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Un enterrement

Publie le jeudi 23 juin 2005 par Open-Publishing

FUNERAL BLUES
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_Stop all the clocks, cut off the telephone,
Prevent the dog from barking with a juicy bone.
Silence the pianos and with muffled drum
Bring out the coffin, let the mourners come.

Let aeroplanes circle moaning overhead
Scribbling on the sky the message He is Dead,
Put crépe bows round the white necks of the public doves,
Let the traffic policemen wear black cotton gloves.

He was my North, my South, my East and West,
My working week and my Sunday rest,
My noon, my midnight, my talk, my song,
I thought that love would last forever : ’I was wrong’

The stars are not wanted now, put out every one ;
Pack up the moon and dismantle the sun ;
Pour away the ocean and sweep up the wood.
For nothing now can ever come to any good.

Wystan Hugh Auden


Arrêter les pendules, couper le téléphone,
Empêcher le chien d’aboyer pour l’os que je lui donne,
Faire taire les pianos et les roulements de tambour
Sortir le cercueil avant la fin du jour.

Que les avions qui hurlent au dehors
Dessinent ces trois mots Il Est Mort,
Nouer des voiles noirs aux colonnes des édifices
Ganter de noir les mains des agents de police

Il était mon Nord, mon Sud, mon Est, mon Ouest,
Ma semaine de travail, mon dimanche de sieste,
Mon midi, mon minuit, ma parole, ma chanson.
Je croyais que l’amour jamais ne finirais : j’avais tord.

Que les étoiles se retirent, qu’on les balaye
Démonter la lune et le soleil
Vider l’océan, arracher les forêts
Car rien de bon ne peut advenir désormais.

C’est bien l’exemple, relayant le mièvre ’blockbuster’ de Mike Newell (4 mariages et un enterrement dans lequel le poème de Auden devient vide) que donne Bellaciao : ’Il est Mort’, enterrant, virant et censurant tous les textes et contributions qu’il juge fauteurs de trouble à défaut d’en assumer la polémique. Pensée unique pour un alter-capitalisme. Rien ne peut troubler l’ordre de la fausse démocratie unanimiste.

Quant au bandeau d’entête reflet moderne d’un Rousseau très quelconque : ’Se rebeller est juste, désobéir est un devoir, agir est nécessaire !’, il en devient comique.

Ombre très lucide de la social-démocratie, du programme qui va bien, et complice de toutes les supercheries du Capital en dénonçant son ombre, Belleciao sera bientôt côtée en bourse.