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l’alternative, toujours l’alternative.
Publie le jeudi 21 décembre 2006 par Open-Publishing12 commentaires
Avec ou sans lui nous continuons nos inlassables efforts unitaires.
L’alternative ce n’est pas une nouvelle fois le PCF contre le PS pour ensuite refaire copains-copains.
Une alternative est donc tjrs à rechercher.
Sans le PCF, nous prenons acte.
Malheureusement le jeu tordu des élections veut que si ce n’est avec ce sera contre.
Et bien soit ; plus que jamais il demeure un espace dans ce pays pour construire une nouvelle force d’expression politique réellement progressiste et novatrice.
Le brouillard se lève sur le champs de bataille, ce n’était que la première, bien d’autre seront à mener.
Nos rangs se sont éclaircis, mais notre détermination est intacte.
Nos alliés n’étaient les bons, rien de fondamentalement grave. Cherchons à grossir nos rangs sur la base de nos idées, de notre plate forme de réflexion. Préparons-nous, organisons-nous, les années à venir annoncent d’âpres luttes à recommencer incessamment, que ce soit contre une politique ultra néo-libérale ou ultra social-libérale.
Parralèlement à la lutte, notre organisation en force politique est à poursuivre.
peut-être avons-nous voulu monter les murs, trop tôt. Finissons d’asseoir de puissantes fondations, elles sont déjà des plus sérieuses. Puis, une à une, posons les briques, que dis-je, les majestueux blocs de pierres de taille de notre édifice. Un jour prochain, notre forteresse naissante fera de l’ombre aux seigneurs d’aujourd’hui, ainsi quà leurs vassaux.
L’alternative n’est pas morte. Au contraire, elle est à peine née.
2005 restera dans l’histoire comme le tournant d’une prise de conscience.
Les années qui suivront, chaotiques, commes celles de la transformation laborieuse mais formidablement déterminée de cette prise de conscience en prise du pouvoir.
leclodo






Messages
1. l’alternative, toujours l’alternative., 21 décembre 2006, 18:30
Hola,
Bien d’accord avec toi leclodo !
En effet, l’unitée tant rêvé ne s’est pas concrétisée (du moins, pas encore...)
Finalement ceci démontre bien que beaucoup de gens désire avant tout une AUTRE POLITIQUE, qui met concrètement le PROGRAMME et l’intérêt général devant LA PERSONNE !!!
Donc je crois encore en une démarche unitaire de "témoignage" de notre mouvement pour la présidentielle 2007 et je pense que la population sera surprise par les chiffres (peut-etre devant LO,le PCF et la LCR...)et LA la prise de conscience sera inévitable et un vrai changement possible ! enfin !...
Donc VAMOS, on a tout à gagner maintenant !!
faut surtout pas avoir peur... c’est c’qu’ils veulent !
Cordialement ;
A+
2. l’alternative, toujours l’alternative., 21 décembre 2006, 19:08
pourquoi sans ?????????????
les militants du PCF n’ont pas choisi de quitter les collectifs à ce que je sache, tu parles d’unité et tu les mets dehors aprés tout le boulot qu’ils ont fait ?????
1. l’alternative, toujours l’alternative., 21 décembre 2006, 19:26
Les militants PCF qui, à 81 %, viennent d’imposer ou plutôt d’obéir au parti en plébiscitant MGB ne peuvent décemment pas se dire unitaires. Le boulot qu’ils ont fait a consisté à faire passer l’intéret du parti AVANT l’union des collectifs.
Ils n’auront pas le beurre et l’argent du beurre et devront se contenter de faire la promotion du PCF sans pouvoir profiter des acquis de 2005.
Pour les 18 % des militants communistes , bienvenue dans les collectifs de l’Alternative Unitaire attendue par 55 % des NON de 2005.
2. l’alternative, toujours l’alternative., 21 décembre 2006, 21:51
En imposant Buffet malgré toutes les bonnes raisons, non politiciennes, mais simplement de bon sens uniquement sur la base des possibilités de faire le meilleur score possible, le PCF a dévoilé que pour lui l’intérêt général de la population n’était pas sa priorité et qu’il voulait surtout préserver ses chances de pouvoir retrouver un petit bout de pouvoir dèrière ses vieux copains Socialistes.
