Bellaciao est hébergé par
Se rebeller est juste, désobéir est un devoir, agir est nécessaire !
PUBLIEZ ICI PUBLIEZ VOTRE CONTRIBUTION ICI
Israël. Exemple du déséquilibre d’information…
lundi 17 mai
de Roberto Ferrario
1 commentaire
Le gouvernement israélien a toujours peur de l’information comme aujourd’hui après la démolition du siège de l’AP et comme par le passé les « ennemis d’Israël » sont des journalistes ... Exemple du déséquilibre d’information. Des journalistes à Gaza sur les décombres de leurs anciens bureaux détruits par l’armée de l’air israélienne ... A Paris, la discussion sur « nos » médias grand public tourne autour du nombre de fois où l’expression (...)
Lire la suite, commenter l'article...

Sondages : y a-t-il des informations « sensibles » ?

jeudi 11 juin 2009 - 09h51 - Signaler aux modérateurs

Les sondages électoraux les plus intéressants sont les sondages de jour du vote ou ceux qu’on appelle bizarrement « sortie des urnes » (SSU). Après le déluge des sondages sur les intentions de vote, dont on sait le peu d’intérêt pour la connaissance mais l’intérêt stratégique, ce sont des sondages sur un vote réel, avec leurs biais déclaratifs sans doute, même si les corrections sont plus aisées. Ils ne concernent pas une vision du futur qu’on n’anticipait pas forcément si l’on n’était pas un sondé, mais un acte accompli le même jour. Ces sondages ont permis d’ouvrir la boite noire des totalisations de suffrages telles que les livrent les résultats électoraux par bureau, communes, départements et pays. On peut donc relier les suffrages à l’identité sociale des votants, selon l’âge, le genre, le niveau d’instruction, la catégorie sociale. Et parler avec un peu d’abus d’un vote féminin, d’un vote jeune, d’un vote troisième âge, d’un vote populaire, etc. Par rapport aux corrélations spatiales de l’ancienne géographie électorale, c’est un avantage significatif. Ces sondages peuvent en outre produire des significations accordées au vote par les électeurs. Même si ces représentations légitimantes et a posteriori doivent être analysées comme toute perception déclarée, elles ne sont pas a priori dénuées d’intérêt.

Dans les années 1970-1980, les sondages de jour du vote ont pris une grande importance dans le commentaire électoral, avec le succès enfin remporté par les sondages. Au cours des élections récentes, ils sont manifestement moins sollicités. Ou plutôt, la dimension qu’on appellera sociologique a été marginalisée, à l’inverse de la dimension politique. Lors des soirées électorales des deux tours de l’élection présidentielle de 2007, aucun commentateur ne s’était arrêté sur le vote féminin, le vote jeune, etc. Un peu comme si la dimension gênait. Les tableaux statistiques ne furent guère diffusés.

Les élections européennes du 7 juin 2009 n’ont pas provoqué une longue campagne ni le même intérêt à en juger par le record d’abstention. Si les instituts de sondage n’ont pas été mobilisés au même degré, il y eut au moins un sondage de jour du vote : TNS Sofres / Logica. Quoique effectué pour France Télévisions, Le Monde et Le Point, il n’a guère été évoqué sur l’antenne de France 2 sauf une allusion aux attentes des sondés en matière de réforme. Il n’a surtout pas été question d’une différenciation du vote par catégorie sociale. Le lendemain, un de partenaires de l’opération, le journal Le Monde publiait un article sur la dimension sociale de l’abstention mais sans l’appareil statistique. Et par ailleurs, rien n’était publié sur les corrélations sociales des choix électoraux.

