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Il n’est pas de sauveurs suprêmes !


de : Michel PEYRET
mardi 27 septembre 2011 - 07h17 - Signaler aux modérateurs
3 commentaires

« Il n’est pas de sauveurs suprêmes :
« Ni Dieu, ni César, ni Tribun.
« Travailleurs, sauvons-nous nous-mêmes ;
« Travaillons au salut commun. »

Tout le monde a reconnu ces paroles que Eugène Pottier écrivait en juin 1871, en pleine répression de la Commune de Paris.

L’Internationale était dédiée à l’instituteur anarchiste Gustave Lefrançais.

Aujourd’hui, nous rencontrons à nouveau Paul Mattick – voir mon article : « Sur les chemins de la révolution. » - lequel semble à la fois bien connaître Marx et Eugène Pottier, Marx et sa célèbre phrase-thèse : « Ce sont les masses qui font l’histoire. »

L’HISTOIRE ET LES GRANDS HOMMES

Paul Mattick, pour sa part, dans un texte de 1935, et dans le même esprit, évoque Lénine.

« L’affirmation selon laquelle l’histoire est faite par les grands hommes est totalement dénuée de fondement sur le plan théorique . »

C’est, dit-il, avec ces mots que Lénine a lui-même donné naissance à la légende qui veut qu’il soit le seul responsable du succès de la révolution russe . Il estimait que la Première Guerre mondiale avait été la cause directe de la révolution et qu’elle en avait déterminé l’heure.

Sans cette guerre, a dit Lénine, « la révolution aurait sans doute été remise à plusieurs décades. »

Dans le texte qu’il écrit en 1935, « Lénine et sa légende », Paul Mattick va s’attacher à mettre en évidence les mécanismes qui font que « dès à présent, chacun façonne son propre Lénine, sinon d’après sa propre image, du moins selon ses propres désirs. »

LENINE ET SA LEGENDE

« La légende de Lénine, dit-il, est à la nouvelle Russie ce que la légende napoléonienne est à la France et ce que la légende du roi Frederik est à l’Allemagne.

« Et, de même qu’il y eut un temps où les gens refusaient de croire à la mort de Napoléon, et où d’autres attendaient la résurrection du roi Frederik, de même il existe encore en Russie des paysans pour lesquels le « petit père Tsar » n’est pas mort, mais continue de satisfaire son insatiable appétit d’hommages réitérés.

« D’autres font brûler éternellement des veilleuses sous son portrait : pour ceux-là, il est un saint, un rédempteur qu’il faut prier pour qu’il vous vienne en aide.

« Pour des millions d’yeux braqués sue ces millions de portraits, Lénine symbolise le Moïse russe, saint Georges, Ulysse, Hercule, le diable ou le bon dieu. »

NOUS NE SOMMES PLUS DANS LA RUSSIE DE 1935

Nous ne sommes plus dans la Russie de 1935 et je ne sais pas ce qu’il en est dans la Russie d’aujourd’hui, mais je sais qu’en France certains qui se pensent communistes continuent à véhiculer des images d’Epinal du personnage plutôt qu’à chercher à connaître son rôle réel, concret, alors que des millions et des millions de Russes se mettaient en mouvement pour obtenir la terre et la paix.

La réalité n’est jamais univoque. Une situation concrète est toujours un ensemble de contradictions et de luttes des aspects contraires. S’il convient de bien déterminer la (ou les) contradiction(s) principales, il ne peut être question de ne pas tenir compte des autres. Bref, ainsi que le dit le bon sens populaire : « Qui n’entend qu’une cloche n’entend qu’un son. »

Aussi, pour Paul Mattick, dire de la Révolution russe qu’elle s’est déclenchée et qu’elle s’est développée en grande partie grâce à Lénine, c’est identifier cette révolution à la prise de pouvoir par les bolcheviks...

Mais cette prise de pouvoir par les bolcheviks ne dota pas la révolution de l’esprit de Lénine.

