes" ralentissent les mouvements ?
Elles ne nous conviennent plus ?
Nous devons donc agir, nous les militants et syndiqués, à l’intérieur de nos centrales respectives et accuser, pousser, dépoussiérer, dégommer ces têtes qui sont sensées nous freiner.
Créer des syndicats bis ne règleront pas l’affaire et ralentiront encore plus notre efficacité, car accepter de nous priver de tous nos réseaux et recommencer à zéro la construction d’une forteresse nous rendra moins efficace.
Je suis de la CGT, mais lorsque les copains de la CFDT démissionnent de leur syndicat, à mon avis, ce n’est pas une trop bonne chose. Je pourrais être satisfait lorsqu’ils choisissent mon syndicat CGT par exemple, mais je pense que ces militants laissent les mains libres à Chérèque, il peut alors continuer à peser lors des négociations et sa signature compte pour les accords signés à la majorité des syndicats.
Ils seraient plus efficaces à l’intérieur de ce syndicat, dont ils connaissent les rouages, en se battant contre les compromissions et en faisant sauter ceux qui se compromettent. C’est ce que j’essaie d’appliquer à mon syndicat CGT ; le 48ème congrés arrive à point pour enfoncer le clou. Même si une majorité, pour l’instant, donne quitus à Thibault et Le Digou, l’affrontement n’est pas terminé à l’intérieur de le CGT.
Je ne désespère pas d’amener mon syndicat à être plus en phase avec la base dont je suis, mais ce n’est pas moi qui partirais, si j’ai raison se sont les autres qui seront éjectés.
Par notre nombre dans la rue, il faut démontrer que nous voulons vraiment plus de radicalité et OBLIGER nos confédéraux d’appuyer nos revendication. Ce que je voulais dire c’est que si nous ne montrons pas notre ferveur à ces aspirations, nous ne devons pas nous cacher derrière l’immobilisme de nos secrétaires.
Fraternellement,
Esteban
5. > Réponse à Esteban, 16 décembre 2005, 10:21
Chère Francesca,
Les parisiennes ne sont pas plus en reste que les marseillaises, les bordelaises ou les lyonnaises.
"L’ambiance" des manifs est la même dans tous les coins de France. Dire qu’à Marseille c’est "mieux" qu’ailleurs n’est pas vrai, y compris pour le 4 octobre .
J’ai pu voir des délégations de Paris, de Toulouse, de Montpellier... etc, à Marseille dans nos dernières manifs pour la défense de nos services publics. Cela fait chaud au coeur, je ne dirai jamais "qu’ailleurs" c’est moins bien qu’à Marseille, dans le midi nous ne sommes pas plus combatifs que dans les autres villes.
La motivation pour les manifestations à long terme ne viendra certainement pas du caractère festif ou aguichant que nous pourrons leur donner.
Les opérations coup de poings dans les magasins de grande distribution sont en effet des actions à mener, mais pour être efficaces, elles doivent rester dans l’occasionnel. La tentative d’en faire une ligne de conduite risque de se retourner contre nous.
Tu sais très bien, comment les autorités pratiquent dans de tels cas, en mêlant aux manifestants, des casseurs et des pertubateurs incontrôlables qui vont décrédibiliser ces actions avec les actes de vandalismes.
La motivation doit venir des coups portés par nos hommes politiques et par leur politique de régression. Les sympathisants ne sont pas touchés au vif par se qu’ils SUBISSENT en ce moment, ils disent que "cela ne sert à rien", ils acceptent la soumission, ce terme n’est pas dur il est tout à fait approprié.
Fraternellement,
Esteban
6. > une manif qui fait envie, 16 décembre 2005, 10:31
Ce qui me ferait envie, c’est une manif premièrement non violente. Même si on doit serrer les poings, on ne céderait pas aux provocations. On démontrerait à la face du monde que la violence vient de leur camp à EUX. Il y a des exemples dans l’histoire où la non-violence l’a emporté sur la violence.
Faisons des manifs qui soient des exemples pour l’avenir.
Non violente et sans drapeaux d’appartenance, juste par exemple tout le monde un chiffon rouge, chanson à la clé : "accroche à ton coeur...".
Pas de slogans, des chansons. Bella ciao à toutes les sauces. Je connais une chorale qui sort dans la rue pour les manifs.
Et des banderolles festives, inventives, on broderait des refrains rap ou polka piquée du genre "les citoyens ne sont pas des playmobils non, non !".
Un manif des citoyens qui ont le coeur à gauche.
Une manif pour occuper le terrain, reprendre notre place, nous réapproprier la république et la démocratie. Retrouver le sens des mots.
Une manif du peuple. Du petit peuple de l’extrème centre.
Une manif libre, où chacun est sur un pied d’égalité avec tous. Une manif fraternelle.
Liberté, égalité, fraternité, ô mes chers camarades, je sais, c’est ringard, mais bon sang c’est fort, assez fort pour alimenter un grand mouvement populaire et pacifique qui ferait reculer d’autant la barbarie imposée par une caste.
On a fait circuler la date du 19 janvier, la CGT, je crois.