Nous avions crus naïvement qu’il avait changer, mais nous étions trompés. Maintenant ils nous restent plus qu’a reconstruire sur les ruines mais il faut être réaliste, ce n’est pas ce drame qui ne met en scène qu’une dizaine de millier de militants des collectifs qui va bouleverser le paysage électoral Français.
En fin de compte, dans les grands moment de notre histoire, c’est toujours le peuple des travailleurs qui a le dernier mot et cette fois encore c’est lui qui gagnera malgré vos magouilles politiciennes minables.
3. l’alternative, toujours l’alternative., 21 décembre 2006, 22:08
L’important, pour la secrétaire nationale du PCF, c’est de trouver « une solution pour que la gauche gagne et réussisse » et de « rendre possible le très large rassemblement politique qui peut changer la donne à gauche, battre la droite et ouvrir en 2007 pour notre peuple une nouvelle période de progrès social et démocratique ». On peut même penser que, dans un « très large rassemblement populaire », il doit y avoir la place pour quelques dirigeants de l���UDF...
Le décor est donc planté. On dirait même que, dans une stratégie globale de captation de militants et d’électeurs, les démarches de Marie-George Buffet, Ségolène Royal et Dominique Voynet ressemblent étrangement à un partage de tâches et de rôles en vue d’une opération politique ultérieure. Peu importent les divergences politiques affichées, ou les hypothétiques rivalités personnelles. En l’occurrence, on peut raisonnablement penser à une alliance d’intérêt jugée incontournable par la coupole du PCF.
Des procès d’intention, des phrases extrapolées ? Honnêtement, je ne le crois pas.
Dans un entretien publié par L’Humanité le 23 novembre, la dirigeante du Parti communiste revient à la charge : « Si je disais à l’une ou l’un de ces salariés rencontrés dimanche, si je disais aux familles en attente d’un logement que notre rassemblement n’aspire qu’à témoigner du bien-fondé de nos propositions ou à faire émerger une union de la gauche de la gauche, elles diraient : " Dans quel monde vit-elle ? Ne voit-elle pas l’urgence de battre la droite ? " Notre rassemblement doit clairement viser une majorité populaire pour constituer un gouvernement. Ne mettons donc aucune frontière ! ». Notamment, à « des hommes et des femmes de gauche » [qui] « ne se retrouvent pas dans le terme "antilibéral" ». Le seul objectif sensé est donc de « battre la droite » et de « ne pas laisser les clés de la République à Nicolas Sarkozy ». On ne peut pas être plus clair.
Evidemment, une telle politique d’alliances ne peut pas ne pas générer de laissés-pour-compte. Les silences « au bon moment » en témoignent déjà. L’axe Royal-Buffet-Voynet, qu’on semble bien nous préparer, augure, malgré toute la phraséologie pré-électorale, une « gauche musclée » avec une politique sociale « dure ». De 1997 à 2002, Lionel Jospin n’a guère respecté ses promesses électorales et a sorti de son chapeau de nombreuses mauvaises suprises. Ce sont les mêmes à présent, et il faut s’attendre aux mêmes pratiques. Excluant donc, dans la réalité, un certain nombre de compromis et d’ouvertures. José Bové ne s’y est pas trompé lorsque, le 23 novembre, il a adressé aux collectifs « pour des candidatures unitaires de la gauche antilibérale » une lettre retirant sa proposition de candidature présidentielle. Un communiqué aussitôt qualifié de « signal d’alarme » par des membres de ces collectifs.
Mais pouvait-on sérieusement espérer, par exemple, qu’un milieu politique ayant gouverné en 1997-2002 aide José Bové à accéder à des responsabilités d’une certaine importance ? Ce serait oublier un peu vite que le gouvernement Jospin était très favorable aux OGM. Qu’en 2001, des poursuites engagées par le Parquet et par un organisme de recherche public, le CIRAD, ont abouti à la condamnation de l’alors dirigeant de la Confédération paysanne, ainsi que d’autres militants, à de lourdes peines d’emprisonnement. Ni le monde politique ni les institutions n’aiment se déjuger sur des questions aussi graves.
