Bellaciao est hébergé par
Se rebeller est juste, désobéir est un devoir, agir est nécessaire !

Les coups d’Etat permanents de l’impérialisme, la BOLIVIE !


de : joclaude
mercredi 15 juillet 2020 - 11h30 - Signaler aux modérateurs

Source : Mémoires des luttes,Maurice LEMOINE - NDLR : les coups bas de l’impérialisme tout en prêchant la bonne parole "démocratique" à travers leurs médias-ripoux sous contrôle, mensonges et mutisme, afin que nul n’en sache rien !

Otages des putschistes boliviens

Bolivie post-coup d’Etat… « Nous vivons dans la douleur, l’incertitude, l’angoisse la peur, l’indignation… » Elle s’appelle Patricia Moldiz. Elle est Bolivienne, on l’aura compris. Elle continue, d’une voix altérée : « Depuis sept mois, nos proches n’ont pas pu obtenir le sauf-conduit qui leur permettrait de quitter l’ambassade où ils se sont réfugiés. » Fille de Hugo Moldiz, avocat, universitaire et ministre de l’intérieur d’Evo Morales en 2015, la jeune femme s’exprime dans le cadre de la conférence de presse virtuelle qui, le 17 juin, organisée depuis l’Argentine, où est réfugié le président renversé, lance la « Campagne internationale pour la liberté et l’obtention de laissez-passer pour les sept demandeurs d’asile à l’ambassade du Mexique en Bolivie [1] ». Des fidèles et proches collaborateurs de l’ex-chef de l’Etat. A savoir : Moldiz, Juan Ramón Quintana (ministre de la présidence) [2], Javier Zavaleta (défense), Héctor Arce Zaconeta (justice), Wilma Alanoca Mamani (culture), Víctor Hugo Vásquez (gouverneur du département d’Oruro), Nicolás Laguna (directeur de l’Agence des technologies et de l’information [Agetic]).

Rapidement disparue des radars après le « golpe » de novembre 2019, la Bolivie se retrouve davantage encore abandonnée à elle-même du fait de l’isolement provoqué par la pandémie de Covid-19. Oubliés ces jours où, du 11 au 13 novembre, la putschiste Janine Añez et ses acolytes exorcisent, Bible à la main, un palais présidentiel où, symboliquement, en la personne d’Evo Morales, gouvernait la Pacha Mama. Béni par Washington, orchestré par son appendice, l’Organisation des Etats américains (OEA), misérablement entériné par l’Union européenne, un coup d’Etat dans les règles, amplement confirmé depuis par plusieurs études indépendantes [3]. Violence, racisme, fanatisme se déchaînent. La haine du peuple, et surtout de sa composante indigène, ne cherche même pas à se cacher. Chef d’Etat légitime et réélu pour un nouveau mandat, sous les couleurs de Mouvement vers le socialisme (MAS), Evo Morales doit s’envoler en toute hâte pour le Mexique. A qui lui demande les raisons d’une telle précipitation, il explique : « J’ai démissionné pour qu’il n’y ait pas plus de morts et pas plus d’agressions. Frère journaliste, savez-vous pourquoi nous avons démissionné, le 10 dans l’après-midi, avec le frère [Álvaro] García Linera [vice-président] ? Parce qu’ils ont attrapé mes frères dirigeants, militants, gouverneurs des Départements, maires, et qu’ils leur ont dit qu’ils brûleraient leur maison si je ne démissionnais pas. Ils ont dit au frère du président de la Chambre des députés : “Si ton frère ne démissionne pas, on va te brûler vif sur la place. ” Ils ont incendié la maison de ma sœur, à Oruro. Du racisme au fascisme et du fascisme au coup d’Etat… [4] » Avec une claire implication des militaires, pour ne pas rompre avec la grande tradition des « pronunciamientos ».

