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SEILLIERE SE PAIE UNE DANSEUSE AUX FORMES ARRONDIES : EDITIS

lundi 5 juillet 2004 - Contacter l'auteur - 3 coms


de Franca Maï

Après tout, les voyages effectués sont ceux que l’on mérite.

La littérature est entre les mains du Président du Medef et du premier fabricant
de chair à canons français. Des jumeaux qui se penchent sur son berceau avec
gourmandise. Sur les étals des libraires, fleurissent en force les logorrhées
autobiographiques de destins véniels et souvent insipides au détriment de petits
bijoux, vite relégués à l’ombre d’une étagère poussiéreuse, invisible à l’œil
nu. Non, ce n’est pas de la censure… juste de la négligence. Il y a tellement
de livres à fourguer aux couleurs chatoyantes. Harmonisées aux teintes du canapé.

Quelques éditeurs indépendants tentent avec passion de trouver une place pour
diffuser les auteurs vivants et encore de ce monde, susceptibles de nourrir avec
grâce, l’anorexie mentale et intellectuelle qui se profile dans un proche futur.

Quelques éditeurs indépendants transpirent et se cassent les dents pour éclairer d’un soleil rouge et lumineux, cette rive asséchée qui fait que le quidam confond Zeus avec une marque publicitaire.

Quelques éditeurs indépendants quelquefois fatigués, ferment les yeux et plongent dans un coma éternel, là où les rêves surpassent la réalité.

La paresse de défricher est le mal du lecteur formaté.

Juste tendre la main et consommer convulsivement ce que d’autres ont décidé pour lui.
Juste faire passer l’ennui d’une vie.

La lecture est une rencontre jouissive et épicurienne de pensées, de mots ou de musicalité. Elle peut assommer ou dynamiser la boîte crânienne. Mais elle ne doit en aucun cas, laisser indifférent. Elle peut même livrer quelques clefs.

Uniformiser la littérature revient à tuer la liberté de penser et son sens critique. C’est la nouvelle artillerie économique. Regardez-la bien, elle est pire que la roulette russe et en plus elle ne tâche pas le sol.

Tout s’amorce en silence.

La littérature est un voyage initiatique. Il y a ceux qui optent pour les voyages organisés et les autres. Peu nombreux.

Mais après tout, les voyages effectués sont ceux que l’on mérite.

04.07.2004
Collectif Bellaciao

Mots clés : Dazibao / Economie-budget / Franca Maï / Littérature-Philo-Livres /

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