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colère et inquiétude

Publie le samedi 16 décembre 2006 par Open-Publishing

2007 . Colère, inquiétude et réflexions chez les militants communistes après l’échec de la réunion nationale des collectifs antilibéraux à Saint-Ouen.

« Les copains ont pris un coup de barre sur la tête. » Jean-Jacques, militant du Parti communiste et délégué du collectif d’Istres dans les Bouches-du-Rhône, raconte, après la réunion nationale des collectifs antilibéraux à Saint-Ouen, le retour en TGV vers Marseille de délégués pleins d’amertume. « Les deux délégués de mon collectif ne sont pas communistes, précise-t-il. Ils ne comprennent pas qu’on n’ait pas pris en compte l’avis majoritaire. Pour eux, c’est un déni de démocratie. Ils ont au moins pu constater par eux-mêmes que l’accusation de noyautage par le PCF des collectifs était une fable. » Jean-Jacques parle aussi pour les communistes qui ont participé à la réunion de Saint-Ouen. « Après tout ce qu’ils ont fait pour donner de la vie aux collectifs, ils se sentent humiliés d’avoir été mis à l’index. » Il craint que ça « conforte ceux qui ont dit, dans le Parti, qu’en allant dans les collectifs on perdrait son âme ». Pourtant Jean-Jacques n’est pas dans l’esprit de renoncer au rassemblement. « Il faut bouger la donne et pour cela il faut tout le monde. La solution, je ne la vois pas. Retirer Marie-George ? Ce n’est pas la démocratie. Proposer un autre communiste qui représente le mouvement social ? Pourquoi pas, mais si Marie-George ne représente pas le social, alors c’est qu’on est tous aveugles ! » Pour Jean-Jacques, la solution est « d’abord de parler avec les communistes et les militants antilibéraux, de voir ce qu’ils ressentent ».

Dans tout le pays, des assemblées du PCF vont effectivement se tenir d’ici à jeudi. Gilles, militant à Saint-Denis, fait partie des communistes qui pensent que la candidature de Marie-George Buffet ne pouvait être acceptée. « On est dans l’impasse et c’était assez prévisible. Il faut trouver une solution par le haut », estime-t-il. Selon lui, tout dépend si « la direction veut continuer à tenter d’imposer Marie-George Buffet ou si elle veut écouter la minorité très importante qui s’est exprimée. Sinon, il faut tout de suite arrêter. » Gilles estime que « le nom ne posera aucun problème, Clémentine ou Yves sont bien perçus par tout le monde ». « Mon impression est que le PCF refusera de se suicider, Marie-George aura cette intelligence. »

« très grande colère » des communistes

« J’ai rencontré deux réactions opposées chez les communistes », explique Ian, secrétaire de la section du 14e arrondissement de Paris. « Certains sont dégoûtés et veulent partir seuls, d’autres se disent prêts à examiner d’autres pistes que Marie-George ». Gérard, responsable des cheminots communistes parisiens, confirme cette impression. Il souligne la « très grande colère » des communistes. Il pense lui aussi qu’il faut « d’abord les écouter ». Pour lui, il est exclu « que Marie-George Buffet soit candidate au titre du seul PCF ». Mais il exclut également « qu’elle se retire pour une des candidatures en lice ». « Il faut aller au bout de notre démarche de rassemblement », estime-t-il. Il pense que « la proposition qui nous est faite d’une candidature communiste étiquetée du mouvement social est peut-être une avancée de la part de nos partenaires ».

Le Conseil national du PCF qui se réunit en fin de semaine aura donc le poul des militants. Il devra donner aux collectifs antilibéraux son avis et ses propositions pour dépasser les blocages actuels. Le comité exécutif national qui s’est réuni hier propose que le CN se prononce pour que « l’opinion des collectifs locaux soit entendue » et serve de travail commun pour conclure l’accord réalisant le rassemblement antilibéral. Le CEN a rappelé les propositions de Marie-George Buffet pour une campagne collective. Le PCF « regrette qu’en s’opposant aux choix des collectifs, les organisations et sensibilités politiques concernées aient créé cette situation de blocage ». Il lance un appel« pour que chacun(e) réexamine sa posi- tion » pour la réalisation de l’accord politique dans les tout prochains jours. Il appelle les communistes « à se réunir très rapidement pour débattre de la situation, à susciter dans les jours qui viennent la réunion des collectifs locaux afin qu’ils puissent se saisir de la difficulté et exprimer leur volonté que l’accord politique se fasse à partir du choix qu’ils ont fait d’une candidature de Marie-George Buffet ». Il estime que « la parole doit revenir aux militants et militantes des collectifs locaux » et réaffirme son engagement dans le rassemblement.

Olivier Mayer