De fait, après que leurs domiciles aient été perquisitionnés et incendiés, que leurs proches aient été intimidés ou détenus, neuf membres du gouvernement légitime se réfugient dans l’ambassade du Mexique et demandent l’asile politique (qui leur est accordé). A l’exception de deux d’entre eux – le ministre des mines César Navarro et le vice-ministre du développement rural Pedro Damián Dorado –, qui ont reçu au bout de deux mois un sauf-conduit leur permettant de quitter le pays, tous sont reclus depuis dans l’enceinte de la représentation mexicaine. Les prétendant sous le coup de la justice, le pouvoir illégitime les emprisonne de fait en leur refusant tout laissez-passer. Pourtant, « les sept sont des hauts fonctionnaires, affirme le 17 juin la philosophe, universitaire et militante sociale argentine Isabel Rauber, ce qui n’est pas un délit. Les menaces contre eux et leurs familles, oui, sont des délits ! » Argentin lui aussi, juge de la Cour interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) depuis 2016, ex-membre de la Cour suprême de son pays (2003-2015), avocat d’Evo Morales, Raúl Eugenio Zaffaroni note comme Rauber qu’on n’a nullement affaire à des délinquants : « On ne les a mis en accusation qu’après leur entrée dans l’ambassade. Une pratique de “lawfare” assez commune dans notre région [5]. Mais, en Bolivie, beaucoup plus grave car on n’y achète pas les juges : on les menace, on menace leurs familles. »

Intimidés ou pas, certains magistrats ont la main aussi lourde que sélective, depuis le coup d’Etat. Sans prétendre à l’exhaustivité (car il faudrait citer des dizaines et des dizaines d’anonymes), on mentionnera ici, à titre d’exemples :

en novembre, arrestation de Gerardo García, vice-président du MAS ; de la députée élue dans la Circonscription 52 de Santa Cruz, Deysi Choque ; en décembre, de Luis Hernán Soliz Morales, cousin et assistant (au sein du ministère de la présidence) d’Evo Morales ; de Marcial Escalante, vice-president du MAS à Yapacani (Santa Cruz) ; de María Eugenia Choque, Antonio Costas et Édgar Gonzales, fonctionnaires du Tribunal suprême électoral (TSE) ; en janvier, de Patricia Hermosa, ex-chef de cabinet et chargée de pouvoir d’ « Evo » (pour avoir communiqué par téléphone avec lui et Ramón Quintana !) ; de Carlos Romero, ex-ministre de l’intérieur ; en février, du député Gustavo Torrico, accusé – comme Evo Morales lui-même et Ramón Quintana ! – de « terrorisme et sédition » ; de César Cocarico, ex-ministre du développement rural ; en avril, de Patricia Arce, mairesse « masiste » [partisan du MAS] de Vinto (Cochabamba), pour « non respect de la quarantaine » et « consommation de boisson alcoolique » (à son domicile, lors d’une réunion familiale)… Aux exactions de la police et de l’armée pour « pacifier » le pays – massacres de Senkata et Sacaba (au 12 décembre 2019, 34 morts, 832 blessés) – s’ajoute une persécution implacable. A peine s’était-il emparé du pouvoir que le pseudo ministre de l’intérieur, Arturo Murillo, annonçait une « chasse à l’homme » pour retrouver le ministre de la présidence Quintana. Pourquoi une telle haine ? « Parce que c’est un animal qui est en train de tuer des gens », répondit le Torquemada. Puis il fit tirer à balles réelles sur les manifestants. Le 8 janvier 2020, le pouvoir de fait a annoncé qu’il allait ouvrir, pour « corruption », une enquête sur 592 personnes liées au gouvernement d’Evo Morales. Sans donner de noms, la liste des « suspects » étant « confidentielle », il précisa tout de même qu’il s’agissait de personnes ayant occupé des fonctions comme… chef de l’Etat, ministre, vice-ministre, fonctionnaires de haut rang dans des entreprises publiques, représentants de partis politiques pendant la période de 2006 à novembre 2019. Trois jours plus tard, l’authentique titulaire du ministère de l’intérieur (dit également Ministerio de Gobierno), Carlos Romero, quittait son domicile dans une ambulance avant d’être hospitalisé, souffrant d’hypertension, d’anxiété et de déshydratation. Depuis plusieurs jours, les nervis d’un collectif baptisé « La Résistance » – comme au Venezuela pendant les « guarimbas » insurrectionnelles de 2017, quelle originalité ! – assiégeaient sa maison, exigeant qu’il soit arrêté et jugé. « J’avais faim et soif, témoignera Romero, très affaibli, quelques jours plus tard, car ils empêchaient toute entrée d’alimentation et m’avaient coupé l’eau. » Le 17 janvier, la police sortira Romero de sa chambre d’hôpital pour l’incarcérer à la prison San Pedro (La Paz), un juge « anticorruption » ayant dicté à son encontre une mesure de détention préventive – c’est-à-dire sans jugement d’aucune sorte – de six mois.