Tout au contraire, Lénine s’adapta si bien aux nécessités de la révolution que l’on peut quasiment dire qu’il accomplit l’oeuvre de cette classe, la bourgeoisie, qu’il combattait ouvertement.

Certes, précise Mattick, on a souvent affirmé que la prise de pouvoir par les bolcheviks avait permis à une révolution démocratique-bourgeoise de se muer en une révolution socialiste-prolétarienne.

Mais qui pourra croire sérieusement qu’un seul acte politique ait pu remplacer tout un développement historique.

Et que sept mois – de février à octobre – aient suffi pour créer les bases économiques d’une révolution socialiste dans un pays qui commençait à peine à se débarrasser de ses chaînes féodales et absolutistes et à s’ouvrir à l’influence du capitalisme moderne ?

LE RÔLE DECISIF DE LA QUESTION AGRAIRE

Aussi, pour Mattick, « jusqu’à l’époque de la révolution, et encore aujourd’hui dans une large mesure, la question agraire a joué un rôle décisif dans le développement économique et social de la Russie.

« Sur les 174 millions d’habitants que comptait le pays avant la guerre, 24 millions seulement vivaient dans les villes.

« Pour chaque millier de travailleurs rémunérés, 719 travaillaient dans le secteur agricole.

« En dépit du rôle considérable qu’ils jouaient dans l’économie du pays, les paysans continuaient de mener, dans leur grande majorité, une existence misérable.

« L’Etat, la noblesse et les gros propriétaires terriens exploitaient la population, sans le moindre scrupule, avec une brutalité toute asiatique. »

LA SOIF DE TERRE

Depuis l’abolition du servage (1861), le manque de terre n’a cessé d’être an centre de la politique intérieure.

C’est ce manque qui fut à l’origine de toutes les tentatives de réforme, car il portait en lui les germes de la révolution naissante qu’il fallait enrayer.

La politique économique du régime tsariste qui décrétait sans cesse de nouveaux impôts indirects ne pouvait qu’aggraver la situation des paysans.

Les dépenses pour l’armée, la flotte et la machine gouvernementale atteignirent des proportions gigantesques.

La majeure partie du budget national était gaspillée à des fins non productives, ce qui eut pour résultat de ruiner totalement la base économique agricole.

« La liberté et la terre », dit Paul Mattick, telle fut inévitablement la demande révolutionnaire des paysans. Et tel fut le slogan de la série de soulèvements paysans qui devaient, de 1902 à 1906, prendre une ampleur particulière.

« Cette agitation, qui coïncidait avec les mouvements ouvriers de grèves générales, ne manqua pas d’ébranler violemment le coeur même du tsarisme, à tel point que cette période a pu être qualifiée de « répétition générale » de la révolution de 1917.

LA REPETITION GENERALE DE 1917

« La manière dont le tsarisme réagit devant ces révoltes est particulièrement bien décrite par l’expression de Bogdanovitch, alors vice-gouverneur de Tambiovsk : « Plus il y a de fusillés et moins il y a de prisonniers. » Et l’un des officiers qui avait pris part à la répression des insurrections écrivit : « Ce n’était que carnage autour de nous : tout brûlait ; on tirait, on abattait, on égorgeait. »

« C’est dans cette mer de sang et de flammes que naquit la révolution de 1917.

Paul Mattick montre que, malgré ces défaites, l’agitation paysanne se fit plus menaçante. Elle conduisit à la réforme de Stolypine, qui devait toutefois s’avérer vide de contenu ; les promesses ne furent pas tenues et la question agraire ne fit pas le moindre pas en avant.

Ces faibles tentatives d’apaisement ne firent en fait que renforcer les revendications paysannes.

L’aggravation de la situation des paysans pendant la guerre, la défaite des armées tsaristes sur le front, l’agitation montante dans les villes, la politique chaotique du gouvernement qui perdait la tête, l’incertitude générale qui s’en suivit pour toutes les classes de la société, conduisirent à la Révolution de février, dont le premier acte fut de mettre brusquement fin à la brûlante question agraire.