En réalité, des organisations comme le PCF ou les Verts, voire la « gauche socialiste », s’étaient rapprochées d’une certaine « extrême gauche » après la débâcle électorale de 2002. Suite logique d’un processus amorcé dès 1998-1989, lorsque la politique du gouvernement de « gauche plurielle » a commencé à susciter un mécontentement croissant, et qu’il est devenu impératif de « ne pas perdre de vue » les militants qui prenaient leurs distances. La volonté de récupération avait toujours été évidente. Mais avec la mise en orbite supermédiatisée de Ségolène Royal, les intérêts de carrière des appareils de ces partis pointent à nouveau vers une alliance sans fissure avec la direction du Parti socialiste afin de pouvoir accéder à ministères et administrations, de bénéficier de cette alliance lors des élections législatives et par la suite... Ce qu’un article d’Indymédia a appelé le buffet royal. Il ne pouvait pas en être autrement. Les tondus seront, comme d’habitude, les citoyens confrontés au « choix » entre une énième alternance, dont au fond ils n’attendent plus rien, et la continuité d’une majorité, dont la politique les a également laminés.
Enfin, à l’égard des empêcheurs de tourner en rond dans cette démocratie-fiction, le bunker des cinq cents signatures risque de s’avérer un excellent cordon sanitaire. Les élections ne sont tout de même pas faites pour que les citoyens puissent exprimer ce qu’ils pensent vraiment...
MILLAU
3. l’alternative, toujours l’alternative., 21 décembre 2006, 19:24
Des turbulences se profilent à l’horizon des législatives pour des candidatures alternatives et anti libérales !!
4. l’alternative, toujours l’alternative., 21 décembre 2006, 20:27
(.....) "Si le rassemblement venait à s’opérer autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon, ce serait un nouveau pas, concret et sensible, vers la rénovation de l’ensemble de la Gauche de transformation sociale. Une rénovation qui exige le dépassement des clochers et des questions de prééminence partidaires". (.....)
Extrait de "La candidature Mélenchon, une perspective de victoire" disponible : ICI.
Pour la République Sociale
1. l’alternative, toujours l’alternative., 21 décembre 2006, 21:27
Il est intéressant MELANCHON mais vous croyez qu’il a envie de venir dans le mouvement ? C’est vrai que son profil pourraît attirer la confiance de toute cette frange de la population à la dérive. Il a parfaitement bien saisi la situation dramatique que la majorité des français vivent. Mais a-t-il assez de convictions, de courage aussi pour oser affronter la tempête, mais aussi pour reconstruire la GAUCHE, ouverte et généreuse envers les plus petits, les plus faibles et le monde salarial qui travaille pour des pécadilles à enrichir la France et certains, qui pleurent de trop payer d’impôts, quand d’autres n’en paient pas faute de travail et de considération ? C’EST A PLEURER MESDAMES ET MESSIEURS ! OUI, A PLEURER QUE LA FRANCE D’EN BAS AILLE SI MAL !!!
Mais p....., regardez autour de vous la misère grandissante, les magasins ces derniers temps qui sélectionnent les consommateurs, un coup au faciès, un coup à l’âge, un coup à l’adresse du chéquier, et demain en fonction du bulletin de paie !
Regardez dans quel état ce gouvernement a mis notre pays, on dirait qu’il a fait un sac de nos ressources !
Voyez la chasse à l’enfant, quand celui-là même qui l’a instauré est issu de l’immigration ! Un comble et un crime aussi !
Est-ce qu’on va supporter longtemps encore cette magistrale raclée que ce président et ses ministres de la caste des riches sont en train de donner au peuple qui les nourrit ! J’ai trop l’impression de vivre à mon tour 1789 !
Alors, oui, si MELANCHON n’a pas peur, si sa vocation est de servir le peuple (majoritaire), la place est à prendre et elle est historique, à n’en pas douter.