Ce n’est donc pas sous le coup d’une « panique injustifiée » que « les sept » se sont réfugiés en toute hâte dans l’ambassade de laquelle ils sont désormais prisonniers. Et qui, elle même, au mépris du droit international et de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques, se trouve désormais assiégée.

Le 27 décembre 2019, accompagnés de leur escorte – quatre hommes du Groupe spécial d’opérations (GEO) de la police espagnole –, deux diplomates de ce pays, la chargée d’affaires Cristina Borreguero et le consul Álvaro Fernández, entendaient rendre une visite de courtoisie à l’ambassadrice du Mexique, María Teresa Mercado. Un incident confus mais significatif marqua la fin de cette entrevue. Alors que les deux autos, dont celle des policiers espagnols, revenaient chercher leurs compatriotes, une bande de civils exaltés, présents autour du complexe résidentiel pour empêcher toute tentative d’« évasion » des « criminels », prétendit leur interdire le passage, sans que les forces de l’ordre boliviennes, également présentes, ne bougent le petit doigt. Equipés de leurs banderoles – « En campagne permanente et active » –, ces individus surveillent la résidence vingt-quatre heures sur vingt-quatre et fouillent tout véhicule passant par-là. Pris à partie, accusés de vouloir exfiltrer le « criminel » Juan Ramón Quinana, les policiers espagnols se couvrirent le visage d’un passe-montagne, par mesure de sécurité, lorsqu’ils s’aperçurent que des photographes leur tiraient le portrait. La tension monta d’un cran. Les deux véhicules marqués « corps diplomatique » durent reculer, confrontés aux menaces et insultes des ultras appuyés par les policiers boliviens. Il fallut plusieurs heures de négociations à haut niveau pour que les diplomates puissent enfin accéder à leur véhicule et quitter les lieux. Les autorités justifièrent l’injustifiable en prétendant que si la police n’avait pas laissé passer les autos c’est parce que l’une d’entre eux transportait des individus cagoulés.

Plutôt que s’excuser pour cette agression violant tous les usages, Janine Añez persista et signa : « Le gouvernement constitutionnel que je préside (sic !) a décidé de déclarer ’’persona non grata’’ l’ambassadrice du Mexique en Bolivie, Maria Teresa Mercado, la chargée d’affaires d’Espagne en Bolivie, Cristina Borreguero, le consul, Alvaro Fernández. Ils ont 72 heures pour quitter le pays. » Lorsque l’ambassadrice quitta sa résidence en direction de l’aéroport, les mêmes groupes de nervis, violant une nouvelle fois l’immunité diplomatique, fouillèrent son véhicule sous l’œil bienveillant des flics boliviens. Dans une déclaration d’un courage insensé, l’Union européenne (UE) – si prompte à sanctionner le Venezuela – exprima « sa profonde inquiétude ». Moins complaisant à l’égard des néofascistes, le président mexicain Andrés Manuel López Obrador dénonça le harcèlement permanent de son ambassade : « Même Pinochet n’a jamais fait ça. »

