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Vendredi 11 novembre 15h place de la Concorde vous y serez

Publie le jeudi 10 novembre 2005 par Open-Publishing
10 commentaires

Vendredi 11 novembre 15h La Place pour une Concorde Historique des banlieues de France

Le collectif BANLIEUES RESPECTS a appelé à une marche pour la Paix à 15 heures demain vendredi 11 novembre de la Place de la Concorde à l’Etoile, mouchoir blanc à la main.
les Banlieues françaises qui remontent les Champs Elysées, comme en 1998 l’équipe de France métissée les avaient descendus, c’est une première historique, et une chance à saisir incroyable de reconnaître enfin le droit et le devoir à la visibilité de tous les Français.
C’est aussi une occasion unique de rétablir l’image (...)

Messages

  • La manifestation est nécessaire, mais elle ne suffit pas en elle-même à résoudre les problèmes de fond : chômage, pauvreté, racisme et discrimination perpétrés par le Medef et ses affidés.

    Le choix du blanc n’est pas anodin. Ils symbolisent la paix et... la réddition. Ce n’est nullemnt un gage d’espoir mais le symbole d’une capitalution face à la stratégie de la tension du gouvernement, superbement dénoncé par la Ligue des Droits de l’Homme.

    Avez-nous besoin que les jeunes légitimement en révolte capitulent devant la haine de Sarkozy ? Avez-nous besoin d’exprimer des fautes, de présenter nos excuses à Sarkozy ?

    Je vous le dis, en vérité, ceux qui nous demandent de capituler sur les Champs-Elysées nous préparent de blancs linceuls versés dans nos tombeaux.

    Pour les symboles, les révoltés de l’histoire ont depuis l’Antiquité, les leurs. Le noir, pour marquer le deuil de nos souffrances, le deuil de nos morts. Le rouge, pour marquer le sang versé des opprimés. Le sang de notre chair, de notre vie nous le brandissons à la face de nos massacreurs ivres de pouvoir.

    Alors, oui, manifestons, avec nos pancartes, avec nos couleurs,crions haut et fort notre dégout de la dictature policière. Dans l’unité et la diversité de nos pensées.

    Organisons-nous dans nos quartiers pour obliger les gouvernements, les administrations publiques, les gros patrons à nous donner du travail, à construire des logements. Surveiller les agissements d’une certaine police qui a reçu ordre de donner dans la répression sous la couverture d’un feu qu’elle nourit.

    Il faut déjouer les plans de la droite et de l’extrême-droite qui veulent élaborer une dictature légale, à coup de provocations contre les jeunes démunis.

    Salutations à tous

    • Si "Il faut déjouer les plans de la droite et de l’extrême-droite qui veulent élaborer une dictature légale, à coup de provocations contre les jeunes démunis." alors je ne trouve pas très malin d’aller hurler et brandir des pancartes chez les bourgeois qui ne manqueront l’occasion d’envoyer des policiers un peu plus méchants et d’instaurer, cette fois pour de bon, un véritable couvre feu.
      Il est préférable d’éviter les "provocations" et de défiler dans le calme, on n’est pas des sauvages !

    • Bonsoir,

      Votre récation nous éclaire sur votre vision quelque peu méprisante des jeunes révoltés et des manifestants en général, soumise à une conception coloniale.

      Ainsi, l’expression d’une révolte populaire constiturait d’après vous, une provocation. Criez, hurlez sa fureur contre les provocations policières journalières, contre le terrorisme sécuritaire ferait des manifestants des "sauvages" . Vous nagez en plein dans le registre du mépris cher à Sarkozy. Votre sémantique emprunté à Sarkozy a au moins le mérite de la clarté, de la cohérence dans le choix du blanc. La couleur de ralliement de tous les oppresseurs.

      Un gouffre béant vous sépare de tous les Indigènes de la République auquelles toutes les classes populaires sont fatalement assimilés par les bourgeois que vous admirés !

      Salutations

      Mohamed.

    • Merci à tous de m’avoir aidé à décrypter.

      Je crois que nous sommes très nombreux à vouloir exprimer notre solidarité, mais comment ?

      Ce blanc ça ne va pas, ok.

      Alors qu’est-ce qu’on fait ?

    • Urgence citoyenne

      Par Dr. Ali Aissaoui

      Depuis quelques jours, à la suite de la création du collectif « Banlieues respect », de nombreuses analyses et commentaires, fleurissent ici et là. Amalgames, désinformation et diffamation nécessitent une mise au point, il en va de notre responsabilité à nous membre du collectif.Il s’agissait tout d’abord, après la mort des deux enfants de Clichy, de s’organiser par solidarité avec les familles touchées par ce drame.