Faut pas attendre mai. Le mal ronge trop vite, et trop de gens, la casse humaine s’accélère. Voir ce qui se passe sur le front du chômage.
Une manif qui serait une fête. Faites de la lumière ! Noël, alléluia !
Une manif où il y aurait des enfants. Une manif spectacle de rue.
Grêve générale, le peuple dans la rue.
Rose Citoyenne
madame.rose@wanadoo.fr
7. > Trop de manif !, 16 décembre 2005, 10:34
Je connais pas mal de gens qui ne manifestent pas, pas mal aussi qui ne manifestent plus,pas mal aussi qui ne manifestent que très rarement.
La question que pose Francesca est très importante. Il est sur aussi que pour un militant qui manifeste régulièrement il est difficile de comprendre ceux qui ne manifestent pas ou plus.
On peut illustrer à partir de la France et de l’Italie (pays connu sur ce site :-))
Très très schématiquement :
– Italie : meme si la mémoire, la transmission, n’ont pas été interrompues comme en France, il est évident que l’Italie connait depuis quelques années un grand regain d’activité politique. Ceci est du à mon sens au choc provoqué par le gouvernement semi-fasciste de Berlusconi, avec comme point d’orgue/départ la répression de Genes qui a fait prendre conscience de façon massive de la nécéssite de lutter concrétement. Donc ici c’est le choc.
– France : le Choc n’est pas,ou pas encore, suffisant. La menace d’un Sarkozy ou meme celle d’un Le Pen ou d’un de Villiers ne suffisent pas. Est-ce à dire qu’il faudrait que ces menaces se concrètisent comme en Italie ? La politique du pire n’est jamais à souhaiter, mais la question mérite d’etre posée : quel seuil faut-il atteindre pour qu’une population (de gauche ici) réagisse concrètement ? Difficile à dire car cela varie de pays à pays, mais nous avons vu par exemple qu’en France l’instauration d’un état d’urgence n’a pas suffit à éveiller/réveiller les consciences (de façon massive j’entend)
Par ailleurs un autre facteur est à considérer : il faut qu’une manifestation serve à quelque chose. Il faut que celui qui participe à une manifestation ait le sentiment que son acte sert à quelque chose. Les italiens, qui manifsestent beaucoup, savent que cette question est importante. Les argentins aussi ont subi ce problème il n’y a pas longtemps. Dans le cas de la France il y a le sentiment chez beaucoup de gens que manifester ne sert à rien, ou plus précisemment que d’aligner les Bastille-République ne sert à rien. En France ce sentiment est pour beaucoup dans la difficulté à mobiliser. La "réponse" ne peut pas venir de la violence, car la violence ne mobilise pas, elle peut meme démobiliser. Mais la réponse ne peut pas etre non plus de simplement s’efforcer de repeter encore et encore que faire des Bastille-République sert à quelque chose.
Je ne vois pour ma part que trois hypothèses en France :
– Le choc de l’arrivée concrète d’un gouvernement à tendances fascisantes. Cela devrait déboucher avec le temps sur une situation à l’italienne de mobilisations de type "classiques". (je ne rentre dans aucun détail pour faire court). Cela peut arriver, on verra en 2007.
– Un changement d’attitude de certains syndicats et partis. Très peu probable, mais on ne sait jamais.
– L’imprévu. Modèle de 68/mvt chomeurs/Banlieues. Par définition impossible à prévoir et encore moins à planifier/susciter. Peu probable, mais déjà nettement plus que la deuxième hypothèse.
En dehors de ces trois hypothèses il y a l’accumulation des initiatives "innovantes" (occupation de locaux, anti pub, etc.). Toujours à suivre. Question : cela peut-il déboucher sur des mouvelments plus massifs de meme type ? Et si oui à quelles conditions ?. Il reste aussi toujours le miracle de l’étincelle qui prend à partir d’une lutte sectorielle. La tache d’huile. Ca peut arriver aussi, mais il faut au départ au moins une catégorie de citoyens (travailleurs d’un secteur assez important, chomeurs, étudiants, etc.) qui soient capables de mener une lutte dure et prolongée le temps que ça puisse inspirer d’autres. Des mini luttes tels que SNCM ou intermittents sont trop limitées socialement pour faire tache d’huile.
Paul
8. > une manif qui fait envie, 16 décembre 2005, 11:01
Esteban, Le Clodo, des manifs spectacles aguichantes peuvent être mobilisatrices. Elles n’empêchent pas d’autres types de manifs, des actions collectives ponctuelles (plus dangereuses) contre le système, sur les fronts névralgiques.
Rose Citoyenne, moi je viens à ta manif fête de la lumière avec un chiffon rouge.
Intermittange (avec coeur à gauche)
9. > une manif libre des partis et syndicats, 16 décembre 2005, 11:26
J’aime pas les manifs parce qu’elle sont régentée par les "appartenances" et des étiquettes politiques. Des responsables politiques et syndicaux en tête de manif, ça me glace, c’est de la récup. Surtout en période de surenchère électorale.
En tête les artistes du spectacle. En cordon de sécurité et d’apaisement des militants citoyens de toutes appartenances. Et des micros pour le peuple qui veut se faire entendre.