Bien entendu, ce sombre épisode ne passa pas inaperçu en Espagne. Quelques jours plus tard devait avoir lieu l’investiture de Pedro Sánchez comme président du gouvernement, en alliance avec Unidos Podemos. A l’invitation des putschistes boliviens, entrent en scène à La Paz, le 1er janvier, le député espagnol Víctor González Coello de Portugal, vice-président du parti d’extrême droite Vox, ainsi que l’eurodéputé « Vox » Hermann Tertsch, vice-président du groupe des Conservateurs et réformistes européens (ECR) [6]. Il s’agit pour eux, outre un appui au gouvernement bolivien « dans sa lutte pour la démocratie et la liberté face au communisme et aux intentions déstabilisatrices du Forum de São Paulo [7] », d’obtenir des éclaircissements sur l’« étrange irruption d’homme cagoulés espagnols dans l’ambassade mexicaine ».

Au terme d’une longue et très cordiale rencontre avec les ministres de l’intérieur et de la défense, Arturo Murillo et Fernando López, Víctor González Coello de Portugal se déclare très frappé par les faits rapportés. « Ils nous remplissent d’alarme et de préoccupation. Nous voulons en savoir davantage, nous voulons que ces personnes [ses compatriotes, la diplomate et les policiers incriminés et expulsés] soient convoquées par la justice [espagnole] et nous voulons savoir quel lien il y a entre eux et Podemos. » D’autres variables entrant en ligne de compte, il s’empresse d’ajouter : « Si ce qu’on nous a relaté est exact, j’encourage le Mexique à livrer ces gens [les ministres d’Evo Morales]. »

Bravo, bonne analyse ! Enchanté par la teneur de cette rencontre « au sommet » entre néofascistes de bonne compagnie, Murillo renvoie immédiatement l’ascenseur. Le 3 janvier, lors d’une conférence de presse tenue en commun avec ses amis, il déclare qu’il existe « de claires évidences de financement du gouvernement d’Evo Morales à des partis étrangers » et demande à son « procureur général » Juan Lanchipa de lancer des poursuites contre les bénéficiaires de ces malversations : Pablo Iglesias (leader espagnol de Unidos Podemos) ; Juan Carlos Monedero (co-fondateur de Podemos) ; Íñigo Errejón (député de Más País) ; José Luis Rodríguez Zapatero (ex-chef socialiste du gouvernement espagnol) et, pour faire bonne mesure, le juriste Baltasar Garzón ! Tel est le gouvernement que l’Union européenne a accepté d’aider à « pacifier » le pays.

Avec la complicité de Washington et de l’UE, la putschiste Janine Añez s’accroche à sa présidence « tendance Juan Guaido » [8] (à qui, expulsant leurs légitimes occupants, elle a offert l’ambassade du Venezuela à La Paz). Ce n’est qu’après avoir longuement résisté et traîné les pieds qu’elle a finalement accepté la décision de l’Assemblée plurinationale, dominée par le MAS d’Evo Morales, d’organiser la nouvelle élection présidentielle, le 6 septembre prochain. L’assentiment prête cependant à équivoque. La vision idyllique d’un scrutin se déroulant démocratiquement appartient et risque d’appartenir pendant quelques mois encore aux rêveurs impénitents (ou à l’infâme secrétaire général de l’OEA, Luis Almagro).

Ambiance… Les factieux ont fermé près soixante radios communautaires, les accusant de sédition. Le 23 mai, alors que, selon la Constitution, les promotions des hauts gradés doivent être débattues et approuvées (ou rejetées) par le Sénat, le haut commandement des Forces armées, emmené par le commandant en chef, le général Sergio Orellana, investit l’enceinte législative et lance un ultimatum : « Nous allons attendre une semaine. (…) Si nous recevons une réponse négative, nous procéderons selon nos propres normes. » Devant leur refus d’entériner ce coup de force, Murillo menace d’emprisonner les législateurs. C’est également de la politique élémentaire : quand, début juin, à K’ara K’ara (zone sud de de Cochabamba), la tour d’une entreprise de téléphonie privée s’abat, Murillo accuse immédiatement le MAS d’être « derrière ces actes terroristes ». Quelques jours plus tard, le 15, trois autres antennes situées à Villa Yapacaní, Ichilo et San Juan (Santa Cruz) explosent. Avant même l’ouverture d’une quelconque enquête, le ministre de la défense Fernando López fait lui aussi clairement allusion au parti d’Evo Morales : « Les Forces armées sont entraînées et en train de se préparer à défendre la démocratie et la vie des Boliviens. Le terrorisme n’est pas une façon de faire campagne [9]. »