      Les premiers jours de crise passés, devant l’extension des manifestations violentes sur tout le territoire, et la réponse exclusivement sécuritaire du gouvernement, il nous est apparu nécessaire, répondant à un impératif citoyen, de regrouper des associations et de monter le collectif, éviter que la fracture ethnique ne devienne un gouffre et que tous les efforts réalisés depuis des années par le tissu associatif, dans ces périphéries urbaines ne soit réduit à néant.

      Il nous paraissait évident que cette situation de violence ne pouvait servir que ceux qui ont intérêt au statu quo dans ces quartiers, à l’affrontement entre les différentes composantes de la population, et à la propagation de cette idéologie mortifère du choc des civilisations ; Le danger d’une lecture binaire des événements, véhiculée par certains médias et politiciens, celui de l’affrontement entre la civilisation et la barbarie des quartiers, entre l’islam et le christianisme, nous mettait face à nos responsabilités de responsables de structures et de citoyens.

      Ne rien entreprendre pour contrebalancer cette analyse s’apparentait pour nous à une démission à un moment critique et proprement impensable, au moment ou toutes les grandes associations, LDH, MRAP, ou tous les partis politiques peinaient à analyser la situation et à agir. La dimension confessionnelle donnée à la crise, l’appel par les élus locaux à des imams, pour rétablir le calme, la fatwa de l’UOIF, a fini par nous convaincre de la gravité de la situation.

      La diversité, politique, sociale, confessionnelle et ethnique des premières associations qui se sont associés pour lancer l’appel et l’écho très favorable rencontré par celui-ci (cent associations nous ont rejoint sur notre appel en deux jours, sans parler des messages de soutien de particuliers.) nous ont convaincu de la justesse de l’appel et du collectif.

      Les message étaient simples : Solidarité avec les familles de toutes les victimes, retour au calme, à la paix dans nos quartiers, pression sur les décideurs institutionnels et le gouvernement pour que la réponse ne soit pas répressive mais puisse poser les bases d’un véritable dialogue et un débat global sur toutes les dimensions de cette problématique complexe des discriminations de toutes sortes, de la violence policière au quotidien que subissent les habitants de ces quartiers, le respect des mémoires spécifiques de ces minorités et le débat essentiel sur la période coloniale, l’esclavage.

      C’est dans l’urgence que s’est créé ce collectif et si on peut pointer des maladresses et des erreurs de communications, on ne peut nous faire le procès de la manipulation, de la récupération, de la subordination à je ne sais quel parti politique, ou au gouvernement.

      Un des éléments de la confusion autour de ce collectif vient du fait que certain de ces membres ont été reçu par le premier ministre le 09 11 2005. Une réunion prévue de longue date (deux mois), organisée par M. Hassan Mbarek, président de citoyenneté et démocratie, dont le but était de réunir des associations diverses, (Ni proxo ni Macho, UNIR, Débarquement jeunes, Regards citoyens, Harkis et droits de l’homme,) pour s’entretenir des problématiques rencontrées dans leurs actions, la diminution drastique des subventions, les problèmes de discriminations dans tous les champs de la société et la situation dans les quartiers.

      Le premier ministre a voulu maintenir cette réunion au plus fort de la crise et nous n’avons pas usé de la langue de bois pour lui dire notre sentiment et notre inquiétude sur la politique du gouvernement, l’action et la responsabilité du ministre de l’intérieur et de la grave décision du recours à la loi de 1955 concernant l’état d’urgence et le couvre feu.

      D’aucune façon on peut nous faire le reproche d’un collectif téléguidé par Matignon, on alors cela participe de l’insulte, de la diffamation et au procès d’intention et ne sert pas à construire une alternative cohérente, forte de toutes les mobilisations, à ces politiques économiques et sociales déstructurantes et dangereuses pour le pays.

      Pour Le collectif « Banlieues respect. »

      Ali Aïssaoui

      Dr. Ali Aissaoui
      Médecin, Président de l’union des initiatives républicaines (Unir), membre collectif « Une école pour toutes et tous » et des « Indigènes de la république. »
      Du même auteur, à lire en ligne sur Oumma.com :

      « De l’imposture à la posture. »
      Urgence citoyenne

  • cette manif est zarbi, c’est quoi ce collectif "banlieues respect" ?, méfiez-vous, ça ressemble à une grosse manip, cette manif aurait été annulée et remplacée par un sitting "pour la paix" au Champ de Mars, avec toujours des mouchoirs blancs...