Intermittange
5. > Trop de manif !, 16 décembre 2005, 11:14
KEUFERKIDIZÉLENINE ?
É-keufer-keu-vouvou-dites... É-dan-la-kestion-y-a-en-parti-la-réponse, çà-cé-vrai.
Lé-manif-tropémiettées é-tro-frékentes mé-ossi-lé-manif-ki-débouch-sur-rien-surok1-suxé...
On-sé-ojourdui-ki-fodra-être-vrémantoussensemble-plus-ke-pardizènedemilliés, par-santène-voir-par-millions...
Léjanveulent-gagner-é-il-save-ki-fo-le-poi-é-lunité. Cé-la-kondition-deleurengagement.
Travayon-dan-ce-sens:lerassemblement !
NOSE
1. > Trop de manif !, 16 décembre 2005, 11:30
Travaillons d’abord à être lisibles, c’est mieux que le langage SMS.
Et pour répondre à Estéban, l’exemple de la ré-appropriation des victuailles chez Lenôtre n’était qu’un exemple.
L’essentiel était qu’il ne fallait plus se contenter de défiler de Bastille à Nation (là encore ce n’est qu’un exemple). Il faut proposer autre chose. C’est lorsqu’on touche à léconomie que l’on commence à être entendu. À Cannes, il a fallu que les intermittents envahissent un cinéma où se négociaient des juteux contrats de distribution de films pour que la police intervienne et que le ministre lâche des mesures transitoires qui on rattrapé des milliers d’intermittents qui allaient être éjectés de l’UNEDIC.
IL NE FAUT PAS AVOIR PEUR D’ÊTRE SCANDALEUX !
Kaoutchousky
2. > Trop de manif !, 16 décembre 2005, 11:31
Nose, décrypte, pour les nuls comme moi qui ont pas le cable
Rose
3. > Trop de manif !, 16 décembre 2005, 14:38
Kaoutchousky,
Sortir du convenu est indispensable
J’ai bien capté que des actions coup de poings était nécessaires, et je n’ai jamais culpabilisé lorsque moi-même, en ayant participé, je me suis réaproprié d’une partie du fruit de notre travail.
Je dois faire là encore la part des choses :
Dans l’action concrète, physique, publique et "violente" de la réapropriation, il y a la juste récupération d’une partie de ce qui nous appartient. Cette action qui a des résultats "palpables" est justifiable pour nous et inquiétante pour la sphère du capital. Tous ceux qui ont participé à ces actions peuvent témoigner qu’elle est "euphorisante" et il faut une très bonne organisation pour ne pas tomber dans le "n’importe quoi".
De telles actions ne doivent pas être réalisées en fin de manif à la sauvette, au contraire elles doivent être bien préparées pour que tous les participants soient protégés.
L’infiltration par la police de leurs casseurs pour attiser cette euphorie est très facile. La répétition de ces actions devient dangereuse non pas qu’elle est injustifable, mais les "dérives" orchestrées par la police infiltrée rendraient ces actions qui sont sympathiques en actions "terroristes" et seraient rejetées même à l’intérieur de nos rangs.
Le deuxième point sur ces actions "qui peuvent motiver", c’est qu’en même temps que l’on se réaproprie de nos biens de consommation, il faut PENSER à LA réapropriation, ne pas simplement se redistribuer les victuailles, mais agir politiquement pour LA réapropriation de nos moyens de production et celle des banques.
Celà est un travail en conscience d’abord. Si l’on gagne ce combat et que l’on se persuade que tout ce qui est fabriqué sur cette terre appartient à tout le monde, ÉGALEMENT, aucun possédant, aucun décideur ne pourra s’opposer à la marée humaine qui déferlera.
C’est de l’utopie ? Moi c’est dans cette direction que je me bats.
Fraternellement,
Esteban
4. > Trop de manif !, 16 décembre 2005, 23:14
Salut Esteban,
Juste un mot pour te dire ce qu’on a fait aujourd’hui pour peser sur les négos UNEDIC. Tu trouveras des compte-rendus plus complets par ailleurs. Nous (les intermittents et précaires de la CIP-IDF et la CGT Spectacle) avons envahi le musée du Louvre et fait en sorte que le public puisse entrer gratuitement dans toutes les salles du Musée. Voilà, ce n’était pas de la ré-appropriation pour nos gueules, qui peut donner prise à l’accusation d’être simplement des voleurs, mais aujourd’hui c’était culture gratuite pour tous.
Franchement, je crois qu’une action comme ça à 200 ou 300 c’est mieux qu’une manif que personne ne remarquera.
Kaoutchousky
6. > fête du chômage, 16 décembre 2005, 11:51
Mobilisation citoyenne pour les chômeurs.
Pour ne pas se soumettre aux diktats du MEDEF.
Pour refuser le contrôle et le flicage des citoyens privés d’emploi.
Pour dénoncer la précarisation des salariés du bas de l’échelle et le travail forcé.
Pour s’opposer à la mise en place du suivi mensuel des chômeurs par l’ANPE.
Pavlov
Pour Abroger Vite Les Ordonnances Villepin