K’ara K’ara encore, le 22 juin. Plusieurs centaines de personnes manifestent pour exiger la libération d’Osvaldo Gareca et Remmy Fernández, dirigeants de la Coordination populaire pour la défense de la démocratie et de la vie dans la zone sud de Cochabamba, ainsi que de Lucy Escobar, candidate du MAS pour l’élection au Sénat. Tous trois ont été arrêtés alors qu’ils accompagnaient un camion de matériel destiné à la lutte contre le Covid-19 dans une zone – le Tropique de Cochabamba – abandonnée par le pouvoir central aux affres de la pandémie. Il n’est pas abusif de tirer de tous ces faits certaine conclusion. Dans la perspective de la prochaine élection, tous les sondages donnent le MAS et son candidat à la présidence, l’économiste Luis Arce, vainqueurs du premier tour. Malgré la répression et après, pour certains, un temps de flottement, les partisans d’Evo Morales n’ont pas baissé les bras. Assigné à résidence par un juge à la botte de la dictature, le député du MAS Gustavo Torrico a ainsi déclaré aux policiers qui l’arrêtaient : « Le problème c’est qu’on vous arrête parce que vous êtes “masiste” ; alors, si c’est pour être “masiste”, il va falloir me condamner à perpétuité, parce que jamais je ne cesserai de l’être. »

Il s’agit de briser cette force, de rompre cet élan. Le 15 juin, en termes très vagues, sans apporter aucune preuve fiable, le Tribunal suprême électoral (TSE) a déposé une plainte pénale auprès du ministère public pour fraude lors des élections de 2019. Il s’agit à l’évidence d’une manœuvre destinée à mettre le MAS hors la loi et à disqualifier tous ses candidats pour les prochaines élections. Parallèlement, le pouvoir multiplie les menaces, interférences et pressions contre les organes de l’Etat encore indépendants – bureau du procureur général, ministère de la justice, Assemblée législative, etc. Le 30 juin, allant jusqu’au bout de la logique et de son projet, le pouvoir a annoncé des poursuites judiciaires contre le favori de la course à la présidence, le « masiste » Luis Arce, pour de supposés dommages financiers causés à l’Etat lorsqu’il était ministre de l’économie et des finances publiques (pour beaucoup, sauf ceux qui depuis le “golpe” ont retourné leur veste, il est le « père du miracle économique » bolivien). « Nous voulons dénoncer devant l’opinion publique, a réagi Arce, l’intention qu’a le gouvernement de nous proscrire pour nous empêcher de participer à ces élections [10]. »

Dans un tel contexte, la pression n’a jamais cessé contre l’ambassade mexicaine, constamment assiégée, harcelée et intimidée par des drones, des opérations policières et la présence des extrémistes qui manifestent publiquement leur intention de ne pas laisser en paix les ex-autorités. Le 14 juin, plus de deux cents policiers armés, accompagnés de chiens et de véhicules d’assaut, ont tenté de pénétrer dans la résidence. Après quarante minutes d’extrême tension et la courageuse résistance du chargé d’affaires mexicain Edmundo Font, qui s’interposa et intervint téléphoniquement auprès des autorités, les assaillants reçurent l‘ordre de se retirer.