    • Devenir plus Français que les Français, voilà ce que demande aux enfants d’immigrés ce drôle de collectif.
      Devenez des Bounty : noir dehors et blanc dedans. C’est à gerber, ce nationalisme de boutiquiers.

    • n’en déplaise à certains c’est du pur naiitonalise qu’on nous propose
      mais enfin ouvrez les yeux lisez ,regardez ce que vous propose ce genre d’organisation
      regardez à la lumière d’une histoire pas vraiment lointaine
      rétablir notre image ,en gentils, reconvertis à la docilité,
      exit des revendications antilibérales et aprés vous rentrerez chez vous, calmement ,gentiement
      et n’oubliez pas de regarder la télé , sarko et ses bires auront bien encore une petite
      coupe de propagande à vous servir bien fraiche,un bon gros mensonge en chocolat !
      mais au fait il s’est excusé lui ? aller leur montrer que les banlieues
      miséreuses sont respectueuses de l’ordre et de la discipline,
      tenez dit Borloo prenez j’ai quelques crédits en réserve pour vous faire tenir
      pendant ce temps les autres achétent de l’edf et les comptes des sociérés n’ont jamais été aussi
      débordants ,pas de bons sentiments de fric, le fric qu’on pique aux pauvres
      allez visiter les beaux quartiers bien encerclés par de gentils crs équipés de neufs !
      et ne vous faites pas de soucis l’armée des Versaillais est bien équipée moderne et tout
      au fait les hélicos qui tournent là au dessus de chez nous c’est un collectif banlieue ou anti banlieue !

  • L’EXPIATION

    mardi 8 novembre 2005, Patrick Mignard

    Ca brûlait. La banlieue enfumée n’était pas à la fête,
    Pour la première fois Sarko baissait la tête.
    Il était arrivé pour causer crânement
    Il laisse maintenant Aulnay- sous -Bois fumant

    Ca brûlait. Les jeunes des banlieues fondaient en avalanches
    Face à des CRS suppléant les Pervenches
    Ne reconnaissant plus ni valeurs ni drapeau
    Ni cette République aujourd’hui en lambeaux.

    On ne distinguait plus de la ville le centre.
    Ca brûlait. Tout avait la couleur de la cendre.
    Pour de vaines promesses tant de fois répétées
    Des jeunes désabusés les plombs avaient pété.

    Par dizaines et centaines, ils s’en prennent à l’ordre,
    Celui qui les condamne et les contraint à mordre,
    Celui qui maintes fois a promis, rien tenu
    Qui fait que dans la vie ils se retrouvent nus.

    La violence n’est plus désormais simulacre.
    Ca brûlait, ça brûlait toujours. La fumée acre,
    Celle des incendies mêlée aux lacrymos,
    Celle qui prend les armes et ignore les mots.

    Ce n’était plus les cœurs vivants des enfants des cités,
    C’étaient des cœurs brisés par l’inégalité,
    Brisés de désespoir, d’exclusion, de misère,
    Celle que l’on hérite de son père ou sa mère.

    Etrangers dans la vie et étrangers partout,
    On prend vite conscience et c’est ce qui rend fou
    Folie de destruction des autos, des symboles,
    Allant même jusqu’à détruire les écoles.

    Cela dura des jours d’angoisse et de colère.
    Les limites franchies, il n’y a plus de repères.
    Quant aux politiciens, ils se mordaient les doigts
    Eux qui n’avaient jamais levé le petit doigt.

    Obsédés du pouvoir, leurs petites affaires
    Les tenaient à l’écart des cités mortifères ;
    La tenue de la Bourse et du taux de croissance
    Est pour tous ces gens-là majuscule importance.

    Banlieues abandonnées, tous ces jeunes en galère
    N’attendaient plus rien d’eux, désillusion amère.
    Tous les appels au calme se perdaient dans le bruit
    Que faisait l’incendie qui éclairait la nuit.

    Les médias attentifs, obsédés par l’audience
    Diffusaient sans arrêt toute cette violence
    Au point qu’à l’étranger, en regardant l’écran,
    Tout le monde criait : « la France perd son sang »

    Mais, révolte éphémère, l’ordre reprend ses droits.
    On donne quelques sous et tout le monde y croit.
    Riche et pauvre à leur place dans notre société
    Passons à autre chose, il ne s’est rien passé.

    Victor HUGO actualisé et matraqué par Patrick MIGNARD et Jean FEIX.