« Cette révolution, écrit Paul Mattick, ne fut cependant pas marquée politiquement par le mouvement paysan, qui se borna à lui apporter toute sa force. »

LES PAYSANS S’EMPARENT DES TERRES

« Les premières déclarations, poursuit Mattick, du comité central des conseils d’ouvriers et de soldats de Saint-Pétersbourg ne firent même pas état de la question agraire.

« Mais les paysans devaient vite attirer sur eux l’attention du nouveau gouvernement. En avril et mai 1917, les masses paysannes déçues et fatiguées d’attendre, commencèrent à s’emparer des terres.

« Craignant de ne pas avoir leur part dans la nouvelle distribution, les soldats des premières lignes abandonnèrent leurs tranchées et rentrèrent en toute hâte dans leurs villages. Mais ils gardèrent leurs armes et le gouvernement ne put s’opposer à leur désertion. »

Leurs besoins ne pouvaient être satisfaits que par la paix et la terre.

Lénine et les bolcheviks n’ont pas inventé le slogan victorieux de « la terre aux paysans » ; ils n’ont fait qu’accepter la véritable révolution paysanne qui se déroulait indépendamment d’eux.

Ils s’attirèrent ainsi les sympathies des paysans et purent de même renverser le gouvernement Kérensky et prendre le pouvoir. Ils remportèrent cette victoire uniquement en tant qu’agents de la volonté des paysans, en sanctionnant leurs appropriations de terres.

Et c’est grâce à leur appui qu’ils purent se maintenir au pouvoir...

QUI FAIT LA REVOLUTION BOURGEOISE ?

Les ouvriers qui ne constituaient alors qu’une faible partie de la population n’eurent pas de réelle influence sur le caractère de la révolution russe.

Quant aux éléments bourgeois qui avaient combattu le tsarisme, ils devaient vite reculer devant la nature de leurs propres tâches. Ils ne pouvaient se rallier à la solution révolutionnaire de la question agraire, puisqu’une expropriation générale des terres pouvait très facilement déclencher une expropriation des entreprises industrielles.

Ils ne furent suivis ni par les ouvriers ni par les paysans et le sort de la bourgeoisie fut décidé par l’alliance temporaire entre ces deux groupes.

Ainsi, montre Paul Mattick, « ce furent les ouvriers et non la bourgeoisie qui achevèrent la révolution bourgeoise.

« La place des capitalistes fut prise d’assaut par l’appareil étatique des bolcheviks sous le slogan léniniste : « Si capitalisme il faut, faisons-le nous-mêmes. »

« Certes les ouvriers des villes renversèrent le capitalisme, mais ils trouvèrent vite un nouveau maître : le gouvernement bolchevique...

LA REVOLTE PAYSANNE DECISIVE

Paul Mattick considère que les revendications révolutionnaires des ouvriers ne purent être satisfaites. Certes, les ouvriers pouvaient, avec l’aide des paysans, accéder au pouvoir étatique, mais ce nouvel Etat prit rapidement une position qui était directement opposée aux intérêts des travailleurs.

« Opposition qui a pris une tournure telle que l’on peut aujourd’hui parler de « tsarisme rouge » : suppression des grèves, déportations, exécutions massives, et par conséquent, naissance de nouvelles organisations illégales qui mènent une lutte communiste contre le faux socialisme actuel...

« Toutefois, dit-il, ce qui nous intéresse ici est uniquement de bien montrer comment la révolution russe n’a pas été l’oeuvre ni de Lénine ni des bolcheviks, mais de la révolte paysanne.

« Et Zinoviev lui-même, encore au pouvoir à l’époque et du côté de Lénine, remarquait, lors du XI° congrès du parti bolchevik (mars-avril 1922) : « Ce n’est pas l’avant-garde prolétarienne qui se battit à nos côtés, qui décida de notre victoire, mais bien l’appui que nous accordèrent les soldats, parce que nous voulions la paix. Et l’armée, c’était les paysans. Si nous n’avions pas été soutenus par des millions de soldats-paysans, nous n’aurions jamais vaincu la bourgeoisie. »

C’EST LA REVOLUTION QUI A CONDUIT LENINE

« Parce que les paysans, ajoute Mattick, se préoccupaient davantage de la terre que de la manière dont était géré le pays, les bolcheviks eurent tout loisir de conquérir le pouvoir.