Avec leur charge d’angoisse et d’anxiété, de telles provocations ajoutent à l’inhumanité du sort des « otages » maintenus depuis des mois en situation précaire, indépendamment de la générosité de leurs hôtes mexicains. « Le droit d’asile est non seulement reconnu dans la Convention interaméricaine des droits humains, s’insurge Raúl Eugenio Zaffaroni, mais constitue la base du droit international. » Pour sa part, Isabel Rauber se réfère aux points 5 à 12 de la Convention de l’asile diplomatique et aux « droits des requérants à être protégés par l’ambassade qui accorde l’asile et l’obligation qu’a le gouvernement, dans ce cas la Bolivie, d’accorder des sauf-conduit et la sécurité de leurs possesseurs quand ils abandonnent le pays. » Dernier point qui n’a rien d’anodin lorsqu’on se souvient de ce qui s’est passé avec César Navarro et Pedro Damián Dorado quand, enfin, ils purent partir pour l’étranger. Après deux mois enfermés dans l’ambassade, tous deux avaient finalement obtenu le fameux laisser-passer. Alors que, accompagnés de d’Edmundo Font, ils se préparaient à prendre un vol commercial à destination de l’exil, un chef de la police et un procureur les interpellèrent dans l’enceinte de l’aéroport, alléguant de l’existence d’un supposé mandat d’arrêt. L’un et l’autre résistant à ce nouvel arbitraire, leur arrestation se déroula avec brutalité. Tous deux se retrouvèrent en cellule et il fallut plusieurs heures pour que le « gouvernement » confirme enfin leur autorisation de sortie. Illégitime, arrivé à la tête du pays sur la base d’une fraude (bien réelle, celle-là), s’y maintenant en érigeant un Etat de non-droit, Janine Añez et ses séides violent tant l’ordre interne bolivien que le droit international. Depuis huit mois, sept innocents attendent des sauf-conduits pour partir au Mexique. Face à l’arbitraire de ce pouvoir illégitime, la campagne de solidarité internationale menée par plus d’une centaine d’organisations et de personnalités de différents pays affiche clairement ses objectifs : « Exiger l’émission immédiate de laissez-passer pour les sept afin qu’ils puissent se retrouver avec leurs familles et êtres chers, vivre dignement en liberté et jouir du droit de faire prévaloir leurs droits. »