Il faut signaler l’avantage qui permet à un sondage d’interroger les abstentionnistes dans un scrutin remarquable par le niveau d’abstention. Il n’est pas si évident d’entendre ceux qui se taisent. Ni si simple. Une part d’abstentionnisme est inaccessible quand on sait que l’abstention est fortement corrélée à la marginalité sociale. L’abstentionnisme électoral est plus élevé chez les exclus et les pauvres, c’est-à-dire les catégories où, selon le jargon professionnel, le taux de contact est le plus faible de même que le taux de réponse. Le sondage de jour du vote montre d’ailleurs les limites de ce genre de méthodologie qui risque de produire surtout des artefacts. Quand aux raisons de ne pas voter, posées comme le fruit d’une décision, selon le libellé très problématique de la question, seulement 3% des sondés par TNS Sofres répondent ne jamais voter, c’est manifestement erroné au regard de l’émargement des listes. En outre s’agit-il d’inscrits ou de non inscrits, les premiers comptabilisés dans l’abstention, et pas les seconds ? On ne regrettera pas cette imprécision car de toute façon, on ne peut le savoir. Du moins par un sondage. Avec 3%, on est de toute façon très loin du compte. Et on en est d’autant plus loin qu’on peut de moins en moins négliger une non inscription qui prend de nouvelles proportions et qui dans bien des endroits est la première forme de l’abstention. L’examen des questions de motivations n’est pas neutre. Une forme de cécité se développe dans la politologie qui consiste à poser aux sondés des questions qui ne se posent pas ou encore à les faire parler dans les catégories dominantes et légitimes de la politique. Ainsi, toujours dans le même sondage TNS Sofres, cette question sur les réformes : « Souhaitez-vous que, dans les mois qui viennent, le rythme des réformes menées par le gouvernement se maintienne, s’accélère, ralentisse ». Seuls 6% des sondés sont sans opinion. Or, la question n’a aucun sens ou plutôt pas le même sens pour tous. Dans tous les cas, cela n’a pas le même sens selon que l’on est favorable au gouvernement ou défavorable. Cela donne cependant moins un partage absurde que pas de partage du tout car entre les trois hypothèses proposées, cela signifie que tout le monde est favorable aux réformes menées par le gouvernement. Certains électeurs de l’UMP souhaitent que le rythme ralentisse… Dans ce type d’interrogation, il existe donc une faute méthodologique mais aussi un biais idéologique. Le sens du vote, déjà forgé par le bulletin de vote, comme cela n’a pas été si simple de le faire au cours du XIX ème siècle, doit encore être modelé par le sondeur et ses commanditaires puis par le journaliste. Ils effectuent ce travail que Max Weber a appelé la « domestication des dominés », avec un redoublement qui fait du vote une expression doublement contrainte. Donner une signification politique aux votes, même dans les catégories préétablies des questions fermées, nécessite de juger sur pièces. En outre refuser de relier les votes aux positions sociales des électeurs préserve moins la liberté du citoyen que la puissance du prince issu des urnes.

Alain Garrigou

Source : http://observatoire-des-sondages.or...


Partager cet article :

