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revenu minimum universel : une bonne fausse idée !

par LE BRIS RENE

Publie le dimanche 6 novembre 2016 par LE BRIS RENE - Open-Publishing
11 commentaires

Lettre Hebdo de René N° 30

Revenu universel : une bonne fausse idée !

Il y a deux grandes tendances dans la société actuellement :
la chasse aux pauvres en s’appuyant sur des réactions
primaires car non politisées d’une partie de la population,
sauf bien sür les idées rétrogrades du Front National ;
mais aussi des réactions humanistes qui pensent qu’en
additionnant certaines prestations sociales, les Etats
pourraient instituer un revenu universel pour tous qui
pourrait s’adapter aux lois du marché et permettre ainsi
aux êtres humains de vivre décemment !

Mais l’histoire nous a montré que le système économique
capitaliste a besoin de deux grandes orientations pour sortir
de ses crises = appauvrir au maximum les salariés ou
petits producteurs, notamment par le chômage, et alimenter
des guerres en s’appuyant sur l’obscurantisme, notamment en
matière religieux : c’est ce que nous vivons actuellement !

D’après l’Observatoire National de la Pauvreté et de
l’Exclusion Sociale ( ONPES ), une personne seule a besoin
de 1424 euros par mois. 3 284 euros pour un couple avec deux
enfants.
C’est du net, donc cette évaluation rejoint la plupart des
revendications salariales des organisations syndicales qui
tournent autour de 1700 euros brut par mois.

Or, ce que l’on peut lire des partisans du revenu universel
tourne autour de 800 euros, donc très loin de l’ONPES dont
les critères ressemblent fort à l’esprit de l’échelle de Maslow !

Croire que le marché, dominé aujourd’hui par le capital
financier, va accepter cette recommandation, c’est pour
reprendre une expression populaire, se mettre le doigt
dans l’oeil jusqu’à l’omoplate ! Réalisation impossible !

Pour arriver à cet objectif solidaire, nous ne pouvons
faire l’impasse de véritables changements dans la conception
de partager le travail et des buts de la production : et donc
de s’attaquer concrètement à l’unique but du capitalisme :
faire le maximum de profits de toutes sortes pour accumuler
des profits financiers ; en remettant de plus en plus en cause
les lois sociales de chaque Etat, en spéculant, en légalisant
l’évasion fiscale, en protégeant la délinquance financière
( les lois Sapin en France ). Sans oublier les méfaits
écologiques par de grands chantiers inutiles, que ce soit
dans le monde agricole ou industriel !

La revendication de la CGT de SECURITE SOCIALE
PROFESSIONNELLE est une urgence pour tous ceux qui
souffrent dans la société. C’est une revendication immédiate !

Mais aussi deux décisions économiques sont nécessaires pour
de vrais changements : le contrôle étatique de la circulation
de l’argent, ce qui passe par la nationalisation du système
bancaire. La socialisation des productions en favorisant
la proximité et la qualité avec des normes écologiques
obligatoires.

Bien sûr, cela oblige à revoir tous les traités européens,
et donc d’une bataille internationale en s’appuyant
sur les syndicats, associations, partis progressistes européens.

Bien sûr, il faudra lutter contre la déstabilisation des forces
réactionnaires sur le plan économique : fuite des capitaux,
sabotages, sanctions européennes par les forces libérales,
c’est pourquoi une amélioration très sensible des conditions
de vie et ceci dès le début du changement est indispensable
pour rassembler le soutien d’une grande partie de la
population !

Nous sommes donc loin des orientations de la droite et des
sociaux libéraux d’Hollande à Montebourg en passant par
Macron !

Mais ce combat est celui de la jeunesse !
Le rassemblement pour changer réellement, ce ne peut
être autour d’un seul parti ! C’est bien la démarche des
Insoumis pour une participation citoyenne en permettant
le renouvellement des mandats et un contrôle permanent
des élus(es) pour abolir le carrièrisme et les trahisons !

René LE BRIS - 06/11/2016

Messages

  • Sauf que si, le marché, l’économie quoi, aurait tout intérêt, dans nos pays d’accumulation, et si elle veut se perpétuer encore un peu, à soutenir la conso de cette manière. Tout simplement parce que, comme l’avait prévu le vieux barbu, le travail "vivant" n’est pratiquement plus rentable, ne dégage plus assez de plus value. Bref que de toute manière, l’emploi c’est terminé (et ça commence même à l’être dans des pays bien plus pauvres, où il est devenu moins rentable d’exploiter que de laisser la population crever et d’utiliser des machines pour produire, par exemple, des habits à bas prix pour les pauvres d’ici). La question n’est morale (travail égale légitimité du fric) qu’en apparence. Si on supprime les revenus sociaux, quelques millions de plus de gens ne vont à peu près plus consommer. C’est déjà le cas en espagne, dont la "croissance" est purement spéculative : le commerce de biens courants y a pris une grosse claque. C’est la bonne vieille contradiction interne de l’économie pointée donc par marx, elle ne peut que s’étouffer elle-même par sa recherche de rentabilité. Et tenter de se prolonger par des méthodes semi-orthodoxes, comme disent les économistes qui, eux, croient à l’économie.

    • Et que, précision, vu que l’essentiel du travail de production n’a plus de sens dans une perspective de créer de la valeur, ça n’a du coup pas une grande importance (sinon pour des moralistes à la Wauquiez/Montebourg) de distribuer du fric sans contrepartie productive, celle ci étant de plus en plus déconnectée de la production de valeur. Le seul "risque", purement politique, en est de cracher tout net que l’économie n’a rien à voir avec la production et la distri de biens, mais uniquement avec celle de valeur (ce qui évidemment remet possiblement en cause les bases morales-politiques de la démocratie marchande et propriétaire). On en est au point que l’exploitation même des humains a de moins en moins d’intérêt, ça coûte quand même trop cher et ça ne rapport pas suffisamment. Après tout, ce n’est pas que la mort de Staline qui a signé l’arrêt de mort du goulag : c’est la non rentabilité du travail forcé peu technologisé ! Ne reste que l’inégalité foncière entre les pays d’accumulation et les autres : le citoyen/résident des premiers, même pauvre, "vaut" encore quelque chose sur le marché (assurances, etc.) et donc ça a un sens économiciste de lui filer un peu de fric pour maintenir la conso ; celui des autres ne vaut queud’ch’, et peut carrément mourir (et tous les dispositifs et prétextes sont en place pour ça). Mais en perspective, il y a l’épuisement de l’économie "riche" elle aussi, et donc la superfluité définitive de ses sujets (nous), bref notre mort (ou celle de nos successeurs).

  • J’admire l’aplomb de l’auteur de cet article qui est capable d’évacuer la question du revenu minimum universel, sans même le définir, alors que le revenu minimum universel, parfois appelé revenu d’existence, recouvre des propositions fort différentes selon que son promoteur est un libéral pur jus ou quelqu’un qui a des préoccupations sociales et qui est convaincu que chacun a le droit d’avoir les moyens de vivre, avec ou sans travail (d’autant plus que c’est pas demain la veille qu’on reviendra au plein emploi).

  • chacun a le droit d’avoir les moyens de vivre, avec ou sans travail

    Définition (Wikipédia) : Le travail d’une force est l’énergie fournie par cette force lorsque son point d’application se déplace (l’objet subissant la force se déplace ou se déforme). Il est responsable de la variation de l’énergie cinétique du système qui subit cette force.
    Donc un financier "travaille", un CRS encore plus.