Maurice LEMOINE

Contact avec la campagne : libertadparalxs7asiladxs a4a gmail.com



Imprimer cet article





Pour se souvenir:Ernesto « Che » Guevara (1928-1967), combattant internationaliste
lundi 19 - 17h26
de : joclaude
Sortir de toute barbarie par le haut suppose de promouvoir la civilisation
lundi 19 - 00h21
de : Christian Delarue
1 commentaire
Remember (pour se souvenir)Thomas Sankara...
dimanche 18 - 15h56
de : joclaude
Plusieurs milliers de sans-papiers défilent à Paris pour la dernière étape de la Marche des solidarités
dimanche 18 - 13h09
1 commentaire
Monogamie souple ou la fin de l’exclusivisme sexuel conjugal
dimanche 18 - 09h17
de : Christian Delarue
1 commentaire
Village du peuple : d’un lieu de vie et d’expérimentation à un tas de gravats
dimanche 18 - 08h39
UFAL : Les « hussards noirs de la République » sont désormais les cibles de l’islamisme radical
samedi 17 - 23h16
de : Christian Delarue
1 commentaire
Attentat de Conflans St Honorine : ATTAC et FSU plus MRAP
samedi 17 - 21h57
de : Christian Delarue
3 commentaires
La théorie monétaire moderne expliquée simplement
samedi 17 - 15h33
de : Luc JACOB
Refus du séparatisme des riches actionnaires (17 octobre)
samedi 17 - 10h39
de : Christian Delarue
2 commentaires
quelques infos sur l’organisation de la marche des sans-papiers en Ile de France
vendredi 16 - 21h04
de : jean1
Propos scandaleux de M. Reda : solidarité avec le GISTI
vendredi 16 - 20h08
de : Christian Delarue (MRAP)
3 commentaires
Communiqué de presse des Mutuelles de France : Encore un coup fourré en macronie !
vendredi 16 - 12h11
de : joclaude
Toulouse : couvre-feu et situation sanitaire décuplent la colère des soignants
vendredi 16 - 12h09
BOLIVIE : Second coup d’Etat ou fraude électorale ?
vendredi 16 - 11h52
de : joclaude
3 commentaires
COVID19:Perquisitions chez Edouard Philippe et Olivier Véran
vendredi 16 - 11h36
de : joclaude
La théorie monétaire moderne expliquée simplement
vendredi 16 - 09h27
de : Luc JACOB
1 commentaire
Manipulation sur le séparatisme avec un Robert Ménard raciste.
vendredi 16 - 09h02
de : Christian Delarue (MRAP)
1 commentaire
Cuba est élu au Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU (pour la 5° fois)
jeudi 15 - 17h11
de : joclaude
’Urgence de vous’ ou l’urgence de parler le 21/10 à Bruxelles
jeudi 15 - 15h51
BOLIVIE : Autre démonstration de félonie du régime capitalisme !
jeudi 15 - 12h00
de : joclaude
TROISIEME RASSEMBLEMENT POUR EXIGER LA LIBERATION DE GEORGES ABDALLAH !
jeudi 15 - 11h32
de : jean clement
Arkéa se met au dopage, il manquait plus que ça !
jeudi 15 - 09h37
de : Breton En Colère
La grande distribution - C’est l’heure de l’mettre
mercredi 14 - 20h56
de : Hdm
1 commentaire
« Vous avez aimé la première vague et le confinement … ?
mercredi 14 - 19h25
de : Lepotier
1 commentaire
Sujets sociaux : cinq syndicats réclament des réponses à Jean Castex
mercredi 14 - 16h07
2 commentaires
Etrange... ! Corée du Nord : pourquoi tout le monde est maintenant masqué
mardi 13 - 16h40
de : nazairien
1 commentaire
Répression : la mobilisation pour les 4 de Melle prend une ampleur nationale
lundi 12 - 14h52
ANTIFASCISME : Faire barrage au retour de la bête, sous toutes ses formes !
vendredi 9 - 21h36
de : Lepotier
COVID19 : Le Syndicat National des Professionnels infirmiers
vendredi 9 - 15h53
de : joclaude
1 commentaire
BOLIVIE : Le MAS continue de mener les intentions de vote
jeudi 8 - 16h06
de : joclaude
3 commentaires
Le gouvernement s’apprête à donner le coup de grâce à Action Logement
jeudi 8 - 15h19
de : joclaude
1 commentaire
DEUXIEME RASSEMBLEMENT POUR EXIGER LA LIBERATION DE GEORGES ABDALLAH ! Place de station de métro Ménilmontant - VENDREDI
jeudi 8 - 11h55
de : jean clement
COVID-19 : L’épidémie est terminée en Chine, la vie a repris son cours !
jeudi 8 - 11h33
de : joclaude
3 commentaires
Robert Ménard abandonne l’expulsion des syndicats de la Bourse du travail de Béziers
jeudi 8 - 08h33
3 commentaires
Le MRAP condamne l’incendie de l’église Saint-Pierre Chanel à Rillieux-la-Pape
mercredi 7 - 22h23
de : Christian Delarue (mrap)
4 commentaires
Une jeune fille de 75 ans - C’est l’heure de l’mettre !
mercredi 7 - 20h55
de : Hdm
Pendant le covid, les milliardaires...
mercredi 7 - 16h28
de : cyclo 33
Une cause est perdue dès lors qu’elle se défend par la torture.
mercredi 7 - 13h10
de : Lampião
Pour des gauches indociles face aux intégrismes religieux
mercredi 7 - 02h17
de : Christian Delarue
4 commentaires