2. l’alternative, toujours l’alternative., 21 décembre 2006, 21:50
OK mais pour cela il faudrait adherez au PS, et jouez comme lui les supers révolutionnaires, les gros en colère, les pas d’accord de l’aile gauche du social libéralisme. prendre la suite des chevenement emmanuelli Fabius etc...etc...je suis anti libéral pour de bon je n’y arriverai pas à faire comme les Alters écolos derrier Voynet...et pour vous ça sera pas trop dur ?
3. l’alternative, toujours l’alternative., 21 décembre 2006, 22:03
O n ne va pas encore ressortir Mélenchon, après la trahison du PC qui se prépare à rejoindre le PS au deuxième tour, vous avez le culot de nous présenter ce politicien socialo, un pied au PS un pied à l’AE, pour faire de la politique autrement c’est réussi.
Comparez Jean Luc Mélenchon à CHAVEZ ou MORALES il faut une certaine audace, en effet si Mélenchon était révolutionnaire et anticapitaliste cela se saurait.
Mélenchon a fait jusqu’à sa défaite la campagne de Fabius pour l’investiture au sein du sein du PS. On peut donc, sans être taxé de mauvaise foi, considérer qu’il partage les convictions politiques de celui ci.
J’ai suivi avec attention les débats de cette campagne sur la chaîne télé public sénat, et il est évidant que sur tous les points, les engagements de Fabius sont en totale contradictions avec les 125 propositions qui sont là base même de notre rassemblement.
:
– Sur l’institution, maintient de la cinquième république
– Sur la politique étrangère, soutient à Israël, pas de rupture avec les USA
– Sur la politique militaire, investissement dans de nouveaux matériels (deuxième porte avions) maintenir et développer l’armement nucléaire, maintien dans l’otam
– Domaine économique, pas de retour sur la privatisation, aucune atteinte à la propriété privé
A moins de croire que Jean Luc Mélenchon soit capable en un mois de renier toutes ses convictions, ce qui ne serait pas rassurant, je ne vois pas comment il pourrait être notre candidat dans une campagne décisive pour notre avenir
4. l’alternative, toujours l’alternative., 21 décembre 2006, 22:09
L’important, pour la secrétaire nationale du PCF, c’est de trouver « une solution pour que la gauche gagne et réussisse » et de « rendre possible le très large rassemblement politique qui peut changer la donne à gauche, battre la droite et ouvrir en 2007 pour notre peuple une nouvelle période de progrès social et démocratique ». On peut même penser que, dans un « très large rassemblement populaire », il doit y avoir la place pour quelques dirigeants de l���UDF...
Le décor est donc planté. On dirait même que, dans une stratégie globale de captation de militants et d’électeurs, les démarches de Marie-George Buffet, Ségolène Royal et Dominique Voynet ressemblent étrangement à un partage de tâches et de rôles en vue d’une opération politique ultérieure. Peu importent les divergences politiques affichées, ou les hypothétiques rivalités personnelles. En l’occurrence, on peut raisonnablement penser à une alliance d’intérêt jugée incontournable par la coupole du PCF.
Des procès d’intention, des phrases extrapolées ? Honnêtement, je ne le crois pas.
Dans un entretien publié par L’Humanité le 23 novembre, la dirigeante du Parti communiste revient à la charge : « Si je disais à l’une ou l’un de ces salariés rencontrés dimanche, si je disais aux familles en attente d’un logement que notre rassemblement n’aspire qu’à témoigner du bien-fondé de nos propositions ou à faire émerger une union de la gauche de la gauche, elles diraient : " Dans quel monde vit-elle ? Ne voit-elle pas l’urgence de battre la droite ? " Notre rassemblement doit clairement viser une majorité populaire pour constituer un gouvernement. Ne mettons donc aucune frontière ! ». Notamment, à « des hommes et des femmes de gauche » [qui] « ne se retrouvent pas dans le terme "antilibéral" ». Le seul objectif sensé est donc de « battre la droite » et de « ne pas laisser les clés de la République à Nicolas Sarkozy ». On ne peut pas être plus clair.