Imprimer cet article




accueil | contacter l'admin



Suivre la vie du site
RSS Bellaciao Fr


rss IT / rss EN / rss ES



Bellaciao est hébergé par DRI

Facebook Twitter
Exemple.
lundi 17 mai
de jy.D
Après le vote du PCF, un appel des « Communistes insoumises et insoumis »
lundi 17 mai
de Communistes insoumises et insoumis
3 commentaires
Israël. Exemple du déséquilibre d’information…
lundi 17 mai
de Roberto Ferrario
1 commentaire
DAZIBAO
Israël. Exemple du déséquilibre d’information…
lundi 17 mai
de Roberto Ferrario
1 commentaire
Le gouvernement israélien a toujours peur de l’information comme aujourd’hui après la démolition du siège de l’AP et comme par le passé les « ennemis d’Israël » sont des journalistes ... Exemple du déséquilibre d’information. Des journalistes à Gaza sur les décombres de leurs anciens bureaux détruits par l’armée de l’air israélienne ... A Paris, la discussion sur « nos » médias grand public tourne autour du nombre de fois où l’expression (...)
Lire la suite
Liberté de la presse, version israélienne (video)
samedi 15 mai
L’armée israélienne a détruit samedi le bâtiment qui abrite les bureaux de l’agence de presse américaine Associated Press et Al Jazeera dans la bande de Gaza La tour de la ville de Gaza qui abritait les bureaux des médias internationaux a été pulvérisée samedi par une attaque annoncée quelques minutes plus tôt par l’armée israélienne. Le bâtiment de 13 étages, visé par l’armée de l’air israélienne et qui venait d’être évacué, s’est effondré, (...)
Lire la suite
Info’Com-CGT : le secrétaire Romain Altmann organise une épuration dans le syndicat…
vendredi 7 mai
de Sidi Boussetta secretaire adjoint UL CGT Blois
NDLR : Le secrétaire Romain Altmann veux imposer l’exclusion de deux camarades (Sidi Boussetta secrétaire adjoint UL CGT Blois et Roberto Ferrario fondateur du site bellaciao.org) du syndicat Info’Com CGT en vertu du débat démocratique…. Pfffffffff Semble que bien d’autres vont suivre le chemin du Goulag en Sibérie…. Voilà la réponse d’un des de deux camarades, premier de la liste noire… Les cons ça osent tout...voici ce que j’ai trouvé dans (...)
Lire la suite
Mise à jour : réfugiés italiens sept sur dix sont libres sous contrôle judiciaire
jeudi 29 avril
de Oreste Scalzone
* Sur les sept personnes arrêtées hier matin à l’aube, libérées de prison et remises en « caution » sous contrôle judiciaire : Roberta Cappelli, Narciso Manenti, Marina Petrella, Giorgio Pietrostefani, Sergio Tornaghi. ** Des deux Compagnons constitués ce matin, l’audience pour « statuer » sur la demande de libération de Luigi Bergamin a été fixée à 18 heures, et il est fort probable qu’elle ait eu le même résultat. Les « demandes » formulées par l’avocate Irène (...)
Lire la suite
On avance… Marina Petrella et Roberta Cappelli sont libres sous contrôle judiciaire
jeudi 29 avril
de Dominique Grange
Nous fêtons ce soir une libération qui nous fait chaud au coeur à tou.te.s, celle de nos deux camarades MARINA PETRELLA et ROBERTA CAPPELLI qui sont désormais dehors, sous contrôle judiciaire ! Mais n’oublions pas les six autres toujours détenus... Continuons à nous mobiliser per liberare tutti...pour les libérer tous ! Rejoindre notre groupe FB tu es le bienvenu ✊ (...)
Lire la suite
LIBERARE TUTTI (audio)
mercredi 28 avril
de Dominique Grange
1 commentaire
A Roberta Capelli, Marina Petrella, Enzo Calvitti, Giovanni Almonti, Sergio Tornaghi, Narciso Manenti, Giorgio Pietrostefani. En 2003, j’ai écrit cette chanson "DROIT D’ASILE", suite à l’enlèvement d’un militant italien exilé en France, Paolo Persichetti, et à son extradition, puis son incarcération en Italie. Je l’ai ensuite dédiée à Cesare Battisti, alors emprisonné au Brésil, à Marina Petrella, arrêtée en 2007 et emprisonnée en France, en attente (...)
Lire la suite
REVIREMENT INQUIÉTANT DE LA FRANCE POUR LES RÉFUGIÉS ITALIENS
mercredi 28 avril
de La LDH
Communiqué LDH A l’inverse de ce que la présidence de la République soutient, la décision de François Mitterrand, exprimée lors du congrès de la Ligue des droits de l’Homme (LDH) en 1985, de ne pas extrader les réfugiés italiens en France n’excluait aucun de ceux-ci. Il est regrettable qu’en violation de toute éthique le président de la République ait décidé de revenir sur les engagements de la République. S’en prendre à des femmes et des hommes qui vivent (...)
Lire la suite