« Les paysans laissèrent volontiers le Kremlin aux bolcheviks, à la seule condition que ceux-ci ne s’interposent pas dans leur lutte contre les grands propriétaires terriens. » Paul Mattick montre ensuite que l’action de Lénine ne fut pas davantage déterminante dans les villes.

« Lénine, dit-il, n’a pas conduit la révolution, c’est la révolution qui l’a conduit...

« Il n’est pas sans intérêt de noter que le premier décret du gouvernement bolchevik fut dirigé contre les expropriations sauvages des usines par les conseils ouvriers.

« A l’époque, les soviets étaient plus puissants que l’appareil du Parti et Lénine fut forcé de décreter la nationalisation de toutes les entreprises industrielles.

« Et ce n’est que sous la pression des ouvriers que les bolcheviks consentirent à altérer leurs plans. Peu à peu, le pouvoir étatique allait s’affermir au détriment des soviets qui n’ont plus guère aujourd’hui qu’un rôle décoratif. »

LES SOVIETS N’ONT PLUS QU’UN RÖLE DECORATIF

Paul Mattick constate que pendant les premières années de la révolution, et jusqu’à l’introduction de la NEP en 1921, il y eut toutefois quelques expériences réellement communistes en Russie...

Mais, après avoir évoqué Cronstadt, il pousse son analyse : « Le pouvoir, rien que le pouvoir, c’est à cela que se réduit en fin de compte toute la sagesse politique de Lénine..

« Que le chemin suivi et les moyens utilisés pour atteindre ce but déterminent à leur tour la façon dont ce pouvoir est appliqué, voilà qui ne le préoccupait guère.

« Le socialisme pour lui n’était, en dernière analyse, qu’une sorte de capitalisme d’Etat sur le « modèle des postes allemandes. » (L’Etat et la Révolution)

« Et il devait dépasser de capitalisme postal sur sa lancée, puisque, en fait, il n’y avait rien d’autre à dépasser.

LE CAPITALISME D’ETAT

Il s’agissait, dit-il, uniquement de savoir qui bénéficierait du capitalisme d’Etat, et personne ne sut égaler Lénine en ce domaine.

Mattick évoque alors George Bernard Shaw, retour de Russie : « (Il) n’avait pas tort de déclarer dans une conférence à la Société Fabienne de Londres que « le communisme russe n’est rien d’autre que la mise en pratique du programme fabien que nous soutenons depuis quarante ans. »

« Et pourtant, conclut-il sur ce point, personne n’a jusqu’à présent soupçonné les fabiens de constituer une force révolutionnaire à l’échelle mondiale ;

« Alors que Lénine est avant tout acclamé comme un révolutionnaire, en dépit du fait que le gouvernement russe actuel, chargé d’administrer son « domaine », publie des démentis vigoureux chaque fois que la presse parle de toasts portés par des Russes à la révolution mondiale – comme ce fut récemment le cas à propos d’un article du New-York Times sur le Congrès des soviets russes. »

Note1 : voir l’intégralité du texte de Paul Mattick dans « La Bataille socialiste ».

Note2 : relativement à Cronstadt, voir mon article : Kronstadt, la troisième révolution. »

Note3 : la Société des Fabiens, au Royaume-Uni, est à la fois un « think tank » et un club politique de centre gauche depuis 1844. De mouvance socialiste et réformatrice, elle a été partie prenante de la création du Parti travailliste en 1900. Elle a compté dans ses rangs tous les premiers ministres travaillistes anglais jusqu’à 2010.

http://www.legrandsoir.info/il-n-es...