Evidemment, une telle politique d’alliances ne peut pas ne pas générer de laissés-pour-compte. Les silences « au bon moment » en témoignent déjà. L’axe Royal-Buffet-Voynet, qu’on semble bien nous préparer, augure, malgré toute la phraséologie pré-électorale, une « gauche musclée » avec une politique sociale « dure ». De 1997 à 2002, Lionel Jospin n’a guère respecté ses promesses électorales et a sorti de son chapeau de nombreuses mauvaises suprises. Ce sont les mêmes à présent, et il faut s’attendre aux mêmes pratiques. Excluant donc, dans la réalité, un certain nombre de compromis et d’ouvertures. José Bové ne s’y est pas trompé lorsque, le 23 novembre, il a adressé aux collectifs « pour des candidatures unitaires de la gauche antilibérale » une lettre retirant sa proposition de candidature présidentielle. Un communiqué aussitôt qualifié de « signal d’alarme » par des membres de ces collectifs.
Mais pouvait-on sérieusement espérer, par exemple, qu’un milieu politique ayant gouverné en 1997-2002 aide José Bové à accéder à des responsabilités d’une certaine importance ? Ce serait oublier un peu vite que le gouvernement Jospin était très favorable aux OGM. Qu’en 2001, des poursuites engagées par le Parquet et par un organisme de recherche public, le CIRAD, ont abouti à la condamnation de l’alors dirigeant de la Confédération paysanne, ainsi que d’autres militants, à de lourdes peines d’emprisonnement. Ni le monde politique ni les institutions n’aiment se déjuger sur des questions aussi graves.
En réalité, des organisations comme le PCF ou les Verts, voire la « gauche socialiste », s’étaient rapprochées d’une certaine « extrême gauche » après la débâcle électorale de 2002. Suite logique d’un processus amorcé dès 1998-1989, lorsque la politique du gouvernement de « gauche plurielle » a commencé à susciter un mécontentement croissant, et qu’il est devenu impératif de « ne pas perdre de vue » les militants qui prenaient leurs distances. La volonté de récupération avait toujours été évidente. Mais avec la mise en orbite supermédiatisée de Ségolène Royal, les intérêts de carrière des appareils de ces partis pointent à nouveau vers une alliance sans fissure avec la direction du Parti socialiste afin de pouvoir accéder à ministères et administrations, de bénéficier de cette alliance lors des élections législatives et par la suite... Ce qu’un article d’Indymédia a appelé le buffet royal. Il ne pouvait pas en être autrement. Les tondus seront, comme d’habitude, les citoyens confrontés au « choix » entre une énième alternance, dont au fond ils n’attendent plus rien, et la continuité d’une majorité, dont la politique les a également laminés.
Enfin, à l’égard des empêcheurs de tourner en rond dans cette démocratie-fiction, le bunker des cinq cents signatures risque de s’avérer un excellent cordon sanitaire. Les élections ne sont tout de même pas faites pour que les citoyens puissent exprimer ce qu’ils pensent vraiment...
MILLAU
5. l’alternative, toujours l’alternative., 21 décembre 2006, 22:12
L’important, pour la secrétaire nationale du PCF, c’est de trouver « une solution pour que la gauche gagne et réussisse » et de « rendre possible le très large rassemblement politique qui peut changer la donne à gauche, battre la droite et ouvrir en 2007 pour notre peuple une nouvelle période de progrès social et démocratique ». On peut même penser que, dans un « très large rassemblement populaire », il doit y avoir la place pour quelques dirigeants de l���UDF...
Le décor est donc planté. On dirait même que, dans une stratégie globale de captation de militants et d’électeurs, les démarches de Marie-George Buffet, Ségolène Royal et Dominique Voynet ressemblent étrangement à un partage de tâches et de rôles en vue d’une opération politique ultérieure. Peu importent les divergences politiques affichées, ou les hypothétiques rivalités personnelles. En l’occurrence, on peut raisonnablement penser à une alliance d’intérêt jugée incontournable par la coupole du PCF.