accueil | contacter l'admin



Suivre la vie du site
RSS Bellaciao Fr


rss IT / rss EN / rss ES



Bellaciao est hébergé par DRI

Facebook Twitter Google+
DAZIBAO
C’est l’anniversaire de Frida Kahlo
lundi 6 juillet
de Roberto Ferrario
1 commentaire
Je trouve épouvantable de voir les riches passer leurs jours et leurs nuits dans des parties, pendant que des milliers et des milliers de gens meurent de faim. Magdalena Frida Carmen Kahlo Calderón ou Frida Kahlo, née le 6 juillet 1907 dans une démarcation territoriale de l’actuelle entité fédérative de Mexico, la délégation de Coyoacán, et morte le 13 juillet 1954 au même endroit, est une artiste peintre mexicaine. Son réalisme n’est pas seulement artistique : en 1928, elle (...)
Lire la suite
Le monde d’après : Jean Castex nouveau premier ministre droitard, sarkozyste et énarque
vendredi 3 juillet
de Roberto Ferrario
4 commentaires
"Politiquement, je suis de droite et je l’assume parfaitement", affirmait ce haut fonctionnaire. Membre du parti Les Républicains, il est notamment proche de Nicolas Sarkozy, dont il a été le secrétaire général adjoint à l’Élysée. Ce qui ne l’empêche pas de soutenir la candidature de François Fillon pour la présidence de l’UMP lors du congrès de l’automne 2012. Cette nomination donne le ton de ce qui s’annonce dans les prochains (...)
Lire la suite
Info’Com : "Tu as du taff tu es bien payé alors fermes là"...
jeudi 2 juillet
de Mickael Wamen
Normal de sortir une telle affiche quand on vois comment sont traités les salarié/es précaires du bureau de placement de Info’Com ! « Tu as du taff tu es bien payé alors fermes là, tu n’est pas ici pour militer mais prendre du fric, et puis si il y a des injustices c’est pas ton problème ... » Voilà ce que j’ai entendu non stop durant quasi 2 ans ... Être précaire n’est pas être une sous merde et cela est vrai partout et notamment à la CGT ! Avoir un bureau (...)
Lire la suite
Nouvelle affiche scandaleuse de Info’ Com...
mercredi 24 juin
de Mickael Wamen
13 commentaires
De pire en pire le bad buzz continue... Se réjouir des licenciements à BFM c’est scandaleux !! Cette restructuration est totalement injustifiée comme toutes les autres et qu’elle touche des salarié/es de BFM ne donne pas droit de s’en réjouir ... Les salariés de BFM ne sont pas des chiens comme indiqué par Info’ Com ... En plus ce sont les « petits » qui vont morfler ! Comment Info’ Com peut il être à ce point une fois de plus totalement à la rue sur un (...)
Lire la suite
La chasse continue ... tu gênes donc on te dégage !!!! Bravo info’com ....
mercredi 17 juin
de Mickael Wamen
Ce n’est plus du syndicalisme mais utilisation de méthodes patronales les plus dégueulasses.... Bien content d’avoir démissionné car c’est impossible de continuer d’adhérer à un syndicat qui vire celles et ceux qui ne pensent pas comme la direction !!!! Info’com critique la conf’ mais fait pire ...ilsfont’com leur va très bien ! Ils sont plus fort avec leur « camarade agency » qu’avec la camaraderie la vraie, la gratuite.... Ils sont (...)
Lire la suite
Info’Com Cgt, nous n’avons pas adhéré avec obligation de nous taire !!!
jeudi 11 juin
de Mickael Wamen, Sidi Boussetta
WE LOVE NOTRE SYNDICAT Et OUI, nous aimons notre syndicat qui nous a accueilli en 2016, cette super équipe de l’époque, fraternelle, humaine et profondément militante... Ce même syndicat qui a toujours su différencier la CGT des hommes et des femmes qui la composent, qui a toujours osé dire les choses, par exemple, souvent relever les manquements du secrétaire général confédéral, de la confédération, de sa fédération, sans jamais remettre en cause la CGT... On est en droit de (...)
Lire la suite
Aux dirigeants d’Info’Com-CGT
vendredi 5 juin
de Mickael Wamen
2 commentaires
Après avoir repoussé plusieurs fois cette décision, je vous informe que je ne souhaite plus être adhérent au syndicat info’com CGT et je quitte le bureau de placement de la SACIJO. Je tiens de suite à indiquer que cette décision n’a strictement rien à voir avec cette connerie d’affiches. Ce serait trop facile pour vous de prendre cet argument pour expliquer ma décision.t Depuis les démissions d’Olivier et Stéphane, la ligne du syndicat ressemble bien trop à celle (...)
Lire la suite