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Commentaires de l'article
Il n’est pas de sauveurs suprêmes !
27 septembre 2011 - 07h49 - Posté par pilhaouer

... ... Voici donc le dilemme que les groupements d’inspiration radicale affrontent inévitablement : pour avoir un écho suffisant au niveau de la société globale, les actions doivent être organisées ; mais les actions organisées se transforment en moyens d’intégration au capitalisme. Désormais, tout se passe comme si pour pouvoir faire quelque chose, il fallait faire le contraire de ce qu’on voulait, et comme si pour ne pas faire de faux pas, il fallait ne rien faire du tout.
Est-il sort plus lamentable que celui du militant aux idées radicales qui se sait utopiste et va d’échec en échec ? Aussi, par un réflexe d’autodéfense, le radical, sauf s’il est un mystique, place toujours la spontanéité au premier plan, tout en restant plus ou moins convaincu en son for intérieur que c’est un non-sens que cela. Mais son obstination semble indiquer qu’il ne cesse jamais de percevoir quelque sens caché dans ce non-sens.
Le fait de se réfugier ainsi dans l’idée de spontanéité dénote une inaptitude réelle ou imaginaire à constituer des organisations efficaces et un refus de s’opposer de manière "réaliste" aux organisations en place. En effet, pour combattre avec succès ces dernières, il faudrait créer des contre-organisations dont l’existence, en soi, irait à l’encontre de leur raison d’être.
Opter pour la "spontanéité", c’est donc une façon négative d’aborder le problème de la transformation sociale ; toutefois, mais seulement dans un sens idéologique, cette attitude a des aspects positifs, étant donné qu’elle implique un divorce mental d’avec le type d’activités qui tendent à renforcer l’ordre établi.
Aiguisant la faculté de critique, elle mène à se désintéresser d’entreprises futiles et d’organisations dont on ne peut plus rien attendre.
Elle permet de distinguer l’apparence d’avec la réalité ; bref, elle est liée à l’orientation révolutionnaire.
Puisque d’évidence certaines forces, organisations et rapports sociaux sont voués à disparaître et que d’autres tendent à les remplacer, ceux qui tablent sur l’avenir, sur les forces en gestation, mettent l’accent sur la spontanéité ; en revanche, ceux qui se rattachent étroitement aux forces du vieux monde insistent sur la nécessité de l’organisation. ... ...

Mattick "organisation et spontanéité"

http://infokiosques.net/IMG/pdf/Mat...

Débat d’actualité, non ?



Il n’est pas de sauveurs suprêmes !
27 septembre 2011 - 14h45 - Posté par A.C

Croisement de la"pensée."

Je me sers aussi de ce garçon sur un autre article !

 :))

http://bellaciao.org/fr/spip.php?ar... ?

Décidemment, il y a à fouiller du côté"négligé"... voire combattu-et avec quelle violence- du"Communisme libertaire"

A.C


Il n’est pas de sauveurs suprêmes !
27 septembre 2011 - 11h14

Là où les masses laborieuses ne se laisseront pas subjuguer, là où elles cultiveront l’amour de l’indépendance, là où elles concentreront et fixeront leur esprit et leur volonté de classe, elles créeront toujours leurs propres mouvements sociaux historiques, elles agiront selon leur propre entendement. C’est ce qui constitue la véritable essence de la Makhnovtchina.

La tragédie sanglante des paysans et des ouvriers russes ne saurait passer sans laisser des traces. Plus que toute autre chose, la pratique du socialisme en Russie a démontré que les classes laborieuses n’ont pas d’amis, qu’elles n’ont que des ennemis qui cherchent à s’emparer des fruits de leur travail. Le socialisme étatiste a démontré pleinement qu’il se range, lui aussi, au nombre de leurs ennemis. Cette idée s’implantera de plus en plus fermement, d’année en année, dans la conscience des masses du peuple.

Prolétaires du monde entier, descendez dans vos propres profondeurs, cherchez-y la vérité, créez-la vous-mêmes ! Vous ne la trouverez nulle part ailleurs.

Tel est le mot d’ordre légué par la Makhnovtchina russe aux travailleurs du monde."

Piotr Archinov

Gidehem






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