Des procès d’intention, des phrases extrapolées ? Honnêtement, je ne le crois pas.
Dans un entretien publié par L’Humanité le 23 novembre, la dirigeante du Parti communiste revient à la charge : « Si je disais à l’une ou l’un de ces salariés rencontrés dimanche, si je disais aux familles en attente d’un logement que notre rassemblement n’aspire qu’à témoigner du bien-fondé de nos propositions ou à faire émerger une union de la gauche de la gauche, elles diraient : " Dans quel monde vit-elle ? Ne voit-elle pas l’urgence de battre la droite ? " Notre rassemblement doit clairement viser une majorité populaire pour constituer un gouvernement. Ne mettons donc aucune frontière ! ». Notamment, à « des hommes et des femmes de gauche » [qui] « ne se retrouvent pas dans le terme "antilibéral" ». Le seul objectif sensé est donc de « battre la droite » et de « ne pas laisser les clés de la République à Nicolas Sarkozy ». On ne peut pas être plus clair.
Evidemment, une telle politique d’alliances ne peut pas ne pas générer de laissés-pour-compte. Les silences « au bon moment » en témoignent déjà. L’axe Royal-Buffet-Voynet, qu’on semble bien nous préparer, augure, malgré toute la phraséologie pré-électorale, une « gauche musclée » avec une politique sociale « dure ». De 1997 à 2002, Lionel Jospin n’a guère respecté ses promesses électorales et a sorti de son chapeau de nombreuses mauvaises suprises. Ce sont les mêmes à présent, et il faut s’attendre aux mêmes pratiques. Excluant donc, dans la réalité, un certain nombre de compromis et d’ouvertures. José Bové ne s’y est pas trompé lorsque, le 23 novembre, il a adressé aux collectifs « pour des candidatures unitaires de la gauche antilibérale » une lettre retirant sa proposition de candidature présidentielle. Un communiqué aussitôt qualifié de « signal d’alarme » par des membres de ces collectifs.
Mais pouvait-on sérieusement espérer, par exemple, qu’un milieu politique ayant gouverné en 1997-2002 aide José Bové à accéder à des responsabilités d’une certaine importance ? Ce serait oublier un peu vite que le gouvernement Jospin était très favorable aux OGM. Qu’en 2001, des poursuites engagées par le Parquet et par un organisme de recherche public, le CIRAD, ont abouti à la condamnation de l’alors dirigeant de la Confédération paysanne, ainsi que d’autres militants, à de lourdes peines d’emprisonnement. Ni le monde politique ni les institutions n’aiment se déjuger sur des questions aussi graves.
En réalité, des organisations comme le PCF ou les Verts, voire la « gauche socialiste », s’étaient rapprochées d’une certaine « extrême gauche » après la débâcle électorale de 2002. Suite logique d’un processus amorcé dès 1998-1989, lorsque la politique du gouvernement de « gauche plurielle » a commencé à susciter un mécontentement croissant, et qu’il est devenu impératif de « ne pas perdre de vue » les militants qui prenaient leurs distances. La volonté de récupération avait toujours été évidente. Mais avec la mise en orbite supermédiatisée de Ségolène Royal, les intérêts de carrière des appareils de ces partis pointent à nouveau vers une alliance sans fissure avec la direction du Parti socialiste afin de pouvoir accéder à ministères et administrations, de bénéficier de cette alliance lors des élections législatives et par la suite... Ce qu’un article d’Indymédia a appelé le buffet royal. Il ne pouvait pas en être autrement. Les tondus seront, comme d’habitude, les citoyens confrontés au « choix » entre une énième alternance, dont au fond ils n’attendent plus rien, et la continuité d’une majorité, dont la politique les a également laminés.
Enfin, à l’égard des empêcheurs de tourner en rond dans cette démocratie-fiction, le bunker des cinq cents signatures risque de s’avérer un excellent cordon sanitaire. Les élections ne sont tout de même pas faites pour que les citoyens puissent exprimer ce qu’ils pensent vraiment...
MILLAU